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Des peintures mémoires de la Shoah

mercredi 29 octobre 2014

Du 28/10/2014

 

 

 

 

 

 

 Dans le cadre d'un colloque de formation pour enseignants européens en Pologne, à Cracovie, du 17 au 25 octobre 2014, organisé par le Conseil de l'Europe, l'université Jagellonne de Cracovie et Auschwitz-Birkenau State Museum.

Pour ce colloque en Pologne, de l’artiste Francine Mayran a réalisé de nouveaux portraits, à l'huile sur béton, de Polonais chrétiens devenus Justes parmi les Nations, qui aidèrent les Juifs polonais grâce à l'organisation de résistance et d'aide appelée Zegota, de nouveaux portraits à la mémoire des héros juifs du ghetto de Varsovie et de nouvelles toiles à la mémoire de victimes d'Auschwitz(en particulier des enfants tsiganes).

L’intervention de Francine Mayran a pour objectif d'expliquer l'apport de l'art à l'Histoire. Elle propose aux enseignants de se servir de son travail de mémoire, pour interpeller leurs élèves sur le sens des valeurs humaines et le danger de la déshumanisation. Enfin, l’artiste offre la possibilité aux classes d’élaborer avec son aide de nouveaux « portraits de mémoire » de victimes et de Justes de leurs pays respectifs.

 

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Saint-Claude -Rosine Schiari reçoit la médaille des Justes à titre posthume

mardi 28 octobre 2014

Du 29/10/2014

 

 

 

 

 

Pour avoir recueilli durant trois ans Mina Gröbel, fillette juive de 12 ans, lors de la Seconde Guerre mondiale, Rosine Schiari, ouvrière italienne installée, à Saint-Claude, a reçu, à titre posthume dimanche 19 octobre, « la plus haute distinction du pays d’Israël, témoignage de reconnaissance éternelle », a expliqué Elad Ratson, directeur des Relations publiques près l’Ambassade d’Israël à Paris. Il ajoutait : « Le courage se trouve dans des hommes ordinaires, qui font des actes extraordinaires».

Un hommage rendu possible grâce au Comité Français pour Yad Vashem, représenté par Didier Cerf, délégué régional. ” Le titre de Juste parmi les Nations a été décerné à environ 30 000 personnes dans le monde, dont plus de 3 800 en France.»

Le Préfet du Jura, Jacques Quastana, précisait : ” cet hommage particulier est l’occasion de nous souvenir de tous les Justes de France. Parmi eux, trente-huit Comtois et quinze Jurassiens. Des héros de l’ombre, qui ont donné à notre devise républicaine, le sens le plus concret en la traduisant dans les actes de leur vie quotidienne”. ” Le nom de Rosine Schiari, inscrit au Mémorial des Justes, est désormais un motif de fierté pour notre ville » concluait le maire Jean-Louis Millet.

Rosine Schiari, malgré les dangers qu’elle encourait a sauvé seule la petite Mina. Tout a commencé, lors de la rafle du 26 août 1942 après l’invasion de la zone non occupée par les troupes allemandes, les Juifs non français sont arrêtés et envoyé à Drancy, puis déporté à Auschwitz. Les parents de Mina font parties des personnes arrêtées. Mina était absente de la maison lors de l’arrestation de ses parents. A la fin de la rafle, la voisine des Gröbel, Rosine Schiari aperçoit Mina en train d’errer dans la rue. Rosine la récupère chez elle. Son mari est absent car il est déporté comme prisonnier politique. Rosine Schiari a une fille du nom d’Odette née en 1929 comme Mina. Rosine a du mal à joindre les deux bouts, mais cela ne l’empêche pas de garder Mina chez elle pendant deux ans. Rosine ne veut pas s’inscrire à l’aide sociale de peur que les autorités apprennent l’existence de Mina. Elle fait tout pour nourrir et élever Mina comme sa propre fille.

Une fois la région libérée de l’occupant nazi, Rosine contacte les autorités et rentre en contact avec le consulat de Belgique  car la famille Grobel venait de Belgique avant d’arriver en France.

Mina est parti vivre en Israël en 1946 et n’a plus parlé de ce qu’elle a vécu durant l’occupation pendant le restant de ses jours jusqu’à son décès en 2001.

C’est grâce aux recherches minutieuses d’une professeur d’histoire, Valérie Debuire , habitant Sérignan (Hérault) et à l’accord de l’oncle de Mina, Doron Limor,que le dossier avait pu être instruit le 19 décembre 2012 par l’Institut Yad Vashem à Jérusalem. Sans oublier la participation de Valérie Perthuis-Portheret, historienne à l’Université Lyon 2, spécialiste du sauvetage des enfants juifs du camp de Vénissieux et de la contribution des archives, notamment municipales”.

Fortunée

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Lagarde-Enval -Un couple corrézien reconnu « juste parmi les nations » hier, pour l’accueil d’une enfant juif

mardi 28 octobre 2014

Du 27/10/2014

 

Odette Bouchailloux et Jeanine Fleygnac ont gardé de liens étroits avec les membres de la famille Siekierski.? - Photo Lionel Pavoz

 

 

François et Maria Bouilhac ont été reconnus «justes parmi les nations» à titre posthume. Une cérémonie avait lieu hier à Lagarde-Enval.

L'histoire est celle de deux familles. L'une est juive et vit dans les ténèbres, l'autre est corrézienne et porteuse de lumière. Dans la période de malheurs que fut la seconde guerre Mondiale, la première trouvera en partie son salut auprès de la seconde.

En 1940, la famille Siekierski vit à Paris, après avoir fui quelques années plus tôt les persécutions en Pologne. Mais face aux rafles qui se multipliaient en zone occupée depuis l'annexion d'une partie de la France par l'Allemagne nazie, le couple polonais et ses cinq fils fuient en zone dite « Libre », mais dont l'État autoritaire n'en restait pas moins antisémite. « Nous sommes arrivés en Corrèze mais nous aurions très bien pu atterrir dans le Cantal ou en Dordogne. Je n'avais pas l'impression que mes parents connaissaient très bien notre destination », se souvient Jacques Siekierski, membre de la fratrie.

Recherchée par les Nazis, la famille s'installe d'abord à Peyrelevade, puis à Naves et enfin Tulle. « La peur de la délation était très présente, si bien que la famille va faire le choix, sous l'impulsion du fils aîné Zelig, de se séparer », explique Mouny Szwarckopf-Estrade, historienne qui a mené une enquête sur la famille Siekierski.

La famille obligée de se séparer

La mère est cachée à la maternité de Tulle alors gérée par les bonnes s'urs. Léon et Bernard vont à Servières-le-Château. Jacques atterrit dans une ferme près de Corrèze. Il gardera les vaches pendant plus d'un an. Andrée quant à lui, un bébé de seulement 18 mois trouvera refuge chez une famille de paysans, les Bouilhac. « L'histoire raconte que Zelig est entrée dans une maison au hasard et qu'il a demandé au couple de bien vouloir cacher son frère. Maria et François Bouilhac, bien qu'ils aient déjà deux filles (Odette et Jeanine), auraient tout de suite accepté », explique l'historienne, tout en avouant que la vérité a « peut-être été embellie ».

Si les Allemands découvrent l'enfant, les Bouilhac s'exposent à de terribles sanctions. Mais il en faut plus pour les arrêter. Maria joue la mère de substitution. François s'engage dans la résistance. Quand le jeune André se blesse à la main, les deux parents provisoires n'hésitent pas à lui trouver de faux papiers, indispensables pour lui procurer des soins. « À la fin de la guerre, quand la famille Siekierski est venue rechercher le jeune André, ce dernier ne voulait pas partir. Il appelait même Maria "Maman" », explique Mouny Estrade.

Même s'il finira par rejoindre les siens, André et sa famille d'adoption resteront en contact toute leur vie. « À chaque fois qu'il leur rendait visite, Maria regardait sa main pour voir la cicatrice. Comme ça, elle était certaine de le reconnaître ».

Pierre Vignaud


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SOISSONS - Le Soissonnais Jacques Bouldoire nommé Juste à titre posthume

dimanche 26 octobre 2014

Du 26/10/2014

 

 

 

 

 

La médaille et le diplôme ont été décernés à Christiane Letterier-Bouldoire et Claudine Bouldoire. Durant l’Occupation, Jacques Bouldoire a évité grâce à son courage la déportation de sa femme juive, ainsi que de ses beaux-frères et belles-sœurs. Il a été distingué par l’Etat d’Israël ce dimanche dans la cité du Vase.

Ce dimanche à l’hôtel-de-ville de Soissons, Christiane Leterrier-Bouldoire et Claudine Bouldoire ont reçu des mains du ministre conseiller auprès de l’ambassade d’Israël une haute distinction décernée à leur père à titre posthume. Après une instruction de près de deux ans, le comité français pour Yad Vashem a reconnu Jacques Bouldoire « Juste parmi les Nations ».

Cette médaille est décernée aux personnes non-juives qui ont sauvé des Juifs durant l’Occupation nazie. Il s’agit actuellement de la plus haute distinction honorifique délivrée par l’État d’Israël à des civils.

En 1942, Jacques Bouldoire a ainsi protégé au péril de sa vie sa femme juive, ainsi que les autres enfants de ses beaux-parents, des commerçants soissonnais. Il est malheureusement décédé peu de temps après la Libération, en 1952. Son courage permit la naissance de vingt-quatre enfants et petits-enfants.

Julien Assailly

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Saïx - Le ministre distingue le Juste Gérard Persillon

dimanche 26 octobre 2014

Du 25/10/2014

 

 

 

 

Gérard Persillon a reçu les insignes de chevalier de la Légion d'honneur des mains de Kader Arif./Photo DDM, S. F.

Point d'attente protocolaire. Impatient de présider une cérémonie officielle sur le territoire de son enfance, Kader Arif, secrétaire d'État aux Anciens Combattants et à la Mémoire, est arrivé bien avant l'heure du rendez-vous, hier soir, à la mairie de Saïx. Il ne cachait pas son plaisir de remettre les insignes de chevalier de la Légion d'honneur à Gérard Persillon, 94 ans. En juillet dernier, ce Saïxol avait été honoré en tant que Juste parmi les nations, comme l'a rappelé Genevière Dura, maire de la commune en ouvrant cette cérémonie : «C'était il y a trois mois, ici même, monsieur Persillon, nous assistions à la remise de cette médaille reconnaissant le courage qui vous a permis de dépasser les risques encourus…» Son courage pour avoir permis à une jeune fille juive, Perla, pendant la Seconde Guerre mondiale, d'obtenir de faux papiers d'identité, d'être protégée par la directrice du collège de Limoux, lui évitant ainsi la déportation. À ces heures graves du conflit mondial, Gérard Persillon était commissaire de police dans l'Aude. Plus tard, il s'installa à Saïx avec sa famille. «Saïx, au cœur de l'Agout», où Kader Arif venait à pied, en vélo, retrouver des amis à la fête du village. Qui y revient en qualité de «ministre de la République pour rendre hommage à un héros comme Gérard Persillon, vous qui avez considéré que vous n'avez fait que votre devoir. Chaque ville a ses héros, Saïx a les siens, vous êtes de ceux-là, qui donnent leur vie pour préserver celle des autres. D'une autre, Perla, qui a fait le voyage jusqu'ici, depuis les Etats-Unis, en juillet, pour vous remercier… Votre acte est une preuve d'amour, une belle preuve d'amour adressée aussi à la France.» Appuyé sur sa canne, attentif au discours du secrétaire d'État, le vieux monsieur a vécu l'instant dignement avant de recevoir l'insigne honorable. Puis, d'un pas sûr, sortant un papier de la poche de son superbe costume gris, il s'est rapproché du micro pour adresser notamment au ministre : «Par ce geste, le gouvernement de la République reconnaît les efforts déployés par des populations… Où irait-on chercher les vertus nécessaires à l'accomplissement de missions sinon dans les rangs de la Légion d'honneur, vaillante cohorte où les noms de sacrifice et don de soi ne sont pas des lieux communs… Servir dans la Légion d'honneur entraîne surtout l'obligation morale d'être prêt à défendre ces vertus pour l'amélioration de l'humanité. En ce qui nous concerne, malgré l'âge et l'état de santé, nous sommes résolus à en être digne.» Gérard Persillon démontre ainsi, une fois encore, combien il était juste de le distinguer. Un homme «d'une simplicité formidable, d'une modestie et d'une humilité qui fait la fierté de notre commune», assure Genevière Dura.

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L’ACCUEIL A MEZENS PENDANT LA GUERRE

dimanche 26 octobre 2014

 

 

 

 

 

 

Mezens Le jeudi 31 octobre 1995 au château de Mézens, Mr. Arye Gabay, ambassadeur d’Israël auprès du Conseil de l’Europe et consul à Marseille, remettait à titre posthume à mes parents, le comte et la comtesse Maurice de Solages, l’attestation et la médaille de « Justes parmi les Nations ». Étant à ce moment déjà disparus, cette marque de reconnaissance au nom de l’État d’Israël et du peuple juif a été remis à mon frère aîné, l’abbé Hugues de Solages.

Mes parents ont en effet accueilli du 6 septembre 1942 au 18 octobre 1944 un jeune juif, Sacha Jacoby, dont la famille avait été dispersée pendant cette période difficile dans des couvents ou institutions de la région. Le jeune Sacha avait été amené à Mézens à bicyclette par mon oncle, l’abbé François de Solages, qui était alors curé de Saint Jean de Gaillac. Il devait ensuite trouver refuge à l’Abbaye Sainte Marie du Désert en Haute-Garonne. De graves incidents étant survenus sur place avec les Allemands, il n’était plus possible d’accueillir Sacha dans ce couvent. Mes parents ont donc décidé de le garder ici et son séjour a duré deux ans. Il faut savoir qu’à deux reprises et pendant plusieurs mois, les Allemands, dont les S.S. de la division « Das Reich », ont occupé le par cet que les sentinelles faisaient nuit et jour le tour du château. Sacha Jacoby était devenu un enfant de la famille, mais il vivait continuellement caché dans sa chambre sauf le soir où il pouvait sortir à l’intérieur de la maison et échanger un peu avec les plus grands. Parmi les activités que nécessitait une nombreuse maisonnée, il avait tenu à prendre le service de réparation des chaussures, car les souliers étaient devenus denrée rare qu’il fallait faire durer par des ressemelages successifs.

L’accueil de ce jeune juif représentait certainement pour mes parents un grave danger que l’ambassadeur d’Israël n’a pas manqué de souligner… « Ils ont sauvé la vie de Sacha en l’accueillant dans le château, non par une action immédiate et fugitive, non dans l’inspiration du moment, mais en toute conscience, d’une manière continue et répétée… Ils ont risqué non seulement leur vie mais encore celle de leur sept enfants »… Je crois utile d’ajouter que cet accueil des autres a pris pendant la guerre une ampleur exemplaire. En effet, outre la famille nombreuse venue de Paris, d’Anjou ou de la région lyonnaise, mes parents ont reçu pendant plusieurs années une communauté religieuse. Les Franciscaines Missionnaires de Marie ne pouvaient retourner dans certains pays d’Europe centrale en guerre. Nous avions à ce moment-là à Rome une tante religieuse de cet ordre qui était assistante de la Mère générale [2]. Elle a donc demandé à mes parents de recevoir les sœurs et ils ont accepté. Nous avons eu ainsi une centaine de sœurs qui ont séjourné ici entre 1939 et 1946 avec un nombre maximum de 35, ce qui a fait pendant un moment 65 personnes à loger. Mes parents ont encore accueilli de nombreuse personnes à titre individuel, fuyant les Allemands, en route pour l’Espagne ou pour ailleurs. Ils ont donné à leurs enfants l’exemple de l’accueil que l’on voit si difficile à mettre en pratique aujourd’hui pour d’autres raisons. Et pour souligner cette attention si intense que l’on doit avoir pour la personne humaine, on peut citer la phrase que rappelait l’ambassadeur Gabay car elle est gravée sur la médaille des « Justes parmi les Nations ». 

« Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier. »  

 

Aymon de Solages.

 



 

[2] Il s’agit de Mère Anne-Marie de Montravel, en religion Mère Marie de Sainte-Agnès, devenu elle-même en 1960 Supérieure Générale.

 

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