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Varian Fry - sauver la culture, par Bertrand Solet

mercredi 17 septembre 2014

Du 16/09/2014

 

 

 

 

 

Éditions Oskar. Mars 2014. 110 pages. Comme chacun le sait désormais, on appelle « Justes parmi les nations » les hommes et les femmes, qui, aux heures sombres de la Shoah, ont, souvent au péril de leur vie, sauvé des Juifs et, d'une façon plus générale, des personnes qui étaient en danger du fait de la folie meurtrière du dictateur allemand  Adolf Hitler. Le journaliste américain Varian Fry fut de ceux-là. Ce petit livre raconte son histoire.

 

C'est parce qu'un jour, en mission à Berlin, en juin 1935, il assiste à une manifestation antijuive, qu'il n'hésite pas, quelques années plus tard, à prendre la tête d'un Comité de Sauvegarde d'Urgence, destiné à sauver des centaines de personnes, juives et non-juives, menacées par le nazisme alors qu'elles se trouvent en France. Varian Fry quitte New York le 5 août 1940 et rejoint Marseille. C'est à partir de ce port méditerranéen qu'il va organiser avec une équipe de militants antifascistes, le sauvetage de quelque 1200 personnes parmi lesquelles le peintre Marc Chagall. Parallèlement, 600 personnes auront été aidées financièrement et 150 obtiendront du travail grâce à l'action de Fry et de ses collaborateurs.

C'est en 1967, année même où il est fait chevalier de la Légion d'Honneur, que Varian Fry est décédé aux États-Unis. En 1995, il a été fait « Juste parmi les nations » par l'Institut Yad Vashem de Jérusalem.

Jean-Pierre Allali


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NÎMES-Le nîmois Henri Malécot reçoit la médaille des “Justes parmi les nations”

dimanche 14 septembre 2014

Du 12/09/2014

 

 

 

 

Remise de la médaille des “Juste parmi les nations” à Jacqueline Malécot, pour l’oeuvre de son époux Henri Malécot. (photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard) Cet après midi, la salle municipale de la mairie de Nîmes accueillait une cérémonie des plus émouvantes en l’honneur d’Henri Malécot, résistant lors de la seconde guerre mondiale, et sauveur de la famille Uziel. 

En présence des élus nîmois et du Consul Général d’Israël Barnea Hassid, l’institut Yad Vashem de Jérusalem a remis la médaille des “Justes parmi les nations” à Henri Malécot à titre posthume. Décédé le 9 avril 1963, M. Malécot avait recueilli certains membres de la famille Uziel ainsi que leurs affaires personnelles et leur avait permis d’éviter la rafle du 26 aout 1942. “Le souvenir de sa noblesse ultime doit figurer au Panthéon de l’humanité. Je tiens à témoigner toute notre gratitude, au nom du peuple d’Israël” a déclamé Barnea Hassid. C’est Jacqueline Malécot, épouse d’Henri, qui a reçu la médaille, accompagnée de sa fille. Une cérémonie qui a ému une grande partie du public venu en masse pour assister à l’événement.

Baptiste Manzinali


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Varsovie - Concours pour honorer des Polonais ayant sauvé des Juifs pendant la Shoah

mardi 9 septembre 2014

Du 09/09/2014

 

 

 

Liquidation du ghetto de Varsovie par les nazis. (Crédit : autorisation USHMM) Le projet gagnant du mémorial « Aux sauveurs, les sauvés » sera choisi en avril 2015 et il devra être réalisé à l’automne

Un concours international d’architecture, pour la création d’un site ou monument, a été lancé lundi à Varsovie pour rendre hommage aux Polonais qui pendant l’occupation allemande sauvaient des Juifs, a annoncé la fondation Mémoire et Avenir, à l’origine du projet « Aux sauveurs, les sauvés ».

« Ce monument sera un geste de remerciement, non pas d’un gouvernement, d’une municipalité, mais de la diaspora juive, de ces Juifs qui ont été sauvés et dont les descendants veulent maintenant exprimer leur reconnaissance », a indiqué le fondateur de Mémoire et Avenir Zbigniew Rolat, au cours d’une conférence de presse au siège du Musée de l’Histoire des Juifs de Pologne que va jouxter ce mémorial.

Les organisateurs souhaitent que les projets proposés dépassent le cadre d’un monument figuratif classique et s’inscrivent dans l’espace public autour du musée et du monument tout proche aux héros du Ghetto de Varsovie.

Il doit s’insérer également dans la vie du quartier qui l’entoure, ancien quartier juif de la capitale polonaise, transformé en ghetto par les nazis allemands et entièrement rasé après sa liquidation en 1943.

Le grand musée d’Histoire des Juifs de Pologne ouvrira officiellement ses portes le 28 octobre, pour témoigner d’une coexistence millénaire complexe entre Juifs et Polonais.

Le musée est appelé à devenir un grand centre d’animation culturelle, dotée d’un riche programme de rencontres théâtrales, cinématographiques, musicales et scientifiques, avec débats et ateliers.

Le projet gagnant du mémorial « Aux sauveurs, les sauvés » sera choisi en avril 2015 et il devra être réalisé à l’automne.

Un deuxième monument dédié aux « Justes parmi les Nations », financé, lui, par la mairie de Varsovie, doit être inauguré également l’an prochain dans le centre de la capitale polonaise. Des milliers de noms de Polonais doivent y figurer.

Plus de 6 000 Polonais ont été jusqu’à présent honorés avec la médaille de Juste parmi les Nations par le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem où sont plantés des arbres en leur mémoire.

Près de six millions de Polonais, dont environ trois millions de Juifs, ont trouvé la mort pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

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Saint-Amand-Montrond - La troisième édition qui a eu lieu hier à la Cité de l’or a attiré les mélomanes

lundi 8 septembre 2014

Du 08/09/2014
       
       
    
   
   
 
Le chœur juif de France, dirigé par Hector Sabo a donné hier après-midi un concert splendide de chants liturgiques des Juifs ashkénazes devant une salle presque pleine. Pour sa troisième édition, Vox Aurea Via Sacra avait choisi de mettre à l’honneur la musique sacrée juive. Un tel colloque n’avait peu été organisé, en France, depuis 1965. Celui d’hier devrait faire date.

La musique sacrée juive plébiscitée

«Le colloque ne portait pas sur un sujet drôle. Il fallait oser. Mais les intervenants étaient d'une telle qualité et nous avons eu la chance d'accueillir le rabbin Marc-Alain Ouaknin. Voir une centaine de personnes assister aux différentes interventions me ravit. » Hier, juste avant le début des concerts qui ont clos la troisième édition de Vox Aurea Via Sacra consacrée cette année à la musique sacrée juive, l'organisatrice Marie-Reine Renon partageait sa satisfaction.

Le souvenir des Justes

Car le colloque saint-amandois devrait faire date car la dernière rencontre portant, en France, sur ce sujet remonte à… 1965. C'est Hervé Roten, le directeur de l'Institut européen des musiques juives, partenaire de l'événement, qui l'a rappelé au début de son propos : « Voilà cinquante ans que nous n'avons pas vécu un tel moment, a-t-il affirmé. À ce rythme, la prochaine fois, ce seront nos enfants qui en profiteront ».

Pour Thierry Vinçon qui, en introduction a égrené le nom des trente-six Juifs assassinés, l'été 1944, dans les puits de Guerry, le colloque est la suite logique d'un travail de mémoire et de compréhension de l'histoire : « Nous sommes dans l'anniversaire des soixante-dix ans de la libération de la France. En 2010, nous avons inauguré une stèle en l'honneur des Justes ; cette année, l'ambassadeur d'Israël Yossi Gal est venu et nous avons médaillé Marcelle Lainé pour ses parents Edmond et Germaine Bauger. Il était indispensable de réunir tous ces éléments tragiques et de créer un colloque plein d'espoir… »

Toute la journée, des professeurs, musicologues, le rabbin Marc-Alain Ouaknin, le chantre Jacques Arnold ont expliqué devant une centaine de personnes, l'omniprésence de la musique dans la vie quotidienne juive. Hervé Roten a ainsi notamment indiqué que la musique jalonnait toute la vie, que les enfants apprenaient l'alphabet en chantant, que la communauté juive possède un corpus important de chants, les airs s'étant multipliés au fil de la diaspora et adoptant des accents locaux. Illustrant son intervention de morceaux sonores ou de vidéo, il a ainsi assuré que « le chant sacré fait le lien entre le ciel et la terre. »

Deux splendides concerts

Outre les interventions, les organisateurs avaient choisi de ponctuer cette journée par deux concerts. « Après tout ce qui a été dit, les spectateurs sont préparés et instruits pour mieux profiter des deux concerts », a assuré Marie-Reine Renon. Le premier, celui du Ch'ur juif de France, qui a été diffusé en direct sur RCF, était splendide et émouvant. Sur scène, les trente choristes du ch'ur fondé en 2006 ont entonné des chants liturgiques des Juifs ashkénazes enchaînant des chants qui accompagnent le Sabbat, le nouvel an… Puis ce sont Philippe Darmon et son fils Mikaël qui ont clos la soirée en interprétant des chants séfarades classiques liés aux fêtes juives.

Déjà l'édition 2015 de Vox Aurea Via Sacra est sur les rails : « Nous avons eu aujourd'hui (hier, NDLR) des échanges extraordinaires sur les différents mondes juifs et on a vu la frontière tenue qui existe entre le sacré et le profane, le religieux et l'agnostique, assure Thierry Vinçon. Toute journée, le lien a été fait avec les Justes et nous devrait nous amener, en 2015, à un colloque avec Yad Vasheim sur les Justes parmi les Nations. Quand à Vox Aurea, ce rendez-vous a déjà une vraie identité. Les actes du colloque sont une mine pour les universitaires. »

Estelle Bardelot

 

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Châteauneuf-la-Forêt - Louis et Germaine, deux Justes posthumes

samedi 6 septembre 2014

Du 03/09/2014

 

 

 

Ce titre de Justes a été décerné par Yad Yashem à Renée Brondeau, fille des récipiendaires. C'est une cérémonie très solennelle, empreinte de dignité et de respect, baignée d'une grande émotion qui s'est déroulée fin août dans la salle Bartholdi de Châteauneuf-la-Forêt. Elle suivait un dépôt de gerbe à la stèle mémorial du sculpteur Marc Petit, en hommage et pour faire mémoire aux déportés juifs ou résistants durant la Seconde Guerre Mondiale.

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Marçon - Reconnue Juste pour son héroïsme

vendredi 5 septembre 2014

Du 05/09/2014

 

 

 


 

Armand de Malherbe et Didier Lazard en 1993. Maria Dolores de Malherbe est reconnue, à titre posthume, Juste parmi les Nations, pour avoir accueilli un Juif, pendant l'occupation allemande, de 1943 à 1944.

Armand de Malherbe se souvient de l’époque où sa mère, Maria Dolores, a recueilli un Juif, chez elle, à Poillé, sur la commune de Marçon. Pour cet acte héroïque, cette mère de famille a été reconnue Juste parmi les Nations. Une cérémonie en son honneur aura lieu le dimanche 7 septembre à 11 h, sur la place de l’église, à Marçon.

Caché 19 mois

1943. Didier Lazard se cache en Sarthe depuis plusieurs mois, sous un faux nom, celui de Lucien Didier. Après le camp de jeunesse de La Marcellière à Marçon, il est devenu précepteur chez le maire de Beaumont-sur-Dême.
« Quelqu’un qui avait été à l’IEP avec lui a dit au maire qui il était », raconte Armand de Malherbe. « Il lui a donné 8 jours pour quitter les lieux. »
C’est ensuite le curé du village, l’abbé Bézine, qui l’accueille. Celui-ci rentre alors en contact avec Maria Dolores de Malherbe, qui accepte d’abriter le jeune homme, dès février.

« Je le sentais sur le qui-vive »

Docteur en droit, diplômé de Sciences Po, « il est venu pour m’aider dans mes études », poursuit Armand. « Il se tenait principalement dans la maison, le jardin ; il sortait sur la place du village, participait au ravitaillement dans les fermes. » Même s’il ne vit pas reclus, l’attitude de Didier Lazard laisse perplexe Armand, qui ne connaissait rien alors de ses origines : « je le sentais sur le qui-vive. » Il lui demande alors ce qu’il cache. « Je me rappellerai toujours. Il m’a dit, très angoissé : “je suis juif”. »

« Elle n’a pas hésité »

« Ma mère était veuve », précise son fils. « Elle venait de perdre son beau-père, elle était isolée, mais elle n’a pas hésité. On connaissait les risques : la déportation ou l’exécution. » Car c’est toute la famille qui est menacée, même si les troupes d’occupation sont absentes de cette région rurale. 
Il en est autrement, après le débarquement des Alliés, début août 1944.

À travers les troupes allemandes

Vers 4 h, et seize heures durant, une centaine de soldats allemands accompagnés d’un détachement de SS investissent le domaine de Poillé. « Il a fallu organiser sa fuite dans une ferme amie. » Pour cela, Armand et Didier (en tenue de jardinier) se frayent un chemin au travers des troupes. « Ils nous ont dévisagés. »
Journée décisive pour les De Malherbe, car, dans le même temps, l’interprête alsacien des Allemands trouve refuge dans leur maison. Deux de ces « malgré-nous » réussiront à fuire grâce à l’aide de la famille.

Une longue amitié

Quelques jours plus tard, « on s’est retrouvé par hasard sur la place de la République au Mans », se remémore Armand. « Lui allait à Paris, et moi je partais pour rejoindre la 3e armée américaine. »
Armand de Malherbe effectuera la campagne d’Allemagne et restera 2 ans dans les rangs. Il sera maire de Marçon pendant plus de 40 ans.
Didier Lazard publiera après la guerre, le Procès de Nuremberg, ainsi que plusieurs ouvrages sur sa famille. Les deux amis resteront en contact jusqu’au décès de Didier, en 2004.

Une famille émue

10 ans après, une cérémonie va officialiser le titre de Juste à Maria Dolores de Malherbe.

" Ma famille, mes enfants et petits-enfants sont très émus par cette reconnaissance. Ils sont tous très désireux qu’on soutienne le dialogue, qu’on évite la violence et la discrimination. Nous nous sommes tus pendant longtemps, on a accepté de témoigner à l’initiative de l’association Yad Vashem. On sent un climat d’intolérance se développer, explique Armand de Malherbe qui conclut modestement : Nous avons le sentiment d’avoir fait notre devoir comme une soixantaine de familles du département reconnues Justes parmi les Nations, sans oublier les Résistants dont certains ont payé leurs activités de leurs vies."

En Sarthe, ces Justes ont ainsi sauvé plusieurs centaines d’enfants.

 

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