Actualités

Une esplanade pour se souvenir des Justes du pays d'Aix

mercredi 26 mars 2014

Maryse Joissains et Serge Coen ont inauguré l'esplanade des Justes parmi les Nations. Face au Grand théâtre de Provence, le résultat de sept ans de travail.

Estelle et Elina, 11 ans, sont tout fières d'avoir été choisies pour dévoiler la stèle qui porte le nom d'un Juste parmi les Nations. Fières, mais savent-elles au moins pourquoi ?

"Bien sûr, nous l'avons appris à l'école mais nous le savions déjà avant, c'est de la culture générale ! Les Justes sont des personnes qui n'étaient pas juives mais qui ont aidé des juifs à échapper à la mort. Aurait-on fait la même chose à leur place ? Oui, ça c'est sûr : solidarité, fraternité, égalité... Bon, ce n'est pas dans le bon ordre, mais ce n'est pas grave !"

Non, ce n'est pas grave, ce qui importe, c'est l'idée de cette enfant en ce jour d'inauguration rempli d'hommes et de femmes politiques qui redeviennent des hommes et des femmes tout court le temps d'un souvenir. En face du Grand théâtre de Provence, l'esplanade affiche 17 stèles qui portent chacune les noms de Justes qui ont oeuvré au camp des Milles ou dans le pays d'Aix. Autant de noms et d'histoires dévoilés par les élèves de la Nativité et de l'école Juive, puis lus scrupuleusement pendant près de deux heures. Alain Chouraqui, président de la Fondation du mémorial du Camp des Milles, a soutenu le projet : "c'est merveilleux qu'une esplanade rende hommage aux Justes en plein coeur du centre ville d'Aix, un lieu qui donne foi en l'homme, un lieu qui donne de l'espoir." Et le travail a été long : sept ans pendant lesquels "il a fallu trouver un lieu, recenser avec précision les noms de ces Justes parmi les Nations, soumettre le projet au conseil municipal..." se souviennent Jacky Ayache, vice-président de la communauté juive d'Aix-en-Provence et Maurice Milon, tous deux à l'origine du projet, voté par 47 conseillers sur 50.

3800 en France

"Vous avez remarqué qu'il reste une stèle sans nom, relève Maurice Milon. En effet, d'autres dossiers sont, ou vont être instruits par Yad Vashem. Les noms seront inscrits sur ce totem et sur ceux qui seront ajoutés sur cette Esplanade. Nous espérons que seront ainsi honorés le Docteur Reibaud, le Docteur Duponois et Soeur Marie-Adrienne, alors Supérieure du Pensionnat de La Nativité qui avait hébergé et caché, à la demande de son père, Régina Zylberberg alors âgée de 13 ans, et ce à l'insu des enseignants, du personnel et des élèves".

Serge Coen, directeur régional de l'Institut Yad Vashem est gagné par la même émotion : "à l'heure où je vous parle, près de 3 800 Justes parmi les Nations ont été recensés en France. On le constate tous les jours, il ne suffit pas de dire 'plus jamais ça'."

Et puis, en dernier lieu, Maryse Joissains, maire d'Aix, a pris la parole d'abord pour remercier son "ami" le député Jean-David Ciot, pour sa présence : "nous avons été adversaires, il a gagné l'élection législative mais il faut faire preuve de fraternité et non d'exclusion. Nous sommes de gauche, de droite, du centre mais nous sommes avant tout des êtres humains alors ayons le courage de nous comporter comme tels," avant d'orienter son discours vers ceux dont les noms sont inscrits, à jamais, sur ces stèles et dans les mémoires.


Albert et Julie Arbomont. Lucien Arbomont. Edmond et Nelly Bartolini. Auguste et Marie-Jeanne Boyer. Monseigneur Marius Chalve. Louis Couhé. Jean Daniel. Soeur Marie-Gilberte Victoria Depo. André et Georgette Donnier. Pasteur Raymond-Eugène et Robert Ducasse. Pasteur Henri Manen et Alice Manen. Marie-Françoise Payre-Vigué. Révérend Père Joseph-Marie Perrin. Capitaine Henri Rioufol. Abbé Fernand Singerlé. Antoine et Denise Vigué.

 

Nadia Tighidet

 

Lire la suite

Un Plaisantin parmi les Justes

mardi 25 mars 2014

Du 15/03/2014

 

 

 

 

 

Lucien Lirou Lucien Lirou est né a Plaisance le 19 août 1913 dans une famille de boulangers qui exerçaient leur métier dans une maison située à l'angle des rues Sainte-Quitterie et Lafontaine, face à l'immeuble qui abrite maintenant l'école maternelle après avoir été le presbytère de la commune. Plus tard, la boulangerie déménageait impasse de l'Arros, dans un immeuble aujourd'hui détruit. Lucien et son frère aîné Jean, né en 1909, devenaient orphelins de leur père Joseph, décédé en 1920. Lucien partait à Pau apprendre le métier de boulanger, Jean devenait commis à la perception de Plaisance.

Le destin des deux frères se séparait une première fois avant de se réunir plus tard en région parisienne. Lucien devenait boulanger à Pau. Durant la Seconde Guerre mondiale, il protégeait, cachait, sauvait, sept personnes juives grâce à de faux papiers que lui procurait son frère Jean. Une de ces personnes, Esther Goltzmann, allait devenir son épouse à la fin des hostilités.

À titre posthume

Jean avait poursuivi sa carrière dans le Nord. Un trésorier payeur général, M. Beauville-Fourcade, le remarquait et le plaçait au service financier de l'Office national interprofessionnel des céréales à Paris : il allait en devenir directeur.

Lucien, « monté » à Paris, ouvrait une boulangerie rue Marbeuf. Il avait retrouvé son frère. Sur ses conseils, il créait à Pontoise la première boulangerie industrielle de France, proche des usines Renault, à Flins, et de Simca Poissy. Séparation encore des parcours quand Jean prenait sa retraite à Plaisance. Il en devenait maire-adjoint, avant de décéder en 1996. Lucien vivait à Paris avec son épouse Esther et disparaissait le 26 mars 2009. Mardi 25 mars, cinq ans après sa disparition, à 16 heures, au mémorial de la Shoah à Paris, Esther Lirou-Goltzmann, son épouse, recevra des mains de Yaron Gamburg, porte-parole de l'ambassade d'Israël en France, la médaille et le diplôme des Justes parmi les nations. Cette remise, faite à titre posthume à Lucien Lirou, est décernée par l'institut Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives qui ont sauvé des juifs sous l'occupation, au péril de leur vie.

Marcel Lavedan

 

Lire la suite

Mission Internationale en Pologne et en Israël pour marquer les 60 ans de Yad Vashem

samedi 1 février 2014

Yad Vashem souhaite rassembler tous ses amis de longue date, ainsi que la nouvelle génération, pour un voyage de mémoire et de transmission ; un voyage "de Pologne en Israël", du 11 au 19 juin 2014.

La première partie du voyage, du 11 au 15 juin, en Pologne, permettra, entre autre, de découvrir la nouvelle exposition permanente du block juif du camp d’Auschwitz, « SHOAH », réalisée par Yad Vashem et de participer, à Birkenau, à une cérémonie commémorative conjointe avec une délégation de l’Armée de Défense d’Israël. Nous visiterons également Cracovie et Varsovie, sur les traces de la communauté juive disparue.  

La seconde partie du voyage permettra de rencontrer les principaux leaders et autorités morales du peuple juif, de mesurer sur le terrain l’activité incessante de Yad Vashem, et d’assister aux cérémonies et au gala du soixantième anniversaire de Yad Vashem, en présence des dirigeants de l'état d'Israël. Nous aurons également l’occasion de découvrir les secteurs de pointe du pays à travers différentes rencontres avec des représentants du monde scientifique israélien du plus haut niveau, ainsi qu’avec le général en chef de l’armée de l’air israélienne, Amir Eshel,

 

Pour plus d’informations contactez :

Département International de Yad Vashem

Bureau Francophone, Tel : +972.2.6443424

Email : miry.gross@yadvashem.org.il

http://www.yadvashem60.org

 

 

Lire la suite

Sélestat-Une stèle en hommage aux Justes parmi les Nations

mercredi 29 janvier 2014

Du 29/01/2014  

 

 

 

Sélestat, cité humaniste. C’est en référence à celle-ci que la communauté israélite a souhaité que la Ville célèbre la mémoire des Justes parmi les Nations. Une plaque rappelant leur engagement se trouve désormais devant la synagogue.

 

Lire la suite

Hommage à l'abbé Singerlé

mardi 28 janvier 2014

Du 20/11/2011

 

 

 

 

 

 

Dimanche 27 novembre à 12h00 à l’église de Venelles sera inaugurée une plaque commémorative de son action héroïque lors de la deuxième guerre mondiale.

Il y a 60 ans disparaissait l’héroïque abbé Fernand SINGERLE, ancien curé de Venelles et Meyrargues

De 1941 à 1944, l’abbé Fernand Singerlé qui exerçait son ministère à Venelles et Meyrargues a marqué d’une empreinte indélébile ses paroissiens. C’était  un homme de grande culture, d’un dévouement sans borne et d’une bonté exceptionnelle envers tous.

Dans son ouvrage émouvant « Deux héros de l’ombre », l’auteur Francis Brun de Meyrargues évoque son action durant la période difficile de l’occupation et livre le récit de plusieurs témoins.

Ordonné prêtre le 23 décembre 1939 à Aix-en-Provence à l’âge de 26 ans, il assure son premier poste à Barbentane puis, peu de temps après, il est désigné curé de Venelles et Meyrargues. Lorrain d’origine, il parlait couramment l’allemand ce qui lui servira au moment de l’invasion de la zone libre en novembre 1942.

A Venelles, son lieu de résidence, l’abbé cachait dans la sacristie ou au presbytère des juifs ou résistants recherchés par la police de Vichy et la Gestapo me racontait Raymond Richaud dont le père Marius était receveur des postes ; « La plupart du temps, il était hébergé chez mes parents et partageait nos repas ; Fréquemment, il m’arrivait de déposer derrière l’autel, de la nourriture préparée par ma mère et destinée à ces pauvres gens ». C’est ainsi que le curé recueillit la famille Pfeiffer et leur fille Sophie, réfugiés juifs allemands évadés du camp des Milles en octobre et novembre 1942.

Claire Musso née Coste se souvient avec nostalgie de l’abbé qui projetait des films aux jeunes du village ou les faisait chanter, quant à Emile Fosse, lorsqu’il passa le brevet sportif scolaire avec huit de ses camarades, c’est encore l’abbé qui les conduisit avec sa moto à Aix.

A Meyrargues, il dissimulait des armes pour son réseau de résistance, sous l’autel de l’église ou dans les vestiges de l’aqueduc romain de Traconnade situé dans la colline St-Claude.

Le 27 novembre 1943, la gestapo arrête plusieurs meyrarguais et peyrollais en représailles d’une attaque d’un convoi allemand, la veille. Informé en urgence, le curé Singerlé se rendit aussitôt en moto à la prison des Baumettes à Marseille où les six otages meyrarguais alignés contre un mur étaient sur le point d’être fusillés.

Après avoir longuement parlementé avec l’officier allemand, ce dernier accepta de surseoir à l’exécution. Chaque jour, le curé Singerlé se rendit aux Baumettes pour plaider la cause des otages. Ils seront libérés quelques jours plus tard et c’est le curé Singerlé qui viendra les chercher avec une camionnette de Barbier-Dauphin.

Une plaque commémorative offerte par les familles des otages est scellée sur un pilier de l’église Saint-André de Meyrargues avec les noms des six otages. A Venelles-le-Haut, une rue du village porte son nom.

Le 9 août 1944, le Meyrarguais Noël Véran est abattu lâchement par la gestapo qui ne veut pas rendre le corps à la famille. C’est le curé Singerlé qui ramènera le cercueil à ses parents. Dix jours plus tard, le venellois Maurice Plantier est fusillé. Le jour des obsèques, le curé Singerlé prononcera une homélie d’un rare patriotisme (La Résistance en Mosaïque de J.C. Pouzet).

C’est avec tristesse que ses paroissiens apprirent son départ en septembre 1944 pour la commune de Saint-Andiol (B.-du-Rhône), lieu d’origine de Jean Moulin et où débute la route portant le nom de ce célèbre résistant.

Après la Libération de la Provence en août 1944, il s’engage dans la 2ème Division Blindée au 50ème Chasseur du général Leclerc de Hauteclocque et participe à la campagne d’Alsace. Le 8 décembre 1945, l’adjudant-chef et aumônier Fernand Singerlé se voit décerner la Croix de guerre et quelques mois plus tard, il reçoit la Médaille de la Résistance. La guerre terminée, il revient dans ses paroisses, curé de Saint-Andiol et Verquières. Il succombera le 25 janvier 1949 à Saint-Andiol, d’une longue et douloureuse maladie dont il souffrait depuis sa jeunesse. Il avait 36 ans ! La place de l’église de Saint-Andiol a pris depuis, le nom de : Place Abbé Fernand Singerlé.

A la demande de Monsieur André Fontaine, professeur et historien d’Aix-en-Provence, la fondation Yad Vashem à Jérusalem, lui décerne le 2 février 2000, à titre posthume, le titre de « Juste parmi les Nations », pour avoir aidé à ses risques et périls, des Juifs pourchassés pendant l’occupation. La médaille et le diplôme ont été remis à sa nièce Madame Francine Singerlé-Niderst, au cours d’une cérémonie présidée par Monsieur Pierre Messmer, Ancien Premier Ministre, le 15 novembre 2000 à Sarrebourg. Le titre de « Juste parmi les Nations » honore ceux qui ont sauvé des juifs, au péril de leur vie et exprime la gratitude de l’état d’Israël et du peuple juif tout entier. Il est la plus haute distinction décernée à titre civil par Israël.

Christian GRAMONDI

 

Lire la suite