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jeudi 23 juillet 2015

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Villeurbanne - Le chanoine Boursier : Juste parmi les Justes ?

dimanche 12 juillet 2015

Du 03/07/2015

Le 16 juillet, journée nationale, Villeurbanne rend hommage aux Justes de France. La ville en compte onze, onze Villeurbannais qui pendant la guerre ont mis en danger leur propre vie pour sauver ceux que le nazisme vouait à l’extermination, qui ont donné tout son sens au mot « honneur ». Le chanoine Boursier, héros de la Résistance assassiné par les Nazis le 20 août 1944, sera peut-être le douzième. Après plusieurs mois d’enquête, la Ville de Villeurbanne va entreprendre officiellement la démarche de reconnaissance auprès de Yad Vashem .

Plusieurs témoignages évoquent l’action du chanoine pour sauver des Juifs. Les plus importants sont ceux de la résistante Lucie Aubrac, dans une lettre adressée à la famille du chanoine : « J’ai connu l’abbé Boursier en accompagnant chez lui un résistant juif polonais qui venait d’échapper la veille à une arrestation, que nous avions muni de faux papiers et qui avait besoin d’un certificat de baptême pour compléter sa nouvelle identité. J’ai connu à ce moment-là un homme ouvert, chaleureux, bon vivant, identique aux curés de mes villages du Mâconnais qui m’avaient instruite dans la religion catholique. » et de Pierre Moucot, inspecteur de police à Villeurbanne pendant la guerre et lui-même fait Juste à titre posthume en 2004. Dans un document non daté mais attribuable aux années 1944-1945, le Résistant écrit : « À partir de juillet 1941, je suis entré en contact avec deux groupements, dont l’un avec feu l’abbé Boursier, martyr de Saint Genis Laval, avec lui j’ai travaillé en collaboration jusqu’à son arrestation, j’ai fabriqué pour lui 2 701 faux papiers d’identité pour des hommes de la Résistance, des réfractaires au STO, des Israélites, des hauts fonctionnaires civils et militaires ». Le résistant Alfred Brinon atteste, lui aussi, avoir aidé l’abbé pour mettre à l’abri des militants communistes et des Juifs : « 1942 : liaison avec l’abbé Boursier pour la mise à l’abri de communistes et de Juifs poursuivis ». L’abbé aurait même caché des Juifs et des résistants dans la crypte de l’église Sainte-Thérèse.
L’Église aussi entend rendre hommage au chanoine. En octobre 2014, lors des cérémonies anniversaire de sa disparition, Monseigneur Barbarin a exprimé le souhait de voir instruit un procès en canonisation. François Boursier serait alors en compétition avec le pape Jean XXIII – canonisé le 27 avril 2014 et dont le dossier a été déposé auprès de Yad Vashem –, pour être élevé à la fois au rang de Juste et de Saint.
De quoi donner tout son sens – s’il en était encore besoin – au livre et au documentaire que prépare l’historien Alain Moreau. Auteur d’un mémoire de maîtrise d’histoire sur le chanoine Boursier, il a repris il y a plusieurs mois ses recherches sur cette figure emblématique de Villeurbanne.
(1) Institut commémoratif des martyrs et des héros de la Shoah. Les personnes reconnues Justes parmi les nations reçoivent de Yad Vashem un diplôme d’honneur ainsi qu’une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’État d’Israël.

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Un hommage au courage et au sacrifice

dimanche 28 juin 2015

Du 26/06/2015

 

 

 

 

 

À l’occasion de ce 71e anniversaire, l’action de la gendarmerie a été mise en avant. © Jean-Luc Chanteau
Les traditionnelles cérémonies commémorant les événements du 21 juin 1944, qui ont touché neuf communes du Bergeracois, dont principalement Mouleydier et Pressignac-Vicq, et coûté la vie à 65 personnes, résistants et simples civiles, se sont déroulées dimanche, au mémorial de Saint-Cybard.

La cérémonie a permis de mettre en lumière l'action de la gendarmerie, et plus particulièrement des brigades de Lalinde et Sainte- Alvère, dont les gendarmes ont oeuvré à l'extraction des jeunes réfractaires au service du travail obligatoire (STO), qui souhaitaient rejoindre les rangs de la Résistance. Au titre de cette action, les représentants des deux brigades ont reçu le diplôme d'honneur de l'amicale Bergeret, des mains de Fernand Demay.

Justes parmi les nations

La commémoration s'est poursuivie avec le discours du maire de Saint-Germain-et-Mons, Claude Carpe, qui a retracé le déroulement des événements, mais aussi rappelé que, à la même période, sa commune a accueilli la famille Jacquin, dont trois membres ont été reconnus Justes parmi les nations, au titre de leur action en faveur d'enfants de familles juives. Importateur de matériel scientifique, Paul Jacquin avait refusé de collaborer avec l'occupant et quitté Paris dès 1940, pour venir s'installer avec sa famille à Saint-Germain-et- Mons, au manoir du Sireygeol. Un site à l'écart des grands axes, où cette famille a pu accueillir enfants juifs en fuite, mais aussi résistants en difficulté.

Par la suite, Christophe Cathus, le suppléant de la députée Brigitte Allain, a rendu hommage aux Résistants, avant que la sous-préfète, Dominique Laurent, termine les discours, en rappelant les liens forts qui unissent historiquement la sous-préfecture à la commune de Mouleydier. Sous-préfecture dont le secrétaire général était à l'époque de la Seconde Guerre mondiale un enfant de Mouleydier, Pierre Constantin. Ce dernier, en outre, a occupé de façon intérimaire les fonctions de sous-préfet du 7 juin au 21 août 1944. Son successeur ne sera autre que Maurice Loupias, alias « Bergeret », qui, jusqu'aux événements du 21 juin, avait établi son PC à Mouleydier.

Dépôt de gerbes par les autorités et recueillement ont clos la commémoration.

Jean-Luc Chanteau

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Ivan Bounine, bientôt Juste parmi les nations ?

dimanche 28 juin 2015

Du 25/06/2015

 

 

 

Ivan Bounine en 1933 Le prix Nobel russe de littérature a sauvé la vie à au moins trois personnes, en les cachant dans sa maison à Grasse.


Il était réputé misanthrope et égocentrique. Mais l’on sait moins que l’écrivain russe Ivan Bounine, prix Nobel de littérature en 1933, a caché des juifs en France pendant l’Occupation. Un geste qui pourrait lui valoir le titre de Juste à titre posthume.

Le Congrès juif russe a recueilli des témoignages inédits mettant en lumière le rôle de l’auteur des « Allées sombres » pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment quand il a caché trois juifs d’origine russe dans sa villa « Jeannette » de Grasse, où il vivait depuis son départ en exil après la révolution bolchévique de 1917.

A Jérusalem, le mémorial Yad Vashem, qui a déjà honoré plus de 25 000 « Justes » dans le monde dont quelque 200 Russes, a indiqué à l’AFP examiner le dossier Bounine.

Le titre de « Juste », qui existe depuis 1953 et honore « ceux qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs », est la plus haute distinction décernée à des civils par Israël.

Des pages inédites des journaux intimes d’Ivan Bounine et de sa femme Vera, conservées aux Archives russes à Leeds, en Grande Bretagne, révèlent notamment que le pianiste Alexandre Libermann et sa femme Stefania se sont cachés chez les Bounine entre le 25 août et le 5 septembre 1942.

« Le 25 août (…) arrivé à Cannes en taxi, et allé voir les Libermann. Le soir même, ils étaient chez nous », note Ivan Bounine.

« Il a insisté pour que nous nous installions immédiatement dans sa villa », à Grasse, écrira beaucoup plus tard le pianiste dans une lettre publiée en Russie en 2005.

« Nous avions d’abord refusé pour ne pas le mettre en danger, mais il a dit qu’il ne partirait pas tant que nous ne lui promettrions pas de venir chez lui le soir-même », ajoute-t-il.

A l’époque, le gouvernement de Vichy organise justement des rafles dans les principales villes du sud de la France.

« Rumeurs : à Cannes rafles de 80 personnes. 2 000 autres à Nice », écrit Vera Mouromtseva-Bounine dans son journal le 27 août.

Pour l’historien Ilia Altman, co-président de l’ONG russe Holocauste à l’origine de l’enquête, « Bounine leur a sauvé la vie ».

Lauréat du prix Nobel de littérature en 1933, Bounine écrit à l’époque « Les Allées Sombres », le recueil de 38 nouvelles qu’il publiera en 1946, et qu’il appellera « son livre le plus parfait », souligne à l’AFP Sergueï Morozov, spécialiste de l’oeuvre de Bounine à l’Institut de la Littérature mondiale à Moscou.

A l’été 1942, les Libermann ne sont pas les seules personnes accueillies par l’écrivain russe. L’homme de lettres Alexandre Bakhrakh, également juif d’origine russe, vit chez les Bounine de septembre 1940 à septembre 1944.

« Il était venu nous voir deux jours et, trois ans après, était toujours là : il n’a nulle part où aller, il est juif. Je ne peux pas l’expulser », dit Ivan Bounine, selon des propos rapportés par son ex-secrétaire Andreï Sedykh.

« Nous vivons à six, comme une communauté, sans un kopek, l’argent du prix Nobel étant déjà épuisé », résume Bounine, toujours selon ex-secrétaire qui a publié ses mémoires « Proches et lointains », à New York, en 1962.

En septembre 1943, alors que les troupes allemandes occupent le sud-est de la France, Alexandre Bakhrakh est arrêté par les Allemands. Mais il est aussitôt relâché grâce au certificat de baptême orthodoxe que lui avait procuré Vera Bounine.

« Malgré sa réputation de misanthrope bilieux et égocentrique, Bounine a sauvé la vie à au moins trois personnes », résume M. Morozov.

Peintre fin de la sensualité, Ivan Bounine a été le premier écrivain russe à recevoir le prix Nobel de littérature. Il est mort à Paris en 1953.

« Ce sera le premier prix Nobel parmi les Justes, si Yad Vashem décide de lui accrocher ce titre », insiste M. Altman.

 

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La sœur et le beau-frère de Degrelle, Justes des Nations

dimanche 28 juin 2015

Du 27/06/2015

 

 

 

Emouvante cérémonie vendredi midi dans la maison de famille des Cornet à Rhode-Saint-Genèse…

En présence des membres de la famille et du bourgmestre Pierre Rolin, l’ambassadeur d’Israël en Belgique, Jacques Revah, a remis à titre posthume le titre et le diplôme de Justes parmi les Nations aux descendants de Henri et Madeleine Cornet.

Ces derniers avaient déjà symboliquement rejoint depuis deux ans la liste d’honneur de plusieurs centaines de Belges qui au cours de la Seconde Guerre mondiale ont sauvé la vie d’enfants et d’adultes juifs en mettant leur propre existence en péril.

Au nom de leurs valeurs

Dans un grand nombre de cas reconnus par Yad Vashem, il ne s’agit pas nécessairement de résistants - même s’il y en eut aussi un certain nombre dans leurs rangs - mais souvent de simples citoyens qui, au nom de leurs valeurs chrétiennes ou humanistes, n’ont pas hésité à affronter les dangers et se sont exposés à bien des représailles de la part des nazis et de leurs séides.

Dans le cas présent, l’engagement d’Henri et de Madeleine Cornet fut d’autant plus exemplaire qu’ils étaient un des beaux-frères et une des sœurs de Léon Degrelle, le fondateur du rexisme qui pendant la guerre se compromit totalement aux côtés des nazis.

S’il n’était pas rare de retrouver des "supporters" des deux camps belligérants dans les familles belges en 40-45, la situation évoquée ici fut quand même exceptionnelle lorsqu’on sait qu’ in fine la sœur du principal collaborateur des nazis et son époux risquèrent leur vie pour sauver trois jeunes femmes juives.

C’est Jan Maes, un enseignant et collaborateur scientifique à la Fondation de la Mémoire contemporaine (qui depuis vingt ans veut faire mieux connaître la place de la communauté juive en Belgique), qui l’avait mise en lumière voici quelques années.

Hanna Nadel - muée en "Annie" au service de la famille Cornet - qui approche aujourd’hui de la nonantaine et qui vit en Israël, a des racines polonaises mais est née en Belgique. Après avoir vécu avec les siens à Charleroi, elle s’était installée à Bruxelles.

En 1942, les nazis avaient arrêté son père et elle se mit en quête d’un travail pour survivre. La jeune femme avait découvert une annonce pour le recrutement d’une gouvernante chez la famille Cornet à Rhode-Saint-Genèse.

Elle est donc allée s’y présenter sans savoir qu’elle approchait des membres de la famille de Léon Degrelle. Ce fut donc seulement après quelque temps passé au service de la famille Cornet qu’Hanna Nadel découvrit que sa "patronne" était une des sœurs du leader de Rex.

Par Skype avec Annie...

Suivit un moment de panique mais le père de famille la rassura, lui expliquant qu’elle avait rompu avec le rexisme et avec ses excès, notamment contre les juifs. Hanna Nadel finit par se sentir en sécurité et put être rejointe par sa cousine, engagée également pour aider la famille, mais aussi par sa maman, qui s’occupa de la cuisine.

Lorsque les parents Degrelle venaient visiter les leurs, les trois femmes durent se cacher au grenier ou dans la cave, loin des regards des proches, afin de ne pas susciter de suspicions qui auraient pu devenir catastrophiques. Mais il n’en fut Dieu merci rien… Après la guerre, Hanna Nadel s’est installée en Israël avec son mari tout en gardant des contacts avec les Cornet. Un moment prenant de la rencontre de vendredi fut sans conteste le contact pendant plus de deux heures par la voie de Skype entre "Annie" et les descendants de ses patrons.

Christian Laporte

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ORROIR - René et Alfred Knoll, invités d’honneur

vendredi 19 juin 2015

Du 17/06/2015

 

 

 

Liliane Dupont, entre Alfred Knoll (à sa gauche)et René Knoll, très émus lors de ces cérémonies du souvenir.-

En 1942, les deux frères furent recueillis par la famille Laurier à la «Laiterie de l’Enclus». Samedi, ils sont venus de Paris et de Tel Aviv.

Le village d’Orroir commémore chaque année en juin les actes de résistance de ses cinq fusillés d’Oostakker (14 juin 1944) et des déportés exterminés dans les camps nazis. Ce dernier samedi, d’autres faits de résistance ont été évoqués: la famille Laurier cachait des Juifs et les ont ainsi sauvés de l’extermination nazie.

Les enfants juifs et l’étoile jaune

Dès le début de l’occupation de la Belgique par les Allemands en mai 1940, une administration militaire allemande coexista avec l’administration civile belge. Les Allemands mirent notamment en place des lois et des décrets contre les Juifs. Ils limitèrent leurs droits civils, confisquèrent leurs biens et leurs entreprises, leur interdirent certaines professions et en mai 1942, leur ordonnèrent de porter l’étoile jaune, dès l’âge de 6 ans.

À «la Laiterie à Orroir»: onze enfants de 2 à 9 ans

En 1942, Liliane Dupont avait 16 ans; elle était la fille d’Anna Laurier et habitait Orroir, à «la Laiterie de l’Enclus». Elle vivait en compagnie de ses parents, sa grand-mère Alida Arco et une autre tante Léonie Laurier ainsi que son mari Henri Franchomme.

Liliane Dupont se souvient: «J’étais élève à Forest et résidais à Bruxelles où j’avais trois tantes (les trois sœurs de ma mère Anna), nous dit Liliane Dupont. J’avais parmi mes amies d’école quelques filles juives. Avant le port obligatoire de l’étoile jaune, nous étions tous Belges et nous avions beaucoup de sympathie l’une pour l’autre. Quand le port de l’étoile juive est devenu obligatoire, ce fut la consternation, puis la peur. Certaines de mes amies ont été arrêtées avec leur famille et je n’entendis jamais plus parler d’elles.»

En mai 1942, ces événements incitèrent la famille de Liliane à faire quelque chose pour tous ces enfants juifs dans la souffrance. Une filière s’établit entre Bruxelles et Orroir via des réseaux de résistance. «Parmi les onze enfants recueillis figuraient notamment René Knoll, le plus âgé, son frère Alfred Knoll, tout petit», poursuit Liliane Dupont.

En tout, onze enfants sont venus à «La Laiterie» de l’Enclus: «Tous ces enfants étaient aimés comme les enfants de la maison. Nous disions qu’ils étaient des enfants réfugiés d’Anvers suite aux bombardements de cette ville.»

René Knoll, dernier à partir

À la libération en septembre 1944, les enfants ont quitté Orroir, sont retournés chez eux avec leurs parents ou leur famille rescapés des rafles nazies. Seul René Knoll, qui avait perdu toute sa proche famille, est resté à Orroir jusqu’en 1946.

L’organisation juive OSE (Œuvre de secours aux enfants) est venue le chercher pour le placer en Maison d’Enfants à Profondsart près de Waterloo. En 1947, un oncle de son père, ayant retrouvé sa trace, l’a recueilli chez lui à Paris. Ce départ en 1946 provoqua un grand chagrin à la famille Laurier et à René.

Actuellement, René habite la région parisienne et Alfred Tel Aviv. Ils étaient présents et très émus, samedi à Orroir, pour les cérémonies du souvenir. Liliane Dupont les accompagnait.

Rappelons aussi qu’en 1994 à Bruxelles, Liliane Dupont a reçu des mains de l’ambassadeur d’Israël en Belgique la médaille de «Justes parmi les nations», attribuée aux cinq sœurs Laurier.

Leur nom est gravé sur le «Mur des Justes des nations» au Mémorial Yad Vashem à Jérusalem, le site de la mémoire des héros et des martyrs de la Shoah.

Il s’agit de la distinction suprême décernée à des non-Juifs, par l’État d’Israël.

 

 

 

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