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Leurs parents avaient caché un Juif en 1944 : ils racontent

lundi 28 avril 2014

Du 22/4/2014

 

 

 

Famille - Six frères parmi les treize enfants de Camille et Marie Guillaumin - PILLE Jean-Pierre Les ayants droit de Camille et Marie Guillaumin recevront dimanche la médaille des Justes parmi les nations de l’ambassadeur d’Israël en France.

Camille et Marie Guillaumin, les sauveurs de Charles Krameisen, en fuite pendant la tragédie des puits de Guerry (26 prisonniers juifs y été assassinés le 24 juillet 1944), se sont vus attribuer la médaille des Justes parmi les nations pour cette action.

Six frères, parmi les treize enfants du couple, racontent ce dont ils se souviennent de ces jours difficiles à la ferme où leurs parents ont caché Charles Krameisen.

« Il est arrivé entre 5 h 30 et 6 heures du matin »

Gabriel, le plus âgé des six réunis autour de la table de la salle à manger, chez Gérard, à Farges-en-Septaine, avait neuf ans à l’époque des faits. « Krameisen est arrivé entre 5h30 et 6 heures du matin. Moi, je ne l’ai pas vu. Je me souviens seulement qu’il y avait des chats dans la grange de la ferme. J’allais leur donner du lait, et ce jour-là, j’ai entendu du bruit dans le foin. Ne sachant rien, j’ai seulement pensé que le bruit venait des chats ».

Il n’y avait que les parents qui étaient au courant. Pas un seul enfant n’a su qu’il y avait quelqu’un caché dans la grange. « En plein mois de juillet, entre le foin et la toiture, il n’a pas dû avoir froid », pense Gabriel. Les autres frères, plus jeunes, n’ont pratiquement pas de souvenirs de ce qui se passait à la ferme.

« On pensait que la mère allait nourir les chats »

« Seulement la mère qui allait à la grange… Mais comme il y avait des chats, on se disait qu’elle leur portait à manger. Plus tard, elle disait qu’elle lui avait enlevé des épines plantées dans les jambes et les pieds », raconte Gérard. Tous sont d’accord sur la présence des félins, mais divergent un peu sur l’organisation du départ de Krameisen vers des lieux plus sûrs.

Après quelques instants, tout se remet en place. « Oui, rendez-vous était pris avec le boucher de Saint-Just aux quatre routes, croisement de la route de Savigny à Saint-Just et celle de Crosses à Soye. Mon père l’a accompagné, binette sur l’épaule pour faire croire que c’était un ouvrier agricole. Là, le père Mathurin l’a fait monter dans son camion, direction Saint Just. »

Charles Krameisen était visiblement sauvé, mais la famille Guillaumin ne l’était pas pour autant. « Nos parents ne nous ont rien dit. Pensez?! Des enfants peuvent raconter à l’école. Imaginez la suite?! »

Soixante-dix ans plus tard, Gabriel se souvient tout de même de Charles Krameisen. « La seule fois que je l’ai vu, c’est quand il est revenu avec ses enfants après la tragédie, sur les lieux de la tuerie. Un monsieur bien mis. » Quant à la médaille des Justes parmi les Nations remise à titre posthume : « On est bien sûr fiers de nos parents. Mais aujourd’hui, on est un peu âgés pour aller en Israël, à Yad Vashem, pour voir le nom de nos parents inscrits sur le Mur d’honneur du jardin des Justes ». 25 juillet 1944, 27 avril 2014, deux jours gravés à jamais dans la mémoire d’une famille. Juste et humble.

Jean-Pierre Pille


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Voyage des petits-enfants de Justes parmi les Nations français en Israël du 26 au 30 avril 2014

dimanche 20 avril 2014

Du 22/04/2014

 

Pour la cinquième année consécutive, la Fondation France Israël, présidée par l'ancien Ministre Nicole Guedj, conduira en partenariat avec le Comité français pour Yad Vashem, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, la SNCF et EL AL, une délégation de petits-enfants de Justes parmi les Nations français en Israël, du 26 au 30 avril 2014.

Français et Israéliens ont vécu, au cours de leur histoire, des temps de grande proximité et des temps d’éloignement. Créée par le Président de la République française, Monsieur Jacques Chirac et le Premier ministre israélien, Monsieur Ariel Sharon, la Fondation France Israël ambitionne aujourd’hui de les rapprocher dans les domaines de l’économie, de la culture, de la science ou encore de la mémoire. Mieux se comprendre pour mieux entreprendre, telle est notre devise.

« Mémoires de Justes parmi les Nations » est une initiative de la section jeune de la Fondation France Israël, qui a à coeur de transmettre la mémoire de la Shoah autrement, notamment aux nouvelles générations françaises.

En accordant une attention particulière aux descendants de Justes parmi les Nations, il s’agit à la fois d’humaniser cette mémoire parfois lointaine mais aussi de la positiver en soulignant les actes héroïques de ceux de nos concitoyens qui se sont élevés contre la barbarie nazie. 

A  l’occasion  des  cérémonies  de  commémoration  de  la  Shoah, ces « Ambassadeurs de la mémoire » rendront hommage à leurs grands-parents mais aussi aux Justes parmi les Nations français, qui ont sauvé des Juifs au péril de leur vie pendant la Seconde Guerre Mondiale.

A Yad Vashem, ils auront la fierté de découvrir le nom de leurs grands-parents sur le mur des Justes parmi les Nations et échangeront avec des rescapés de la Shoah, dont certains ont été protégés par leurs ancêtres.

De nombreuses rencontres avec des Israéliens seront également initiées pour pérenniser les liens indéfectibles qui unissent l’histoire des Justes parmi les Nations à celle de l’Etat d’Israël.

Selon Nicole GUEDJ : « L’histoire des Justes parmi les Nations, ces hommes et ces femmes d’exception qui ont sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale, est emprunte de courage, de dévouement et d’humilité. Aujourd’hui, nous voulons célébrer l’histoire de cette France qui s’est élevée contre la barbarie nazie et la transmettre en exemple aux nouvelles générations françaises et israéliennes. »

Forts de cette histoire, nourris de cette mémoire, nous pourrons nous tourner ensemble vers l’avenir.

 

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Une esplanade pour se souvenir des Justes du pays d'Aix

mercredi 26 mars 2014

Maryse Joissains et Serge Coen ont inauguré l'esplanade des Justes parmi les Nations. Face au Grand théâtre de Provence, le résultat de sept ans de travail.

Estelle et Elina, 11 ans, sont tout fières d'avoir été choisies pour dévoiler la stèle qui porte le nom d'un Juste parmi les Nations. Fières, mais savent-elles au moins pourquoi ?

"Bien sûr, nous l'avons appris à l'école mais nous le savions déjà avant, c'est de la culture générale ! Les Justes sont des personnes qui n'étaient pas juives mais qui ont aidé des juifs à échapper à la mort. Aurait-on fait la même chose à leur place ? Oui, ça c'est sûr : solidarité, fraternité, égalité... Bon, ce n'est pas dans le bon ordre, mais ce n'est pas grave !"

Non, ce n'est pas grave, ce qui importe, c'est l'idée de cette enfant en ce jour d'inauguration rempli d'hommes et de femmes politiques qui redeviennent des hommes et des femmes tout court le temps d'un souvenir. En face du Grand théâtre de Provence, l'esplanade affiche 17 stèles qui portent chacune les noms de Justes qui ont oeuvré au camp des Milles ou dans le pays d'Aix. Autant de noms et d'histoires dévoilés par les élèves de la Nativité et de l'école Juive, puis lus scrupuleusement pendant près de deux heures. Alain Chouraqui, président de la Fondation du mémorial du Camp des Milles, a soutenu le projet : "c'est merveilleux qu'une esplanade rende hommage aux Justes en plein coeur du centre ville d'Aix, un lieu qui donne foi en l'homme, un lieu qui donne de l'espoir." Et le travail a été long : sept ans pendant lesquels "il a fallu trouver un lieu, recenser avec précision les noms de ces Justes parmi les Nations, soumettre le projet au conseil municipal..." se souviennent Jacky Ayache, vice-président de la communauté juive d'Aix-en-Provence et Maurice Milon, tous deux à l'origine du projet, voté par 47 conseillers sur 50.

3800 en France

"Vous avez remarqué qu'il reste une stèle sans nom, relève Maurice Milon. En effet, d'autres dossiers sont, ou vont être instruits par Yad Vashem. Les noms seront inscrits sur ce totem et sur ceux qui seront ajoutés sur cette Esplanade. Nous espérons que seront ainsi honorés le Docteur Reibaud, le Docteur Duponois et Soeur Marie-Adrienne, alors Supérieure du Pensionnat de La Nativité qui avait hébergé et caché, à la demande de son père, Régina Zylberberg alors âgée de 13 ans, et ce à l'insu des enseignants, du personnel et des élèves".

Serge Coen, directeur régional de l'Institut Yad Vashem est gagné par la même émotion : "à l'heure où je vous parle, près de 3 800 Justes parmi les Nations ont été recensés en France. On le constate tous les jours, il ne suffit pas de dire 'plus jamais ça'."

Et puis, en dernier lieu, Maryse Joissains, maire d'Aix, a pris la parole d'abord pour remercier son "ami" le député Jean-David Ciot, pour sa présence : "nous avons été adversaires, il a gagné l'élection législative mais il faut faire preuve de fraternité et non d'exclusion. Nous sommes de gauche, de droite, du centre mais nous sommes avant tout des êtres humains alors ayons le courage de nous comporter comme tels," avant d'orienter son discours vers ceux dont les noms sont inscrits, à jamais, sur ces stèles et dans les mémoires.


Albert et Julie Arbomont. Lucien Arbomont. Edmond et Nelly Bartolini. Auguste et Marie-Jeanne Boyer. Monseigneur Marius Chalve. Louis Couhé. Jean Daniel. Soeur Marie-Gilberte Victoria Depo. André et Georgette Donnier. Pasteur Raymond-Eugène et Robert Ducasse. Pasteur Henri Manen et Alice Manen. Marie-Françoise Payre-Vigué. Révérend Père Joseph-Marie Perrin. Capitaine Henri Rioufol. Abbé Fernand Singerlé. Antoine et Denise Vigué.

 

Nadia Tighidet

 

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Un Plaisantin parmi les Justes

mardi 25 mars 2014

Du 15/03/2014

 

 

 

 

 

Lucien Lirou Lucien Lirou est né a Plaisance le 19 août 1913 dans une famille de boulangers qui exerçaient leur métier dans une maison située à l'angle des rues Sainte-Quitterie et Lafontaine, face à l'immeuble qui abrite maintenant l'école maternelle après avoir été le presbytère de la commune. Plus tard, la boulangerie déménageait impasse de l'Arros, dans un immeuble aujourd'hui détruit. Lucien et son frère aîné Jean, né en 1909, devenaient orphelins de leur père Joseph, décédé en 1920. Lucien partait à Pau apprendre le métier de boulanger, Jean devenait commis à la perception de Plaisance.

Le destin des deux frères se séparait une première fois avant de se réunir plus tard en région parisienne. Lucien devenait boulanger à Pau. Durant la Seconde Guerre mondiale, il protégeait, cachait, sauvait, sept personnes juives grâce à de faux papiers que lui procurait son frère Jean. Une de ces personnes, Esther Goltzmann, allait devenir son épouse à la fin des hostilités.

À titre posthume

Jean avait poursuivi sa carrière dans le Nord. Un trésorier payeur général, M. Beauville-Fourcade, le remarquait et le plaçait au service financier de l'Office national interprofessionnel des céréales à Paris : il allait en devenir directeur.

Lucien, « monté » à Paris, ouvrait une boulangerie rue Marbeuf. Il avait retrouvé son frère. Sur ses conseils, il créait à Pontoise la première boulangerie industrielle de France, proche des usines Renault, à Flins, et de Simca Poissy. Séparation encore des parcours quand Jean prenait sa retraite à Plaisance. Il en devenait maire-adjoint, avant de décéder en 1996. Lucien vivait à Paris avec son épouse Esther et disparaissait le 26 mars 2009. Mardi 25 mars, cinq ans après sa disparition, à 16 heures, au mémorial de la Shoah à Paris, Esther Lirou-Goltzmann, son épouse, recevra des mains de Yaron Gamburg, porte-parole de l'ambassade d'Israël en France, la médaille et le diplôme des Justes parmi les nations. Cette remise, faite à titre posthume à Lucien Lirou, est décernée par l'institut Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives qui ont sauvé des juifs sous l'occupation, au péril de leur vie.

Marcel Lavedan

 

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Mission Internationale en Pologne et en Israël pour marquer les 60 ans de Yad Vashem

samedi 1 février 2014

Yad Vashem souhaite rassembler tous ses amis de longue date, ainsi que la nouvelle génération, pour un voyage de mémoire et de transmission ; un voyage "de Pologne en Israël", du 11 au 19 juin 2014.

La première partie du voyage, du 11 au 15 juin, en Pologne, permettra, entre autre, de découvrir la nouvelle exposition permanente du block juif du camp d’Auschwitz, « SHOAH », réalisée par Yad Vashem et de participer, à Birkenau, à une cérémonie commémorative conjointe avec une délégation de l’Armée de Défense d’Israël. Nous visiterons également Cracovie et Varsovie, sur les traces de la communauté juive disparue.  

La seconde partie du voyage permettra de rencontrer les principaux leaders et autorités morales du peuple juif, de mesurer sur le terrain l’activité incessante de Yad Vashem, et d’assister aux cérémonies et au gala du soixantième anniversaire de Yad Vashem, en présence des dirigeants de l'état d'Israël. Nous aurons également l’occasion de découvrir les secteurs de pointe du pays à travers différentes rencontres avec des représentants du monde scientifique israélien du plus haut niveau, ainsi qu’avec le général en chef de l’armée de l’air israélienne, Amir Eshel,

 

Pour plus d’informations contactez :

Département International de Yad Vashem

Bureau Francophone, Tel : +972.2.6443424

Email : miry.gross@yadvashem.org.il

http://www.yadvashem60.org

 

 

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