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Les « enfants du P. Jacques » se souviennent

mardi 9 juin 2015

Du 27/05/2015

 

 

 

 

 

L’arrestation des enfants juifs de l’école d’Avon avec le P. Jacques , le 15 janvier 1944, inspira le film de Louis Malle Au revoir les enfants

Le 2 juin 1945, le carme Jacques de Jésus, arrêté pour avoir caché des enfants juifs, mourait après sa déportation au camp de Mauthausen.

François-Xavier de Siéyès est le dernier élève du P. Jacques à l’avoir vu dans la prison de Fontainebleau, le 5 mars 1944. « Dans le parloir où deux autres carmes et moi-même avions­ pu le rencontrer, il m’avait remis une image de sainte Anne, dédicacée de sa main, que j’ai toujours gardée », raconte cet ancien banquier de 86 ans qui se souvient parfaitement de ses cinq années, de 1941 à 1946, au collège d’Avon (Seine-et-Marne). Cette école pour garçons avait été fondée en 1934 par le P. Jacques, de son vrai nom Lucien Bunel, devenu le carme Jacques de Jésus.

Le P. Jacques, à la fois professeur de lettres et directeur du collège d’Avon, était, de l’avis de François-Xavier de Siéyès, « très intimidant, très cultivé et avec une très grande soif d’absolu ». Ce pédagogue écrivait en 1935 : « La seule éducation vraie, celle qui donne des résultats complets et définitifs, consiste à apprendre aux enfants à faire usage de leur liberté. Le vrai but de toute éducation doit être la sainteté. »


Déporté pour son implication dans la Résistance

C’est dans cette école d’Avon qu’il accueillit, pendant l’Occupation allemande, des réfractaires du STO ainsi que trois enfants juifs – sous une identité d’emprunt. Leur arrestation par la Gestapo, avec celle du P. Jacques, le 15 janvier 1944, inspira le film de Louis Malle Au revoir les enfants (1987). Déporté à Mauthausen et Gusen, en Autriche, du fait de son implication dans la Résistance, le religieux se dévoua auprès des prisonniers et des malades, mettant en place des « équipes de solidarité » pour répartir les rations et donner un peu plus aux plus faibles.

« Quand on rencontrait le P. Jacques dans un camp de concentration, on n’avait plus honte d’être un homme ; il vous réconciliait avec l’espèce humaine », témoigne Jean Gavard, ancien déporté à Gusen. « Le P. Jacques n’avait pas peur de tenir tête aux nazis », ajoute le P. Robert Arcas, prieur du couvent des carmes de Paris. Épuisé, le P. Jacques tomba malade peu avant la libération du camp de Gusen par les Américains et mourut à Linz le 2 juin 1945 ; il avait 45 ans.

Le dossier pour sa cause en béatification a été introduit à Rome en 1997 : « Le travail avance lentement », résume le P. Arcas, secrétaire de la cause dans sa phase diocésaine, qui rappelle que les nazis ne savaient pas que Lucien Bunel était religieux et prêtre : « S’ils l’avaient su, le P. Jacques aurait été envoyé à Dachau et n’aurait pas pu faire tout ce qu’il a fait à Mauthausen »

À l’occasion du 70e anniversaire de sa mort, le Comité du P. Jacques organise un colloque puis une journée commémorative à Avon . Parallèlement, la mairie d’Avon invite à une Fête des Justes , en souvenir du carme mais aussi du maire d’Avon, Rémy Dumoncel, et du secrétaire de mairie, Paul Mathéry, qui furent arrêtés en 1944 et qui moururent également en déportation. Tous les trois ont été reconnus « Justes parmi les Nations » par Yad Vashem.

CLAIRE LESEGRETAIN 

 

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Une maison polonaise ayant abrité des Juifs des Nazis devient un musée

mercredi 27 mai 2015

Du 27/05/2015

Un homme d’affaires achète une résidence où deux orphelines polonaises ont caché 13 membres de la famille Diamant lors de l’Holocauste.

Image tirée du film de 1996 "Caché dans Silence" inspiré des véritables événements de la vie de la famille Diamant composée de 13 membres qui ont été cachés dans le grenier de deux orphelins polonais pendant l'Holocauste

VARSOVIE — Un entrepreneur privé prévoit d’établir un musée dans une maison du sud est de la Pologne dans laquelle des Juifs se sont cachés des nazis.

La maison, située dans la rue tatarska à Przemysl, a caché 13 membres de la famille Diamant lors de l’Holocauste.

Au début de 1942, les sœurs orphelines catholiques Stefania et Helena Podgorski, âgées de 16 et 9 ans, ont caché la famille Diamant dans le grenier de leur maison. Stefania avait travaillé dans l’épicerie de Diamant avant l’invasion nazie de la Pologne.

Les Diamant sont restés dans le grenier pendant deux ans et demi et ont survécu à l’Holocauste.

En 1979, les sœurs Podgorski ont été honorées comme Justes parmi les Nations par Yad Vashem.

Le film de 1966 « Caché en Silence », réalisé par Richard A. Colli, était basé sur leur histoire.

La maison, qui est délabrée et en mauvais état, a été récemment achetée par l’homme d’affaires Maciej Piorkowski.

« Vous pouvez penser que c’est un caprice, mais je voulais que cette maison historique soit sauvée pour que je puisse montrer son histoire », a déclaré Piorkowski au portail Virtuel Shtetl, selon la Radio polonaise Rzeszow.

« A ce stade, je n’ai pas de plans particuliers. Je voudrais que la maison soit accessible aux visiteurs pour qu’ils puissent, par exemple, regarder un film sur l’histoire de la famille cachée ». 

 

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«La maternité suisse d'Elne», le combat pour la vie en 39-45

mardi 26 mai 2015

Du 25/05/2015

 

 

 

 

Elisabeth Eidenbenz Achetée en 2005 par la ville, la Maternité Suisse d'Elne est aujourd'hui destinée à donner à voir et à comprendre non seulement l'histoire d'un lieu, mais surtout le combat d'une femme, Élisabeth Eidenbenz, membre du Secours Suisse aux enfants, qui reçut la médaille des «Justes parmi les nations» pour son action.

Entre 1939 et 1944, au cœur de l'une des périodes de l'histoire européenne des plus tragiques et honteuses, elle sera l'âme et la cheville ouvrière d'un lieu de vie et d'espoir.

Durant cette période, un petit groupe de femmes va s'évertuer à faire sortir du camp de Rivesaltes des femmes enceintes pour les faire accoucher à la maternité.

Ici, naîtront 597 enfants de 22 nationalités différentes dont les mères ont été arrachées aux camps, ici seront accueillis un millier de femmes et autant d'enfants trouvant là un îlot de paix, de réconfort et de respect. Exposition au Musée de la Mémoire ; du 29 mai au 3 juillet ; entrée libre.

 

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Solliès Pont : Eugène et Walda Viès élevés au rang de « Justes parmi les Nations ».

mardi 26 mai 2015

Du 22/05/2015

Samedi dernier à Sollies Pont, Eugène et Walda Vies-DeBoisgelin ont été élevés au rang de « Justes parmi les nations ».


Le comité Français de Yad Vashem estime que l’hommage rendu aux Justes parmi les nations revêt une signification éducative et morale, c’est sans doute ce qui décida le Maire de Sollies-Pont André Garron d’organiser une cérémonie en présence de nombreuses personnalités au premier rangs desquelles Monsieur le Préfet du Var Pierre Soubelet, la Sénatrice Maire de La Valette Christiane Hummel, la Député 1ère adjointe de Toulon Geneviève Levy, Monsieur le Maire de La Farlède Raymond Abrines et de nombreux enfants de la commune.

Qui sont les Justes ?

« En honorant ceux qui ont refusé de se plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l’idéologie nazie, la médaille des Justes contribue à rétablir l’Histoire dans sa vérité. » Comme le disait fort justement Simone Veil

Les personnes ainsi distinguées doivent avoir procuré, au risque conscient de leur vie, de celle de leurs proches, et sans demande de contrepartie, une aide véritable à une ou plusieurs personnes juives en situation de danger.

Au cours d’une cérémonie officielle, le Représentant de l’Ambassade d’Israël remet aux « Justes parmi les Nations» ou à leurs ayants-droits, une médaille gravée à leur nom ainsi qu’un diplôme d’honneur. Leurs noms sont inscrits sur le mur d’honneur du Jardin des « Justes parmi les Nations » de Yad Vashem, à Jérusalem.

Les noms des Justes parmi les Nations de France sont également inscrits à Paris, dans l’Allée des Justes, près du Mémorial de la Shoah, rue Geoffroy l’Asnier.

L’hommage rendu aux « Justes parmi les Nations » revêt une signification éducative et morale : éducative, car les Justes prouvent que, même dans des situations d’intense pression physique et psychologique, la Résistance est possible et que l’on peut s’opposer au mal dans un cadre collectif ou à titre individuel ; morale, car la reconnaissance envers ceux dont la conduite est exemplaire, est un devoir.

Comme dans d’autres pays européens, la France a connu des actions visant à aider les Juifs, certaines actives, d’autres traduisant une capacité diffuse et assez répandue de « désobéissance civile » chez les Français.

La diversité des actions de sauvetage, en zone libre comme en zone occupée, la propension des laïcs et des religieux à ne pas exécuter les lois du Régime de Vichy et les exigences des autorités allemandes, la relativité de l’application des décisions gouvernementales sont révélatrices de cette attitude qui a débuté dès 1940, avant les rafles de l’été 1942. Désobéir, c’était, à certains moments, prendre des risques pour ne pas collaborer et pour tenter de sauver autrui.

En France, 3 550 personnes ont été formellement identifiées comme Justes par Yad Vashem. Mais un bien plus grand nombre, probablement, a dû agir pour sauver de la déportation les trois quarts des Juifs qui résidaient alors en France.

 

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Lens : nouvelle reconnaissance pour les membres de la famille Tysiak, Justes parmi les nations

mardi 26 mai 2015

Du 18/05/2015

 

 

 

 

Famille Loossoise ayant caché, au péril de leur vie, deux enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, les Tysiak sont une nouvelle fois mis à l’honneur ce mardi. Une salle de réunion de la sous-préfecture de Lens portera désormais leur nom. Un geste symbolique pour ne pas oublier.

En 2009, Marianne Tysiak a reçu le titre de Juste en même temps que ses parents, six mois avant son décès.

Après la reconnaissance de leur statut de Justes parmi les nations, en 2009, puis la pose d’une stèle rendant hommage à leur engagement humain, le nom de Joseph et Marianna Tysiak, ainsi que de leur fille, Marianna, sera une nouvelle fois mis à l’honneur, mardi. Cette fois, c’est une salle de réunion de la sous-préfecture de Lens qui sera baptisée en leur honneur. Une reconnaissance qui arrive à titre posthume. Les deux filles du couple Tysiak décédées il y a quelques années, ne restent que les souvenirs et le nécessaire devoir de mémoire.

« C’est un geste symbolique fort, estime le sous-préfet de Lens, Pierre Clavreuil. Nous souhaitions donner un nom à deux salles de réunion qui n’en avaient pas et après plusieurs hypothèses, nous avons finalement décidé de rendre hommage à cette famille. » À côté de cette « salle Tysiak », la grande salle de réunion prendra, elle, le nom de « salle des 528 », en mémoire des juifs de Lens et des environs déportés par les nazis vers le camp d’Auschwitz, lors de la rafle du 11 septembre 1942. « Parmi eux, il y avait des femmes et des enfants. Très très peu en sont revenus. »

Deux vies sauvées par le courage des Tysiak

Rescapés de la Seconde Guerre mondiale grâce aux Loossois qui les ont cachés pendant deux ans, Myriam Cymbalista et son frère Norbert seront présents à la cérémonie de ce mardi à la sous-préfecture. Agés de 7 et 3 ans en 1942, ils ont quitté le pays quelques années après le conflit pour s’installer en Israël. Ils sont, depuis, revenus plusieurs fois à Loos-en-Gohelle pour honorer le courage de la famille Tysiak. « Quand nous les avons contactés pour leur parler de l’inauguration de ces deux salles, ils nous ont répondu qu’ils étaient prêts à venir. Ils vont faire le déplacement depuis Israël pour partager ce moment avec nous. » L’arrière-petit-fils du couple Tysiak sera également présent, ainsi que des représentants de la communauté juive lensoise et des élèves du collège René-Cassin de Loos-en-Gohelle et Jean-Zay de Lens.

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