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Un 67ème nom sur la liste des policiers et gendarmes JUSTES PARMI LES NATIONS

lundi 28 avril 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après l'avoir attribué voici peu de temps au gendarme André Martin, l'Institut Yad Vashem vient de décerner le titre de "Juste parmi les Nations" (dossier n° 12773 A) au commissaire de police Gérard Persillon. Son nom vient s'ajouter à ceux des 66 autres policiers et gendarmes qui, à ce jour, ont déjà reçu ce titre de "Juste" pour avoir osé désobéir, pour avoir eu le courage, parfois au péril de leur vie, de sauver des personnes juives sous l'Occupation nazie.  Voici, brièvement relatée, l'action salvatrice de ce commissaire et résistant en poste à Limoux (Aude) à l'égard de Perla Hauszwalb, une jeune fille juive originaire de Pologne. 

En janvier 1933, après le décès de son mari Moszek, Mme Mala Hauszwalb quitte la Pologne avec ses cinq enfants (trois filles et deux garçons) pour venir à Paris rejoindre des membres de sa famille commerçants chapeliers.  La fille aînée Hélène et les deux garçons travaillent bientôt dans l'atelier de leur oncle. 

En juillet 1942, le jour de la rafle du Vel' d'Hiv, Perla, la cadette (elle a alors 14 ans) a rendez-vous avec sa mère et sa soeur devant la station de métro Hôtel de Ville. Ne les voyant pas venir, Perla rentre à la maison pour découvrir que des scellés barrent la porte. Elle se rend alors au commissariat où on lui recommande de "partir vite". Après la guerre, Perla apprendra que sa mère et sa soeur ont été conduites à Drancy puis déportées le 24 juillet 1942 pour ne jamais revenir. 

La jeune Perla se cache d'abord chez sa tante Fanny qui l'envoie en zone libre rejoindre à Carcassonne ses oncles Henri et Maurice ainsi que son frère Shlomé réfugiés là-bas. Après une vaine tentative pour prendre un bateau vers les Etats-Unis, l'oncle Maurice parvient à placer Perla comme pensionnaire au collège de Limoux (Aude). Cela grâce à la directrice Mme Germaine Rousset qui n'ignore rien de la situation de l'adolescente. Encore faut-il pouvoir disposer de faux papiers pour masquer cette situation que l'occupation de la zone libre à partir de novembre 1942 rend plus que jamais périlleuse.

C'est là qu'intervient le jeune commissaire de police de Limoux. Il s'appelle Gérard Persillon. Alors âgé de 22 ans, nommé commissaire de police depuis peu (le 8 juillet 1942), il fournit en toute connaissance de cause une vraie-fausse carte d'identité à Perla qui va rester au collège jusqu'à la Libération. Dénoncé, son oncle Maurice est déporté et assassiné au camp de Majdanek.    

Perla Auszwalb s'est mariée, a aujourd'hui des enfants et des petits-enfants. Elle est revenue en 1998 à Limoux où elle a rencontré des amis et amies avec lesquels elle avait traversé cette triste époque au collège.

Le commissaire Gérard Persillon, quant à lui,  s'engage très vite dans la résistance. Membre du SSMF-TR et de l'AS, il accueille et assure la sécurité d'agents venus d'Alger, fabrique et fournit de faux-papiers, recueille de précieux renseignements (dont des informations qui sauvent le maquis de Picaussel), organise des passages clandestins à la frontière espagnole (dont celui d'un groupe de l'anncienne unité du général de Lattre). Informé de son arrestation prochaine, il fuit vers l'Espagne et Barcelone le 26 mai 1944 avant de rejoindre la France Libre à Alger. Après-guerre, il poursuit sa carrière dans la police. Il prend sa retraite en juin 1975, étant alors en poste à la direction départementale des polices urbaines à Marseille.   


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Leurs parents avaient caché un Juif en 1944 : ils racontent

lundi 28 avril 2014

Du 22/4/2014

 

 

 

Famille - Six frères parmi les treize enfants de Camille et Marie Guillaumin - PILLE Jean-Pierre Les ayants droit de Camille et Marie Guillaumin recevront dimanche la médaille des Justes parmi les nations de l’ambassadeur d’Israël en France.

Camille et Marie Guillaumin, les sauveurs de Charles Krameisen, en fuite pendant la tragédie des puits de Guerry (26 prisonniers juifs y été assassinés le 24 juillet 1944), se sont vus attribuer la médaille des Justes parmi les nations pour cette action.

Six frères, parmi les treize enfants du couple, racontent ce dont ils se souviennent de ces jours difficiles à la ferme où leurs parents ont caché Charles Krameisen.

« Il est arrivé entre 5 h 30 et 6 heures du matin »

Gabriel, le plus âgé des six réunis autour de la table de la salle à manger, chez Gérard, à Farges-en-Septaine, avait neuf ans à l’époque des faits. « Krameisen est arrivé entre 5h30 et 6 heures du matin. Moi, je ne l’ai pas vu. Je me souviens seulement qu’il y avait des chats dans la grange de la ferme. J’allais leur donner du lait, et ce jour-là, j’ai entendu du bruit dans le foin. Ne sachant rien, j’ai seulement pensé que le bruit venait des chats ».

Il n’y avait que les parents qui étaient au courant. Pas un seul enfant n’a su qu’il y avait quelqu’un caché dans la grange. « En plein mois de juillet, entre le foin et la toiture, il n’a pas dû avoir froid », pense Gabriel. Les autres frères, plus jeunes, n’ont pratiquement pas de souvenirs de ce qui se passait à la ferme.

« On pensait que la mère allait nourir les chats »

« Seulement la mère qui allait à la grange… Mais comme il y avait des chats, on se disait qu’elle leur portait à manger. Plus tard, elle disait qu’elle lui avait enlevé des épines plantées dans les jambes et les pieds », raconte Gérard. Tous sont d’accord sur la présence des félins, mais divergent un peu sur l’organisation du départ de Krameisen vers des lieux plus sûrs.

Après quelques instants, tout se remet en place. « Oui, rendez-vous était pris avec le boucher de Saint-Just aux quatre routes, croisement de la route de Savigny à Saint-Just et celle de Crosses à Soye. Mon père l’a accompagné, binette sur l’épaule pour faire croire que c’était un ouvrier agricole. Là, le père Mathurin l’a fait monter dans son camion, direction Saint Just. »

Charles Krameisen était visiblement sauvé, mais la famille Guillaumin ne l’était pas pour autant. « Nos parents ne nous ont rien dit. Pensez?! Des enfants peuvent raconter à l’école. Imaginez la suite?! »

Soixante-dix ans plus tard, Gabriel se souvient tout de même de Charles Krameisen. « La seule fois que je l’ai vu, c’est quand il est revenu avec ses enfants après la tragédie, sur les lieux de la tuerie. Un monsieur bien mis. » Quant à la médaille des Justes parmi les Nations remise à titre posthume : « On est bien sûr fiers de nos parents. Mais aujourd’hui, on est un peu âgés pour aller en Israël, à Yad Vashem, pour voir le nom de nos parents inscrits sur le Mur d’honneur du jardin des Justes ». 25 juillet 1944, 27 avril 2014, deux jours gravés à jamais dans la mémoire d’une famille. Juste et humble.

Jean-Pierre Pille


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Voyage des petits-enfants de Justes parmi les Nations français en Israël du 26 au 30 avril 2014

dimanche 20 avril 2014

Du 22/04/2014

 

Pour la cinquième année consécutive, la Fondation France Israël, présidée par l'ancien Ministre Nicole Guedj, conduira en partenariat avec le Comité français pour Yad Vashem, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, la SNCF et EL AL, une délégation de petits-enfants de Justes parmi les Nations français en Israël, du 26 au 30 avril 2014.

Français et Israéliens ont vécu, au cours de leur histoire, des temps de grande proximité et des temps d’éloignement. Créée par le Président de la République française, Monsieur Jacques Chirac et le Premier ministre israélien, Monsieur Ariel Sharon, la Fondation France Israël ambitionne aujourd’hui de les rapprocher dans les domaines de l’économie, de la culture, de la science ou encore de la mémoire. Mieux se comprendre pour mieux entreprendre, telle est notre devise.

« Mémoires de Justes parmi les Nations » est une initiative de la section jeune de la Fondation France Israël, qui a à coeur de transmettre la mémoire de la Shoah autrement, notamment aux nouvelles générations françaises.

En accordant une attention particulière aux descendants de Justes parmi les Nations, il s’agit à la fois d’humaniser cette mémoire parfois lointaine mais aussi de la positiver en soulignant les actes héroïques de ceux de nos concitoyens qui se sont élevés contre la barbarie nazie. 

A  l’occasion  des  cérémonies  de  commémoration  de  la  Shoah, ces « Ambassadeurs de la mémoire » rendront hommage à leurs grands-parents mais aussi aux Justes parmi les Nations français, qui ont sauvé des Juifs au péril de leur vie pendant la Seconde Guerre Mondiale.

A Yad Vashem, ils auront la fierté de découvrir le nom de leurs grands-parents sur le mur des Justes parmi les Nations et échangeront avec des rescapés de la Shoah, dont certains ont été protégés par leurs ancêtres.

De nombreuses rencontres avec des Israéliens seront également initiées pour pérenniser les liens indéfectibles qui unissent l’histoire des Justes parmi les Nations à celle de l’Etat d’Israël.

Selon Nicole GUEDJ : « L’histoire des Justes parmi les Nations, ces hommes et ces femmes d’exception qui ont sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale, est emprunte de courage, de dévouement et d’humilité. Aujourd’hui, nous voulons célébrer l’histoire de cette France qui s’est élevée contre la barbarie nazie et la transmettre en exemple aux nouvelles générations françaises et israéliennes. »

Forts de cette histoire, nourris de cette mémoire, nous pourrons nous tourner ensemble vers l’avenir.

 

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Une esplanade pour se souvenir des Justes du pays d'Aix

mercredi 26 mars 2014

Maryse Joissains et Serge Coen ont inauguré l'esplanade des Justes parmi les Nations. Face au Grand théâtre de Provence, le résultat de sept ans de travail.

Estelle et Elina, 11 ans, sont tout fières d'avoir été choisies pour dévoiler la stèle qui porte le nom d'un Juste parmi les Nations. Fières, mais savent-elles au moins pourquoi ?

"Bien sûr, nous l'avons appris à l'école mais nous le savions déjà avant, c'est de la culture générale ! Les Justes sont des personnes qui n'étaient pas juives mais qui ont aidé des juifs à échapper à la mort. Aurait-on fait la même chose à leur place ? Oui, ça c'est sûr : solidarité, fraternité, égalité... Bon, ce n'est pas dans le bon ordre, mais ce n'est pas grave !"

Non, ce n'est pas grave, ce qui importe, c'est l'idée de cette enfant en ce jour d'inauguration rempli d'hommes et de femmes politiques qui redeviennent des hommes et des femmes tout court le temps d'un souvenir. En face du Grand théâtre de Provence, l'esplanade affiche 17 stèles qui portent chacune les noms de Justes qui ont oeuvré au camp des Milles ou dans le pays d'Aix. Autant de noms et d'histoires dévoilés par les élèves de la Nativité et de l'école Juive, puis lus scrupuleusement pendant près de deux heures. Alain Chouraqui, président de la Fondation du mémorial du Camp des Milles, a soutenu le projet : "c'est merveilleux qu'une esplanade rende hommage aux Justes en plein coeur du centre ville d'Aix, un lieu qui donne foi en l'homme, un lieu qui donne de l'espoir." Et le travail a été long : sept ans pendant lesquels "il a fallu trouver un lieu, recenser avec précision les noms de ces Justes parmi les Nations, soumettre le projet au conseil municipal..." se souviennent Jacky Ayache, vice-président de la communauté juive d'Aix-en-Provence et Maurice Milon, tous deux à l'origine du projet, voté par 47 conseillers sur 50.

3800 en France

"Vous avez remarqué qu'il reste une stèle sans nom, relève Maurice Milon. En effet, d'autres dossiers sont, ou vont être instruits par Yad Vashem. Les noms seront inscrits sur ce totem et sur ceux qui seront ajoutés sur cette Esplanade. Nous espérons que seront ainsi honorés le Docteur Reibaud, le Docteur Duponois et Soeur Marie-Adrienne, alors Supérieure du Pensionnat de La Nativité qui avait hébergé et caché, à la demande de son père, Régina Zylberberg alors âgée de 13 ans, et ce à l'insu des enseignants, du personnel et des élèves".

Serge Coen, directeur régional de l'Institut Yad Vashem est gagné par la même émotion : "à l'heure où je vous parle, près de 3 800 Justes parmi les Nations ont été recensés en France. On le constate tous les jours, il ne suffit pas de dire 'plus jamais ça'."

Et puis, en dernier lieu, Maryse Joissains, maire d'Aix, a pris la parole d'abord pour remercier son "ami" le député Jean-David Ciot, pour sa présence : "nous avons été adversaires, il a gagné l'élection législative mais il faut faire preuve de fraternité et non d'exclusion. Nous sommes de gauche, de droite, du centre mais nous sommes avant tout des êtres humains alors ayons le courage de nous comporter comme tels," avant d'orienter son discours vers ceux dont les noms sont inscrits, à jamais, sur ces stèles et dans les mémoires.


Albert et Julie Arbomont. Lucien Arbomont. Edmond et Nelly Bartolini. Auguste et Marie-Jeanne Boyer. Monseigneur Marius Chalve. Louis Couhé. Jean Daniel. Soeur Marie-Gilberte Victoria Depo. André et Georgette Donnier. Pasteur Raymond-Eugène et Robert Ducasse. Pasteur Henri Manen et Alice Manen. Marie-Françoise Payre-Vigué. Révérend Père Joseph-Marie Perrin. Capitaine Henri Rioufol. Abbé Fernand Singerlé. Antoine et Denise Vigué.

 

Nadia Tighidet

 

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Un Plaisantin parmi les Justes

mardi 25 mars 2014

Du 15/03/2014

 

 

 

 

 

Lucien Lirou Lucien Lirou est né a Plaisance le 19 août 1913 dans une famille de boulangers qui exerçaient leur métier dans une maison située à l'angle des rues Sainte-Quitterie et Lafontaine, face à l'immeuble qui abrite maintenant l'école maternelle après avoir été le presbytère de la commune. Plus tard, la boulangerie déménageait impasse de l'Arros, dans un immeuble aujourd'hui détruit. Lucien et son frère aîné Jean, né en 1909, devenaient orphelins de leur père Joseph, décédé en 1920. Lucien partait à Pau apprendre le métier de boulanger, Jean devenait commis à la perception de Plaisance.

Le destin des deux frères se séparait une première fois avant de se réunir plus tard en région parisienne. Lucien devenait boulanger à Pau. Durant la Seconde Guerre mondiale, il protégeait, cachait, sauvait, sept personnes juives grâce à de faux papiers que lui procurait son frère Jean. Une de ces personnes, Esther Goltzmann, allait devenir son épouse à la fin des hostilités.

À titre posthume

Jean avait poursuivi sa carrière dans le Nord. Un trésorier payeur général, M. Beauville-Fourcade, le remarquait et le plaçait au service financier de l'Office national interprofessionnel des céréales à Paris : il allait en devenir directeur.

Lucien, « monté » à Paris, ouvrait une boulangerie rue Marbeuf. Il avait retrouvé son frère. Sur ses conseils, il créait à Pontoise la première boulangerie industrielle de France, proche des usines Renault, à Flins, et de Simca Poissy. Séparation encore des parcours quand Jean prenait sa retraite à Plaisance. Il en devenait maire-adjoint, avant de décéder en 1996. Lucien vivait à Paris avec son épouse Esther et disparaissait le 26 mars 2009. Mardi 25 mars, cinq ans après sa disparition, à 16 heures, au mémorial de la Shoah à Paris, Esther Lirou-Goltzmann, son épouse, recevra des mains de Yaron Gamburg, porte-parole de l'ambassade d'Israël en France, la médaille et le diplôme des Justes parmi les nations. Cette remise, faite à titre posthume à Lucien Lirou, est décernée par l'institut Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives qui ont sauvé des juifs sous l'occupation, au péril de leur vie.

Marcel Lavedan

 

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