En 1933, la famille Krolik, des réfugiés juifs de Pologne, s’installe à Paris. Le père, tailleur, avait un modeste atelier dans son appartement à Belleville. A l’été 42, la famille comptait trois enfants de plus. Tous les locataires étaient étrangers à l’exception de Maurice Arnoult, qui avait quitté son village pour s’installer en ville. Ce bottier, fils de cordonnier, qui avait 29 ans, loua en 1937 un atelier dans la cour du bâtiment. C’est le seul français de l’immeuble. Il était en excellents termes avec ses voisins qui faisaient appel à lui quand il fallait remplir un formulaire. Il avait vu la famille Krolik s’agrandir. Le mercredi 15 juillet 1942, Maurice Arnoult vint voir les Krolik et leur proposa de mettre les enfants en sûreté chez ses parents à Savigny-sur-Orge. Le soir même, ayant décousu l’étoile jaune, Arnoult conduisit l’un des enfants chez ses parents en transport en commun malgré le danger. Il voulait placer les autres dans d’autres familles, donc il comptait revenir le lendemain pour les chercher. Malheureusement, la grande rafle de Paris fut déclenchée à 4 h cette nuit-là. Les Krolik et leurs 2 enfants furent arrêtés. Quand Maurice Arnoult rentra dans la matinée, il ne trouva plus personne. Ses parents s’occupèrent du petit Joël Krolik avec dévouement.