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Erika Apfelbaum, la petite fille juive aux yeux bleus

samedi 13 juin 2015

Du 11/06/2015

 

 

Erika Apfelbaum

 

 

Erika Apfelbaum n'oubliera jamais les années sombres et le réconfort trouvé auprès des Soumoulois. 

Dimanche après-midi, Soumoulou rend hommage à Gabrielle Navailles dont les petits-enfants recevront la médaille des "Justes parmi les nations" décernée à titre posthume pour avoir aidé des juifs à se soustraire à la barbarie nazie. Conviée à la cérémonie, Erika Apfelbaum la suivra avec les yeux bleus de la petite fille de la Seconde Guerre mondiale à l'enfance mouvementée. Elle avait deux ans et demi quand ses parents furent chassés d'Allemagne où elle avait vu le jour en 1934. Sur la route de l'exil s'inscrivent Paris et la Bretagne, jusqu'à l'arrestation début 1940. "Mon père a disparu. Ma mère...

Dimanche après-midi, Soumoulou rend hommage à Gabrielle Navailles dont les petits-enfants recevront la médaille des "Justes parmi les nations" décernée à titre posthume pour avoir aidé des juifs à se soustraire à la barbarie nazie. Conviée à la cérémonie, Erika Apfelbaum la suivra avec les yeux bleus de la petite fille de la Seconde Guerre mondiale à l'enfance mouvementée.

Elle avait deux ans et demi quand ses parents furent chassés d'Allemagne où elle avait vu le jour en 1934. Sur la route de l'exil s'inscrivent Paris et la Bretagne, jusqu'à l'arrestation début 1940. "Mon père a disparu. Ma mère et moi fûmes incarcérées dans une caserne à Rennes et libérées au bout de huit jours. Revenues à Paris dans l'espoir d'avoir des nouvelles de mon père, on a appris, quelques mois plus tard, qu'il était interné au camp de Gurs. Ma mère a obtenu de la Kommandantur un sauf-conduit pour la zone libre. Elle a eu huit jours pour liquider l'ensemble de nos biens avant le départ pour Pau début 1941."

Un témoignage poignant

Assignées à résidence à Soumoulou, elles logent chez Caperaa, "une petite auberge où nous habitions une chambre et une cuisine dotée d'une énorme cuisinière à charbon". La mémoire a sélectionné des souvenirs d'école et de la "classe unique" de Mlle Laloye, une "excellente" personne. "Elle disait que si mes parents disparaissaient, elle m'adopterait", rapporte Erika. "Je me suis fait des copines : Rosa, Odette et Raymonde, la fille du gendarme. Toutes les filles avaient des frères dont je ne connaissais pas l'existence", raconte-t-elle. Elle se souvient aussi des allers-retours à Gurs. "Je voyais mon père d'un côté des barbelés, et nous de l'autre, mais il avait parfois la permission de sortir pour consulter un médecin à Pau". En septembre 1944, les réfugiées s'installent à Pau, au 25, rue Palassou. "Je venais de passer mon entrée en 6e. Je fréquentais le lycée de filles. Au bout de deux ans, ma mère malade est partie se faire opérer en Angleterre, après quoi nous sommes allées vivre à Paris". Elle y accomplira son cursus universitaire avant d'embrasser une carrière de chercheur en psychologie sociale au CNRS versée dans plusieurs domaines : conflits, mouvements de libération, théorie de la domination, femmes et lieux de pouvoir, déracinement, génocide, etc. "J'ai mené mes recherches comme je l'ai voulu. J'ai beaucoup publié en anglais", récapitule-t-elle. Une existence trépidante menée entre la France et l'Amérique du Nord l'éloignera physiquement de Soumoulou sans jamais altérer la puissance émotionnelle du passé. Elle y revint il y a 30 ans puis en octobre 2011 à l'occasion de la remise de la médaille des Justes aux bienfaiteurs de la famille du Pr René Frydman, pionnier de la fécondation in vitro". Elle s'y singularisa par une intervention poignante de nature à raviver les liens et stimuler les échanges téléphoniques et épistolaires avec les survivants ou bien la descendance de ceux qui portèrent assistance et secours aux juifs persécutés.

Dans le droit fil de l'émouvante rencontre, elle écrira "La petite fille aux yeux bleus" après une nouvelle escapade en Béarn. Elle met aujourd'hui la dernière main à une histoire de la famille Apfelbaum au XXe siècle. "En ces temps de dérive, il est important de rappeler l'humanité des gens et les élans de solidarité", considère-t-elle pleine d'espérance.

 

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Avon - Une rue pour ne jamais oublier

samedi 13 juin 2015

Du 10/06/2015

 

 

 

C’est officiel, désormais la rue Lola-Dommange s’appelle : la rue des Justes ! Un acte symbolique qui clôt un mois et demi de festivités autour des trois héros de la Résistance.

 

Après plus d’un mois passé à observer les célébrations qui ont rythmé cette fête des Justes à Avon, les quelques habitants opposés à ce projet auront finalement cessé les reproches et accepté que la rue Lola-Dommange soit rebaptisée : rue des Justes. Place aux hommages ! Samedi dernier, dès 19 h 30, le rendez-vous était donné devant la Maison dans la Vallée où avait lieu le final de ces commémorations du 70e anniversaire de la Libération.

Une journée entière dédiée aux souvenirs et à la reconnaissance éternelle entamée par une messe célébrée à l’église Saint Pierre suivie d’une procession silencieuse, le chemin de mémoire, partie du Carmel rejoindre la tribune installée face au centre culturel. Après 47 jours de solennités consacrées à Rémy Dumoncel, Paul Mathéry et au Père Jacques, les trois « Justes parmi les Nations » honorés par la ville, une page allait se tourner ce soir-là !

Discours émouvant

« Cette fête se clôture sous le soleil, symbole de ce passage fort de l’ombre à la lumière », commente le maire, Marie-Charlotte Nouhaud, préférant la spontanéité à un discours rédigé. A ses côtés sur scène, de nombreux officiels, les maires de Samois et d’Héricy, Didier Maus et Sylvie Bellecourt, Ralph Memran, délégué du Comité français pour Yad Vashem, et Jean-Luc Marx, préfet de Seine-et-marne. « 3.550 Français sont actuellement reconnus « Justes parmi les Nations ». 37 Seine-et-Marnais se partagent cette distinction, 3 sont Avonnais, précise le préfet dans son allocution, Soyez fière de succéder à Rémy Dumoncel et de porter son écharpe », conclue-t-il enfin en direction du maire.

Après la lecture du poème « Les Justes » de Paul Rozenberg par les familles de l’école Paul Mathéry, la plaque est enfin dévoilée, une rue vient d’être rebaptisée. Il est 20 h, la fête peut commencer au 1, rue des Justes ! Concert gospel, repas festif offert par la ville et observation des étoiles, la soirée s’est prolongée dans une ambiance assurément conviviale et surtout très festive.

Yovallier

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Trois Bordelais reconnus «Justes» pour avoir sauvé le grand rabbin local en 1943

mercredi 10 juin 2015

Du 08/06/2015

 

L'ambassadeur d'Israël, Yossi Gal (à gauche), a remis la médaille de "Justes parmi les Nations" à Jean-Pierre Fabre, fils de Susanne et Fernand Fabre. Photo AFP/Mehdi Fedouach

 

 

 

Trois Bordelais ont été officiellement reconnus, ce lundi, «Justes parmi les Nations» à titre posthume par Israël, pour avoir sauvé de la Gestapo et des nazis le grand rabbin de Bordeaux Joseph Cohen et son épouse en 1943.

Marcelle Larrigaudière, qui n’a pas de descendance, et Suzon et Fernand Favre, à travers leur fils, ont été honorés lors d’une cérémonie à l’Hôtel de ville présidée par le maire Alain Juppé, en présence de l’ambassadeur d’Israël en France, Yossi Gal. Pour le maire de Bordeaux, la remise de cette médaille «contribue à restaurer l’Histoire dans sa vérité».

En décembre 1943, le grand rabbin Joseph Cohen (1876-1976) échappait de peu à l’arrestation à son domicile par la Gestapo. Il était alors recueilli par Marcelle Larrigaudière chez elle, le temps pour son épouse Léa, hospitalisée à Bordeaux, de pouvoir le rejoindre. «Entrez, je donnerais ma vie pour vous», lui a dit son hôtesse, selon un témoignage lu à la cérémonie.

Le couple Cohen, ainsi que leur fille Hélène et leur fils Michel, alors dans la Résistance, étaient ensuite hébergés chez le couple Suzon et Fernand Favre. Ce dernier s’occupa de faire conduire le rabbin et son épouse en Zone libre, où ils restèrent jusqu’à la Libération.

«Les noms de ces Justes seront désormais gravés à Jérusalem et à Paris, au mémorial de la Shoah», a rappelé Pierre-François Veil, président du comité français Yad Vashem, également présent ce lundi.

Le cas du rabbin Cohen avait été évoqué au procès en 1997-1998 de Maurice Papon, condamné à dix ans de prison pour «complicité de crimes contre l’humanité» lorsqu’il était secrétaire général de la préfecture de Gironde, en charge des questions Juives. Les descendants du rabbin avaient notamment contesté une version avancée par Papon, selon laquelle il aurait contribué à mettre en sécurité, via l’archevêché, le rabbin qui faisait alors l’objet de menaces.

Depuis la création de la commission des «Justes» en 1963, l’Institut de la Shoah Yad Vashem a remis cette récompense, la plus haute distinction civile d’Israël, à plus de 25.600 personnes à travers le monde, dont plus de 3800 en France et 46 en Gironde. Ces non-juifs ont, au péril de leur vie, aidé des Juifs persécutés par l’occupant nazi. «Par leurs actes, les Justes n’ont pas seulement sauvé des innocents, ils ont sauvé la dignité de l’Humanité», a déclaré l’ambassadeur d’Israël.

 

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Les enfants en visite au musée du Chambon-sur-Lignon

mercredi 10 juin 2015

Du 058/06/2015

 

 

 

 

 

Jeudi, les enfants de CE1 au CM2 se sont rendus avec leur maîtresse et Valérie Robert, EVS, au musée du Chambon. Cette visite était guidée par Florence Barbier, médiatrice culturelle.
Le matin était dédié à la visite du musée qui retrace la vie quotidienne sur le plateau pendant la seconde guerre mondiale. Grâce à des films et panneaux les élèves ont appris que des juifs mais aussi d'autres personnes ont été cachés par des habitants du plateau.
Ils ont écouté de nombreux témoignages de sauveteurs, de réfugiés et de résistants sur des tablettes tactiles individuelles dans la salle des témoignages.
Après un pique-nique, l'après-midi était consacrée à une activité pédagogique très appréciée des élèves, mené par Florence Babier : à partir de documents photos et de lettres, les élèves ont retracé la vie de Peter Fiegl enfant réfugié juif au Chambon dans une maison d'enfant. Cette personne vit aujourd'hui aux USA. Entre 1940 et 1944, le village du Chambon-sur-Lignon et les communes du plateau du Vivarais (Haute-Loire) ont accueilli des centaines de Juifs fuyant les persécutions. Autour des Pasteurs Trocmé et Theis, les habitants ont recueilli de nombreux enfants et adolescents pris en charge par des réseaux de sauvetage.
Un lieu de mémoire rappelant cette histoire exemplaire a ouvert ses portes en juin 2013 au Chambon-sur-Lignon. Terre protestante forte d'une longue tradition d'accueil, le plateau du Vivarais-Lignon a abrité un grand nombre de réfugiés pendant la Seconde Guerre mondiale. Républicains espagnols, Allemands et Autrichiens antinazis d'abord, puis de nombreux Juifs persécutés, des réfractaires au STO et des résistants. Avec l'aide des organisations chrétiennes (Cimade, Secours suisse, Quakers) et grâce aux réseaux de sauvetage juifs (réseau Garel de l'OSE), beaucoup d'enfants et d'adolescents ont été recueillis dans les pensions de familles, les fermes et les maisons d'enfants. Le caractère clandestin du sauvetage et la modestie des habitants font qu'il est difficile d'établir le nombre exact de personnes sauvées.
Si plus de 1 000 noms sont connus, certains historiens retiennent le chiffre de 3 500 Juifs sauvés grâce à l'action de la population du plateau. À l'instar des pasteurs André Trocmé et Édouard Theis, plus de 70 habitants du plateau ont été reconnus Justes parmi les Nations par l'institut Yad Vashem de Jérusalem. De plus, en 1990, les habitants du Chambon et des communes voisines ont été, à titre exceptionnel, honorés collectivement par Yad Vashem.
Le lieu de mémoire réalisé au Chambon-sur-Lignon présente l'histoire du Plateau et met en lumière la résistance civile, spirituelle et armée qui s'y exprima. Un espace mémoriel propose de nombreux témoignages filmés. Des activités pédagogiques seront également organisées. Attenant au bâtiment, un jardin paysagé offrira au visiteur un espace de sérénité. Inauguré en juin 2013, ce lieu de mémoire a été réalisé avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et en partenariat avec le Mémorial de la Shoah.

 

 

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Les « enfants du P. Jacques » se souviennent

mardi 9 juin 2015

Du 27/05/2015

 

 

 

 

 

L’arrestation des enfants juifs de l’école d’Avon avec le P. Jacques , le 15 janvier 1944, inspira le film de Louis Malle Au revoir les enfants

Le 2 juin 1945, le carme Jacques de Jésus, arrêté pour avoir caché des enfants juifs, mourait après sa déportation au camp de Mauthausen.

François-Xavier de Siéyès est le dernier élève du P. Jacques à l’avoir vu dans la prison de Fontainebleau, le 5 mars 1944. « Dans le parloir où deux autres carmes et moi-même avions­ pu le rencontrer, il m’avait remis une image de sainte Anne, dédicacée de sa main, que j’ai toujours gardée », raconte cet ancien banquier de 86 ans qui se souvient parfaitement de ses cinq années, de 1941 à 1946, au collège d’Avon (Seine-et-Marne). Cette école pour garçons avait été fondée en 1934 par le P. Jacques, de son vrai nom Lucien Bunel, devenu le carme Jacques de Jésus.

Le P. Jacques, à la fois professeur de lettres et directeur du collège d’Avon, était, de l’avis de François-Xavier de Siéyès, « très intimidant, très cultivé et avec une très grande soif d’absolu ». Ce pédagogue écrivait en 1935 : « La seule éducation vraie, celle qui donne des résultats complets et définitifs, consiste à apprendre aux enfants à faire usage de leur liberté. Le vrai but de toute éducation doit être la sainteté. »


Déporté pour son implication dans la Résistance

C’est dans cette école d’Avon qu’il accueillit, pendant l’Occupation allemande, des réfractaires du STO ainsi que trois enfants juifs – sous une identité d’emprunt. Leur arrestation par la Gestapo, avec celle du P. Jacques, le 15 janvier 1944, inspira le film de Louis Malle Au revoir les enfants (1987). Déporté à Mauthausen et Gusen, en Autriche, du fait de son implication dans la Résistance, le religieux se dévoua auprès des prisonniers et des malades, mettant en place des « équipes de solidarité » pour répartir les rations et donner un peu plus aux plus faibles.

« Quand on rencontrait le P. Jacques dans un camp de concentration, on n’avait plus honte d’être un homme ; il vous réconciliait avec l’espèce humaine », témoigne Jean Gavard, ancien déporté à Gusen. « Le P. Jacques n’avait pas peur de tenir tête aux nazis », ajoute le P. Robert Arcas, prieur du couvent des carmes de Paris. Épuisé, le P. Jacques tomba malade peu avant la libération du camp de Gusen par les Américains et mourut à Linz le 2 juin 1945 ; il avait 45 ans.

Le dossier pour sa cause en béatification a été introduit à Rome en 1997 : « Le travail avance lentement », résume le P. Arcas, secrétaire de la cause dans sa phase diocésaine, qui rappelle que les nazis ne savaient pas que Lucien Bunel était religieux et prêtre : « S’ils l’avaient su, le P. Jacques aurait été envoyé à Dachau et n’aurait pas pu faire tout ce qu’il a fait à Mauthausen »

À l’occasion du 70e anniversaire de sa mort, le Comité du P. Jacques organise un colloque puis une journée commémorative à Avon . Parallèlement, la mairie d’Avon invite à une Fête des Justes , en souvenir du carme mais aussi du maire d’Avon, Rémy Dumoncel, et du secrétaire de mairie, Paul Mathéry, qui furent arrêtés en 1944 et qui moururent également en déportation. Tous les trois ont été reconnus « Justes parmi les Nations » par Yad Vashem.

CLAIRE LESEGRETAIN 

 

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