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Deux familles mayennaises ont reçu la médaille des Justes

mercredi 9 décembre 2015

Du 22/11/2015

 

 

 

 

À La Dorée, Norbert Bensaadon, du comité Français Yad Vashem, Ido Bromberg, représentant l’ambassade d’Israël, les petits-enfants des époux Paillard, et Alexandre Hardès, cousin de Sylvain Algazi. | Ouest-France

Les époux Boulanger et Paillard ont reçu la médaille des Justes à titre posthume, dimanche. Pendant la guerre 39-45, ils ont sauvé des enfants juifs en les cachant chez eux.

Landivy

En août 1942, deux frères, Michel et Claude Schach, arrivent en car à Landivy. Les enfants de 9 et 4 ans, cherchent un refuge. Clémentine Boulanger et son mari Joseph acceptent immédiatement de les recueillir.

Ce dimanche 22 novembre, Claude et Michel étaient présents à la mairie de Landivy pour la remise de la médaille des Justes parmi les Nations, à ce couple représenté par son fils, Edmond.

La Dorée

Quelques heures plus tôt, une autre cérémonie a eu lieu à la salle communale de La Dorée, où la médaille des Justes parmi les Nations a été remise à titre posthume également, à Eugène et Valentine Paillard. Les époux ont sauvé Sylvain Algazi. Les petits-enfants d’Eugène et Valentine Paillard, Gisèle Legodais, Martine Durand et Gilbert Paillard étaient présents pour recevoir la distinction.

Minute de silence

La cérémonie a commencé par une minute de silence pour les attentats de Paris. Ido Bromberg, représentant l'ambassadeur israélien en France, a adressé ses condoléances aux familles des victimes et a souhaité "un bon rétablissement" aux blessés.

Audrey Vairé

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Diplomate de renom et Juste parmi les Nations, Jean-Marie Soutou est né à Bruges (1912 – 2003)

mercredi 9 décembre 2015

Du 22/11/2015

 

 

 

 

 

 

 

 

Soutou Jean-Marie, Léon « Rendre hommage à Jean-Marie Soutou c’est vouloir commémorer le souvenir d’une vie d’engagements, marquée par la Résistance et par la construction européenne ; c’est vouloir retrouver le parcours d’un intellectuel béarnais engagé dans les grands affrontements idéologiques du siècle depuis les années 30 jusqu’à la guerre froide ; c’est enfin jeter un regard nostalgique sur une période de notre histoire où des jeunes gens exceptionnels ont pu mettre en oeuvre leurs convictions et exercer précocement des responsabilités de premier plan après avoir défié l’ennemi et tiré de ce combat une sûreté de comportement qui nous fascine encore. »

Voila ce qu’écrit Maître Bernard Dupin, membre de l’Académie de Béarn, en introduction d’un article consacré à Jean-Marie Soutou et publié dans la Revue de Pau et du Béarn.
Né à Bruges le 18 septembre 1912, fils d’Antoine Soutou, cordonnier, et de Marie Matocq-Massey, le jeune Jean-Marie interrompt ses études au collège de Bétharram dès l’âge de quinze ans. Particulièrement intelligent et curieux, il se forme à la radio et exerce quelques temps le métier d’électricien.
Dès 20 ans, il se rapproche de l’abbé Plaquevent et contribue avec quelques autres à la création du groupe Esprit de Pau en 1934. Au travers de rencontres, de débats et d’études auxquels il prend part au sein de ce mouvement de pensée il s’affirme déjà comme un homme au jugement sûr. Séduit par la liberté du philosophe Emmanuel Mounier vis-à-vis des idées reçues et des pouvoirs constitués, Jean-Marie Soutou devient son ami. A la demande du philosophe, il entre en contact avec la famille Semprun en Espagne alors que la guerre civile vient d’y éclater et organise son hébergement dans un hôtel de Lestelle-Bétharam appartenant à la famille Soutou.
Quatre années avant l’invasion de la France par l’armée allemande, Jean-Marie Soutou entre ainsi en résistance contre le nazisme dans le cadre du conflit ibérique.
En 1937, J.M. Semprun est nommé chargé d’affaires de la République Espagnole à La Haye (Pays-Bas) et engage Jean-Marie Soutou comme secrétaire particulier. En 1939, la fin de la République espagnole entraîne l’exil de la famille Semprun en France. Durant toute cette période, Jean-Marie Soutou fréquente toujours la famille Semprun, dont le fils Jorge, futur ministre et grand écrivain, termine des études au lycée Henri IV à Paris. Jean-Marie Soutou prend les fonctions de secrétaire de rédaction de la revue Esprit toujours aux côtés d’Emmanuel Mounier.
Mobilisé de septembre 1939 à août 1940, il reste quelques temps en Ardèche et rejoint Emmanuel Mounier à Lyon en 1941. A partir de cette période Jean-Marie Soutou conduit de front plusieurs activités à vocation culturelle et souvent clandestines.
Il poursuit en outre, au travers du réseau « Amitié Chrétienne » son action d’aide aux juifs étrangers et aux personnes pourchassées par la police de Vichy. Marié depuis le printemps 1942 avec Maria Isabel Semprun, il s’introduit avec son épouse dans le Fort de Vénissieux, camp de transit pour les juifs destinés à être envoyés en Allemagne, en se présentant comme travailleur social. A partir de renseignements directement recueillis par Jean-Marie Soutou, 108 enfants juifs sont arrachés du camp de transit de Vénissieux et échappent ainsi à la déportation. Ce sauvetage vaudra à Jean-Marie Soutou de recevoir la médaille des Justes parmi les Nations en 1994.
Arrêté par la Gestapo à Lyon le 27 janvier 1943, il est incarcéré au Fort de Montluc et libéré un mois plus tard faute de preuves et grâce à l’intervention énergique du Cardinal Gerlier. Il passe en Suisse avec son épouse enceinte. Il entre en contact avec Georges Bidault et en août 1944 il rejoint la délégation suisse du gouvernement provisoire du général De Gaulle. Il prend goût au métier de la diplomate. Après la guerre, bien que candidat sans diplôme, il est reçu au concours spécial des Affaires Etrangères.
Dès lors il connaît une carrière brillante dans la diplomatie qui le conduira entre autres, de Belgrade à Milan en passant par Moscou. Connaissant bien l’URSS, fervent partisan de l’entente franco-allemande et européen convaincu, il intègre en 1954 comme adjoint, le cabinet de Pierre-Mendès France, alors président du Conseil et ministre des Affaires Etrangères. A ce poste il participe à toutes les grandes négociations européennes.
Il occupe par la suite divers postes prestigieux au sein de la diplomatie française parmi lesquels Ambassadeur de France à Alger, Représentant de la France auprès des Communautés européennes ou encore Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères.
Après sa carrière diplomatique, Jean-Marie Soutou poursuit son action en faveur des Droits de l’homme. C’est en qualité de Président de la Croix-Rouge française qu’il vient visiter l’antenne de Pau en 1980 où il découvre « le plus bel exemple qu’il m’ait été donné de voir jusqu’ici d’une véritable vie communautaire de notre association ».

Gérard Rouillon

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Le 11 novembre de Freddy Robins

dimanche 29 novembre 2015

Du 14/11/2015

 

 

 

 

 

Freddy Robins, ancien enfant juif rescapé en 1940, entouré du sous-préfet Olivier Maurel et du maire Pierre-Yves Briand. © Ph. S. B.

11 novembre 2015 : la date fait officiellement écho à l'armistice du 11 novembre 1918. Mais pour Freddy Robins, elle évoque plutôt l'année 1940, période sombre de l'histoire française. En marge des commémorations officielles, l'Australien de 80 ans se devait d'être en France, « dans sa France », à Châteaubernard.

Car le 11 novembre 1940, en la chapelle de Châteaubernard, Henriette et Joseph Briand - les grands-parents de l'actuel maire Pierre-Yves Briand - ont fait baptiser Freddy. De 1939 à 1946, le couple a pris sous son aile Frédéric Rubinsztajn, petit enfant juif de 4 ans, dont le nom a été volontairement francisé en Robinstède (Il le raccourcira ensuite en Robins, ndlr). Les lois sur le statut des Juifs, tout juste édictées, faisant craindre le pire.

« Un fait de résistance »

En 2011, à la suite des démarches entrepris par Freddy Robins, Joseph et Henriette Briand - décédés respectivement en 1957 et 1946 - ont été reconnus Justes parmi les nations par la commission de l'institut Yad Vashem Jerusalem. Ce qui a donné lieu à une cérémonie commémorative à Châteaubernard, le 18 juin 2012.

Alors, mercredi, devant la stèle en hommage aux Justes, Freddy Robins est revenu sur ce 11 novembre 1940 avec beaucoup d'émotion et a honoré le « caporal poilu issu de la Première guerre mondiale, Joseph Briand » qui, avec son épouse, a passé outre les lois édictées par le Maréchal Pétain. « Une situation grotesque » à une date symbolique pour « un fait de résistance » qui s'inscrivait dans « une France qui ne s'était pas remise de ce qui lui arrivait ». « Et ceci quand j'y pense, c'est une chose inouïe sans précédent », a ajouté Freddy Robins, la voix pleine de gratitude et heureux de pouvoir célébrer ce courage.

Sandra Balian

 



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Les parents d'un Vouvrillon Justes parmi les Nations

jeudi 12 novembre 2015

Du 10/11/2015

 

 

 

 

Un habitant de Vouvray assistera le 3 décembre, à La Haye, à la cérémonie pendant laquelle ses parents seront faits Justes parmi les Nations.

Anneke et Coen Van Tijen, en 1981 lors de la cérémonie des 70 ans du prince Bernard. - (Photo SD)

 C'est une belle histoire que raconte Coenrad Van Tijen, citoyen hollandais qui vit à Vouvray depuis 28 ans. Une belle histoire de résistance et d'amitié. « Je suis un peu gêné, se défend Coenrad, je n'ai pas compris tout de suite la portée de cette distinction… » Le 3 décembre en effet, ses parents, Coen et Anneke Van Tijen, seront faits « Justes parmi les Nations » lors d'une cérémonie à l'ambassade d'Israël à La Haye, et leur nom figurera au mémorial Yad Vashem.

S'il n'a compris qu'aujourd'hui ce que cela représentait, c'est parce qu'il lui est toujours paru naturel que ses parents aient caché Sylvain et Lisa Buzaglo-Joachimstal pendant trois ans et demi.

Sylvain et Lisa Buzglo-Joachimstal lors de leur mariage en août 1937. - (Photo SD)

" Encore plus fier de mes parents "

En 1942, le grand-père de Coenrad, qui était médecin à Amsterdam, avait comme patient ce couple de juifs. Et la situation commençait à devenir dangereuse pour eux. Le grand-père a donc demandé à son fils d'héberger Sylvain et Lisa, dans sa maison à Ede (Pays-Bas).  

« Mon père avait aménagé la maison pour qu'ils puissent fuir depuis ma chambre s'il y avait un danger », raconte Coenrad. « Mais de tout cela, je n'ai aucun souvenir. J'ai quelques flashs de bruits de bottes mêlés à des chants allemands. Je n'ai pas souvenir non plus des activités de mon père. »

Car Coen, militaire de métier, était devenu un grand résistant dont le courage fut récompensé par de nombreuses distinctions après la guerre.
« En 1943, quand on a obligé tous les officiers à se rendre, il a refusé et a dû lui aussi se cacher… Mais j'ai appris cela plus tard : mon père n'en parlait jamais, sans doute par modestie. » Mais pendant ce temps-là, Sylvain et Lisa, munis de faux papiers, ont pu continuer à occuper la maison familiale. Et Sylvain a pu lui aussi s'engager dans la résistance.
Quand la guerre s'est achevée en 1945, les deux couples, qui avaient repris une vie normale, sont devenus amis.

« Je me souviens que Sylvain et Lisa ne loupaient pas une Saint-Nicolas, le Noël de chez nous. Ils venaient avec les bras chargés de cadeaux et de friandises : pour nous, les enfants, c'était la fête ! »

Et quand Sylvain et Lisa ont eu une fille, ils l'ont appelée Anneke, en hommage à la mère de Coenrad. C'est d'ailleurs cette Anneke qui a fait les démarches pour que Coen et Anneke, disparus respectivement en 1997 et 1992, soient faits Justes parmi les Nations.
Coenrad en est aujourd'hui très honoré : « Mon père m'a légué la détestation de l'injustice. J'étais déjà très fier de mes parents : aujourd'hui, je le suis encore plus… »

François Bluteau


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Rostrenen - Deux Rostrenoises distinguées

mercredi 11 novembre 2015

Du 05/11/2015

 

 

 

 

Le 17 février prochain, deux Rostrenoises, Francine Girot-Jégou et Cézarine Le Floc'h-Rosemberg, deviendront, à titre posthume « Justes parmi les nations » pour avoir aidé deux petites réfugiées juives pendant l'occupation.
De gauche à droite, le 28 avril 2013, Marcelle Girot, devenue Mme Bourse, de Rostrenen, fille de Francine Girot-Jégou, qui recevra le titre attribué à sa mère ; Liliane dite Lili, l'une des jumelles, et son cousin Paul Thomas, venu lui aussi à Rostrenen a

 

Sont désignées, « Juste parmi les nations », les personnes qui ont protégé des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Un titre, délivré par la commission israélienne de Yad Vashem. Cette distinction est la plus haute attribuée par l'État d'Israël et ils sont 3.853 à l'avoir reçu en France. Des jumelles à protéger C'est suite à une « bouteille à la mer » et à un article paru dans Le Télégramme, en 2004, retrouvés par la Fédération des anciens combattants de Saint-Brieuc, que cette reconnaissance pour deux Rostrenoises a pris forme. Cet article relatait la protection et l'éducation pendant l'occupation nazie de deux petites jumelles juives, à Rostrenen : Liliane et Françoise, qui n'avaient que 3 ans à leur arrivée. Une absolue discrétion Cézarine Le Floc'h, Rostrenoise, mariée à l'époque à Julien Rosemberg, un fourreur parisien, était venue avec son mari, en 1941, se réfugier à Rostrenen, dans une petite maison située rue de La Marne. Quelque temps après, celle-ci dut repartir à Paris pour régler ses affaires et, de façon très courageuse, elle « récupéra » les deux petites jumelles restées cachées chez la concierge de l'immeuble à Paris. De retour à Rostrenen, la protection des enfants s'était organisée entre trois femmes qui ont su être discrètes malgré les risques : Cézarine Le Floch'-Rosemberg, Francine Girot-Jégou, qui tenait un bar dans la même rue, et la directrice de l'école publique, Mme Le Goff. Le risque était important. D'ailleurs, ulien Rosemberg fut dénoncé et n'est par revenu de déportation. Quant à Auguste Girot, mari de Francine et résistant, il sera lui aussi arrêté et mourra en camp. Retrouvailles en 2013 La « bouteille à la mer » eut comme première conclusion des retrouvailles, le 28 avril 2013, à Rostrenen, de Liliane, une des deux jumelles, des enfants de Cézarine et de la fille de Francine, Marcelle Girot. Élève elle-même à l'école publique de Rostrenen, elle se souvenait très bien des deux petites filles. Ces retrouvailles avaient été relatées dans notre édition du 29 avril 2013. Noms gravés à Jérusalem Dimanche 17 janvier prochain, a Rostrenen, le préfet des Côtes-d'Armor et un représentant du Gouvernement israélien, remettront en personne, médailles et diplômes, à titre posthume, à Cézarine et Francine, qui attestent de la reconnaissance des deux femmes au titre de « Justes parmi les Nations ». Leurs noms figureront dorénavant sur le mur d'honneur du Jardin des « Justes parmi les Nations », de Yad Vashem, à Jérusalem. Les titres seront remis à Marcelle Girot, fille de Francine et Paul Thomas, neveu de Cézarine.

 

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MONDRAGON - Le jour où Albertine Roche, 19 ans, a repoussé deux nazis

mercredi 11 novembre 2015

Du 01/11/2015

 

 

 

 

Le comité français pour Yad Vashem va décerner le 4 novembre à 10h30 à la salle des fêtes de Mondragon, la médaille de “Juste parmi les Nations” à Albertine Roche, née Fassier en 1925. En septembre 1944, Albertine avait repoussé deux soldats SS pour sauver trois enfants juifs, Alain, Gérard et Odette. 

Albertine Roche a 19 ans sur cette photographie. Elle tient Gérard Azouvi dans ses bras, à Villecien, dans l’Yonne. Gérard Roche vit toujours au domaine familial à Mondragon.

Albertine Fassier (née le 2/03/1925- décédée le 28/09/1984) est employée de maison. Elle va sauver, alors qu’elle n’a que 19 ans, Alain, Gérard Azouvi et leur cousine Odette Azouvi. En février 1944, Mauricette Azouvi doit partir à Paris avec son amie institutrice Andrée Leroy. Albertine a la garde des enfants. De bon matin, deux Allemands frappent au pavillon. Ils veulent Alain Azouvi. Stupéfaite, Albertine refuse de leur donner l’enfant. « Sa mère me l’a confié, si vous le prenez, je pars avec lui ». Ne sachant que faire, les Allemands repartent chercher des ordres à la Kommandantur à Joigny. Sans perdre un instant, Albertine court au café afin de téléphoner à Mauricette Azouvi. Il est rapidement décidé qu’Albertine emmènera Odette et Gérard chez Mme Truffaut, une habitante de Villecien et le petit Alain, chez les Danjou à Saint-Julien-du-Sault. Mme Danjou, est chargée de demander à Mme Leroy, la mère de l’institutrice, de venir chercher Alain et de le mettre en sûreté chez elle à Pont-sur-Yonne. Albertine regagne rapidement le pavillon. Les Allemands reviennent de Joigny. Albertine joue les innocentes prétendant que Mauricette est revenue prendre les enfants et qu’elle est partie sans lui laisser d’argent. Furieux, les Allemands renvoient Albertine et mettent les scellés sur la porte. Mauricette Azouvi et son amie rentrent de Paris dans la soirée. Albertine, Andrée Leroy et Mme Azouvi parviennent à récupérer quelques effets dans le pavillon en s’introduisant par la cave. Fin mars 1944, M. Azouvi loue une maison à Cros en Corrèze. Début avril, la famille est réunie. Le 21 mai 2014, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Albertine Fassier.

Alexandre GIRAUD 


 

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