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les Justes de Touraine honorés

dimanche 21 juillet 2013

Publié le 21/07/2013

C'est la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'Etat français et d'hommage aux Justes de France. 

La France se souvient aujourd'hui d'une période particulièrement noire de son histoire... mais pourtant des personnes ont malgré les dangers sauvé au péril de leur propre vie des Juifs pendant la seconde guerre mondiale. ils sont appelés Justes.

L'Indre et Loire compte 42 justes.

Une liste de ces 42 noms a été lue à 11h45 dimanche matin dans la cour de la synagogue de Tours.

C'est Mireille Meunier Saint Cricq qui a lu cette liste. Son père, Jean Meunier, a été reconnu Juste parmi les Nations en 1994. Ancien député, ancien maire de Tours, il a été à la tête d'un réseau de résistance en Touraine. S'il a été distingué par le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, c'est parce qu'il a sauvé 2 enfants juifs en leur fournissant de faux papiers.

 

Mireille Meunier Saint Cricq

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Odette Bergoffen a reçu cette médaille des Justes parmi les Nations en 1994. Agent de liaison d'un réseau de résistance en Touraine, elle a été distinguée par le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem parce qu'elle avait sauvé 2 enfants juifs de 6 et 3 ans...

Odette Bergoffen

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Odette Bergoffen a reçu cette médaille des Justes parmi les nations en 1994.

Marie-Ange Lescure

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Ordre des Justes : ces héros très discrets

dimanche 21 juillet 2013

 

 

Andreé Verueil -Photo Archives Le dl/virgile

 

Andrée Vercueil est issue d’une famille de Justes. À 89 ans, elle est toujours installée dans la maison de Trescléoux qui abrita, il y a plus de soixante ans, deux fillettes juives qu’il fallait protéger.

Aujourd’hui, comme il y a trois ans lorsque nous l’avions rencontrée, elle ne se lasse pas de raconter comment ses beaux-parents, mais aussi ses parents, ont sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Après toutes ces années, les souvenirs sont intacts. Son admiration aussi.

Comment votre famille a-t-elle été amenée à accueillir des Juifs ?

« Mes beaux-parents, Edmond et Elisa Vercueil, ont été contactés en 1942, pour accueillir deux fillettes juives originaires de Belgique. Elles avaient été placées dans un orphelinat à Digne. Elles étaient deux au départ mais la plus jeune a été réclamée par un oncle. L’autre, plus âgée, s’appelait Léah et est devenue Léoncie. Elle est venue comme une enfant des villes qui venait se refaire une santé à la montagne. Elle est restée deux ans, évitant d’aller au village. Je n’habitais pas encore là-bas mais je l’ai bien connue : nous n’avions que quelques années d’écart. Chez nous, mes parents hébergeaient aussi des Juifs à ce moment-là : un docteur et sa compagne, venus de Grenoble. »

Il y a trois ans, vous espériez des nouvelles de Léah, que vous aviez fini par retrouver. En avez-vous eu ?

« Non. Malheureusement, je n’ai plus de nouvelle de personne. On s’est écrit longtemps avec Léah, et téléphoné. Elle était installée aux Etats-Unis. Un jour, elle m’a dit que les deux années passées ici avaient été les meilleures de sa vie. Et c’est elle qui a fait les démarches auprès de Yad Vashem pour que mes beaux-parents, mes belles sœurs et mon mari soient reconnus Justes parmi les nations, en 2001. »

C’est vous, avec votre belle-soeur Edmée, qui avez reçu cet hommage pour votre époux et ses parents disparus. Que représente pour vous ce qu’ils ont fait à l’époque ?

« Je me dis qu’ils étaient bien courageux, avec les risques qu’ils prenaient. Au village, il y avait des personnes qui auraient pu les dénoncer. Mais pour eux, il fallait rendre service. C’était naturel. Et puis ils avaient l’habitude d’accueillir des enfants de la ville en séjour, donc la présence de Léah pouvait passer inaperçue. Mais quand même, à ce moment-là, on se portait secours, on n’hésitait pas. »

Vous questionne-t-on souvent sur tous ces événements ?

« Il fut un temps où l’on m’en parlait plus, surtout quand il y a eu les cérémonies officielles. Maintenant, c’est rare, on en parle un peu comme ça vient, en famille. Sinon, il faut souvent les personnes plus âgées pour s’intéresser… »

Avez-vous peur qu’avec le temps le souvenir de tous ces Justes s’efface ?

« Je ne pense pas, mais je trouve que ça n’est vraiment pas assez présent. Il faudrait qu’on en parle plus dans les écoles. Vous savez, des jeunes sont venus me voir, un jour, pour me faire raconter. »

Adeline TAUPIN

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Jérémy a repris le flambeau de son grand-père, survivant de la Shoah

mardi 16 juillet 2013

Pubkié le 16/07/2013

 

 

 

 

Jérémy (ici en 2010) entretient la flamme du souvenir de sa famille, raflée le 16 juillet 1942. Il a pris la présidence de l'association créée par son grand-père, Raymond Anisten, caché dans la Sarthe pendant la guerre. Il prendra la parole ce mardi 16 juillet à Saint-Lô (Manche) pour évoquer la mémoire des Juifs victimes de la Shoah. En hommage à son grand-père Raymond Anisten, raflé, évadé puis caché dans la Sarthe.

« La Fredonnière et la Sarthe sont et resteront à jamais gravées dans notre coeur. » Dans la famille Anisten, la mémoire ne s'éteint pas avec les témoins. Elle se transmet et s'entretient de génération en génération.

Patricia a hérité de son papa, Raymond, décédé en octobre 2010, une reconnaissance sans borne pour la famille Landeau qui a accueilli et caché le petit garçon pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

 

La plaque est comme toutes les plaques

Aujourd'hui, c'est Jérémy, le petit-fils, qui reprend le flambeau. Ce cadet au commissariat central de Paris XXe est le tout jeune président de l'Association nationale des enfants et petits-enfants des évadés et rescapés du Vel d'Hiv, fondée par Raymond Anisten. Il prononcera un discours, ce mardi 16 juillet, lors de la cérémonie organisée à Saint-Lô (Manche), à l'occasion de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français.

Mais revenons dans la Sarthe. À l'entrée du chemin qui grimpe à l'ancienne fermette des Landeau, bien cachée dans la forêt d'Ouvres, à Saint-Ouen-en-Belin, une plaque rappelle aux promeneurs qu'ici sont passés 84 enfants juifs entre 1942 et 1945. Des gamins cachés à la Fredonnière même, ou répartis dans les fermes alentours.

La plaque est comme toutes les plaques : utile mais désincarnée. Derrière elle, il y a des noms et autant de visages et d'histoires de gosses traqués, dont Raymond Anisten et son frère Bernard ont fait partie. Des histoires que Jérémy ne veut pas qu'on oublie.

16 juillet 42, 6 h du matin...

Comme pour plus de 13 000 Juifs de Paris et de sa banlieue, la vie de son « papy » bascule le 16 juillet 1942 quand, à 6 h du matin, la police tambourine à la porte des Aniksztejn, au 9, rue Henri Saint-Martin. Élie, le fils aîné, s'enfuit par le toit. Quand les agents entrent, les parents, brocanteurs, résistent. Des renforts arrivent bientôt et la famille est emmenée de force au commissariat des Lilas, puis au Vel'd'Hiv'.

« C'était l'enfer, nous avait confié Raymond Anisten, en 2010. Il y avait un bruit infernal, il faisait très chaud et l'odeur était insupportable. J'ai vu des gens sauter des gradins pour se suicider. Alors que je passais à côté d'elle, une femme m'a supplié de lui trouver de l'eau pour son bébé. J'ai réussi à en avoir un peu. Mais quand je suis revenu, son enfant ne bougeait plus. »

La Fredonnière, cachette sarthoise

Raymond et Bernard Anisten ont déjà passé plusieurs jours au Vel d'Hiv' quand leur maman leur ordonne de tenter une évasion. Profitant d'une échauffourée provoquée par leur père et d'autres hommes, les deux garçons de 10 et 13 ans parviennent à s'évader.

Une dame les recueille et les emmène chez l'abbé Devaux qui les conduit dans la Sarthe, chez Auguste et Marie Landeau. À la ferme, c'est Colette, 17 ans, la fille du couple reconnu « Justes parmi les nations » en 2001, qui s'occupe des enfants. Une famille « de guerre » se reforme. Et jamais ces liens ne se déferont.

Plus qu'une histoire, c'est un art de vivre que Raymond Anisten a légué à ses enfants et petits-enfants. Un message que l'on pourrait résumer ainsi : portez sur le monde un regard sans haine. Mais n'oubliez jamais.

Olivier RENAULT.

 

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Châtillon terre de Justes

jeudi 11 juillet 2013

Publié le 11/07/2013 Samedi, dans le cadre des Rencontres européennes de Châtillon-sur-Indre, la commune rendra hommage à neuf familles. A des personnes qui, pendant l'Occupation, ont mis leurs vies en péril pour sauver celles de juifs. Ces personnes ont été faites Justes parmi les nations, une haute distinction attribuée par le Comité de Yad Vashem. Le conseil municipal de Châtillon et son maire, Michel Hétroy, ont décidé d'inaugurer, samedi, à 11 h, au Pré de Foire, une esplanade des Justes parmi les nations. Un geste fort pour rappeler les heures sombres, mais surtout pour mettre en lumière des actes de courage et d'humanité. Châtillon est, dans l'Indre, la commune qui compte le plus de Justes parmi les nations. Il y en a 64 dans le département.

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« Suis-je le gardien de mon frère ; cinquante ans de reconnaissance des Justes parmi les Nations ».

mercredi 10 juillet 2013

A l’occasion du cinquantenaire du programme de reconnaissance des Justes parmi les Nations,

L’institut de Yad Vashem à Jérusalem a inauguré le 26 juin une exposition intitulée :

« Suis-je le gardien de mon frère; cinquante ans de reconnaissance des Justes parmi les Nations ».

Cette exposition se tient au Pavillon des Expositions de Yad Vashem et pourra être visitée durant toute une année.

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Yvonne Hagnauer, grande pédagogue et Juste parmi les nations

mardi 9 juillet 2013

Publié le 09/07/2013

 

Yvonne Hagnauer

 

 

Yvonne Hagnauer (1898 – 1998) est une pédagogue française dont l’école accueille des enfants juifs et des orphelins de guerre à partir de 1941. C’est une Juste parmi les nations.

Yvonne Eugénie Pauline Even nait le 9 septembre 1898 au sein d’une famille d’origine bretonne, à Pavillons-sous-Bois en Ile-de-France. Elle fait des études brillantes et obtient un certificat d’enseignement général "Histoire, Lettres, Anglais" ainsi qu’un diplôme de l’Université de Cambridge.

Féministe et engagée, elle devient professeure d’anglais à l’école Sup’de Co’ de Paris et milite au Syndicat National des Instituteurs (SNI). En 1925, elle épouse Roger Hagnauer, également instituteur et syndicaliste engagé. Militant pour de nouvelles méthodes d’éducation, elle participe en 1937 à l’organisation du Congrès International de l’Enseignement.

En 1938, Yvonne co-fonde la ligue des femmes pour la paix. En 1939, Roger et elle signent le manifeste "Paix immédiate" ; cette prise de position leur vaut d’être radiés de l’enseignement public par le gouvernement Daladier ; ils seront réintégrés trois ans plus tard. Investie dans la Résistance, Yvonne est sollicitée par le Secours National, en juin 1941, pour diriger une colonie de vacances puis une maison d’enfants, la Maison de Sèvres.

La Maison de Sèvres a d’abord pour objectif de jeunes précaires, abandonnés, sous-alimentés de région parisienne ; progressivement, de nombreux enfants juifs sont confiés à la maison dirigée par Yvonne, par des réseaux de Résistance ou par des amis instituteurs du couple Hagnauer. Yvonne et Roger leur confectionnent ou leur procurent de faux papiers et s’allient l’assistance d’autorités civiles et religieuses. La Maison de Sèvres cache également des adultes, juifs, franc-maçons, résistants…

Des visites d’officiels alertent plusieurs fois les résidents de la Maison de Sèvres mais aucun n’est arrêté, à part Roger Hagnauer qu’une infirmière a dénoncé comme juif ; il s’échappera et restera caché jusqu’à la Libération. A la fin de la guerre, la plupart des enfants ne voient pas revenir leur famille et demeurent à la Maison de Sèvres. De nombreux orphelins de guerre les y rejoignent.

Pour cette population d’enfants orphelins, traumatisés par la guerre, abandonnés par leur famille, Yvonne Hagnauer met en place une pédagogie nouvelle, synthétisant différentes pensées pédagogiques et misant entre autres sur : l’éveil de l’intérêt des enfants, de leur responsabilité, de leur créativité et de leur goût de l’effort.

Yvonne Hagnaeur est désignée Juste parmi les nations en 1974. Elle meurt le 1er novembre 1985 à Meudon, à 87 ans.


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