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Louis-Joseph Bernard parmi les Justes

samedi 7 septembre 2013

Du 07/09/2013

 

 

 

 

M. et Mme Broussard devant la maison de leur oncle... - (dr)  M et Mme Michel Broussard doivent prolonger leurs vacances dans leur maison au 4 rue du Parc à Saint-Julien-l'Ars pour une raison très exceptionnelle : dimanche, à la mairie de Lussac-les-Châteaux, Mme Yona Hayer, ministre déléguée aux affaires juridiques de l'ambassade d'Israël en France, remettra à titre posthume la médaille et le diplôme des Justes parmi les Nations, décernés par l'Institut Yad Vashem à Louis-Joseph Bernard, l'oncle de Michel.

Cette annonce a surpris toute la famille. « J'allais à la pêche avec lui. Jamais une confidence », déclare Michel sidéré.

Taiseux modeste

Louis-Joseph dit « Jojo Bernard » vivait avec ses parents dans la maison qu'occupe actuellement Michel Broussard. Il était facteur à Saint-Julien-l'Ars, faisait sa tournée sur Jardres ce qui lui permettait de franchir la ligne de démarcation. Le témoignage de Mme Simone Guez épouse Furmansky révèle qu'en octobre 1941, il a conduit la mère et deux des enfants non loin de la ligne où les attendait Julien David (1), garde champêtre à Lussac-les-Châteaux. Il a mis en lieu sûr les deux derniers avant de les faire passer avec lui : « Ce sont deux petits Français que j'emmène avec moi afin de les restaurer. » En février 1942, M. Bernard a fait passer à nouveau Simone qui a dupé les policiers sur son identité.
Simone n'a eu de cesse de retrouver ceux qui l'avaient ainsi aidée (gratuitement), elle et toute sa famille (les 5 enfants sont tous vivants). C'est elle aussi qui signale que le facteur a été arrêté en 1944 avec du courrier clandestin, enfermé à la prison de la Pierre Levée à Poitiers mais n'a jamais parlé.
Il n'a jamais parlé ni ce jour-là, ni après. Peut-être pour Louis-Joseph, taiseux modeste, était-ce une évidence… Dans le village, certains se souviennent d'un vieux célibataire très gentil. Mais peut-être d'autres ont-ils des souvenirs. Auquel cas, Léandre Martin de la VAPRVM est prêt à recueillir tous les témoignages concernant Louis-Joseph Bernard.

Léandre Martin 

 

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Reconnu Juste parmi les nations

mardi 3 septembre 2013

Du 03/09/2013

 

 

 

 

 


Barnea Hassid, consul général d’Israël, Claude et Yolande Pinson, Jacques Billant, préfet, et Jean-Paul Rochoir, maire. En arrière-plan, Pierre Osowiechi, vice-président national de Yad Vashem, et Bernard Pouget, sous-préfet de Bergerac. (Photo J. Boujou) Pierre Pinson a reçu à titre posthume la distinction de Yad Vashem.

Le titre de Juste parmi les nations a été remis lundi dernier à Prigonrieux aux enfants de Pierre Pinson par la représentation française de l’Institut Yad Vashem de Jérusalem. Cette cérémonie digne et empreinte d’émotion a rassemblé plus d’une centaine de personnes autour de nombreux élus.

Pierre Pinson, entré en Résistance à Prigonrieux en juillet 1941 et fondateur du groupe de résistants forcelais Loiseau en 1942, a été tué par une patrouille nazie le 9 juillet 1944 à Beaumont-du-Périgord. Il a participé à de nombreux combats en Bergeracois et a aussi œuvré pour soustraire les familles juives Klapholtz et Fenster à la Déportation. Les descendants de ces familles, présents, ont témoigné.

Faux papiers

Pierre Pinson, typographe de formation, avait non seulement logé et nourri ces familles, mais aussi fabriqué des faux papiers qui leur ont permis d’échapper à une rafle puis de gagner la Suisse via la Savoie.

Les associations locales d’anciens combattants et de résistants étaient présentes, ainsi donc que les enfants de Pierre Pinson, Claude Pinson et Yolande Zarratin-Pinson (ils avaient moins de 5 ans quand leur père a été tué), et ses petits-enfants. L’Association de recherches archéologiques et historiques du Pays de La Force (Arah) était représentée par son président Jacques-Henri Crémer et par plusieurs de ses membres, dont Michel Souloumiac, auteur de l’ouvrage « Le Commandant Pinson, la Résistance en Pays de La Force ».

Des membres du Conseil municipal d’enfants de Prigonrieux ont lu des poèmes, tandis qu’Eddy Galbourdin a interprété « Le Chant des partisans » et « Nuit et Brouillard », avant que ne retentissent les hymnes nationaux israéliens et français.

Le nom de Pierre Pinson sera gravé sur le mur d’honneur dans le Jardin des Justes parmi les nations à Jérusalem.

 

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Tence : la médaille de Justes parmi les nations pour les époux Fournier

samedi 24 août 2013

 

 

 

 

 

Le consul d'Israël remettait la médaille des Justes à la belle fille des époux Fournier. Jeudi après midi, la salle de la gare accueillait environ 130 personnes pour assister à la remise, à titre posthume, de la médaille de Justes parmi les nations à Lydie et Henri Fournier pour le sauvetage d’enfants Juifs dans leur ferme d’Istor, du hameau de Chaumargeais. Cette cérémonie animée conjointement par Brigitte Renaud, maire de la commune, et Michel Pabiou, président de l’association Les Amis du Vieux Tence, débutait avec une présentation historique de ce qui devait devenir l’Ecole des Prophètes, présentation menée par Fabienne Crouzet et Patrick Toledano, historiens spécialistes.

A l’issue de ce portrait, la parole était laissée aux élus ; Isabelle Valentin, suppléante de Laurent Wauquiez excusé, insistait sur les notions de respect et d’admiration qu’inspirent les actes des Justes.
Jean-Pierre Marcon, vice-président du conseil général, affirmait "Ma visite à Yad Vashem m’a permis d’apprendre beaucoup de choses sur le territoire qui m’a vu naître".
Didier Cerf, délégué régional du comité français pour Yad Vashem, retraçait l’historique de l’institution et se déclarait ravi d’ajouter les noms de Lydie et Henri Fournier à la liste des 3 654 Justes de France déjà honorés.
C’est Barnea Hassid, consul général d’Israël à Marseille, qui procédait à la remise du diplôme et de la médaille de Justes parmi les Nations, à titre posthume aux deux récipiendaires, en présence de leur belle-fille et de leurs petits enfants.
Mireille Jacon Fournier, descendante de la famille honorée, remerciait Yad Vashem pour cette distinction, se déclarant au nom de toute sa famille "très fière de ce qu’ils ont fait, une action qu’ils ont réalisée sans en attendre quoi que ce soit".
Elle remerciait Itzaq Mikaeli et Francis Weill "qui ont œuvré pour cette distinction".
Anciens enfants cachés et descendants témoignaient ensuite successivement.

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Labastide-Rouairoux. Toussaint, Mathilde et Laure, Justes parmi les Nations

mercredi 24 juillet 2013

Publié le 24/07/2013

 

 

 

 

Héros anonymes, Toussaint et Mathilde Gazel ont montré le plus beau visage de l'humanité . / Photo DDM .

Le titre de «Juste parmi les nations» est la plus haute distinction civile attribuée par l’État d’Israël à ceux qui, durant la seconde guerre mondiale et au péril de leur vie, ont sauvé des Juifs du Nazisme. Elle vient d’être décernée à titre posthume à Toussaint Gazel, Mathilde Gazel et Laure Tailhades pour avoir hébergé, caché et sauvé de la déportation et d’une mort certaine Moïcha Levin, Mindlia Levin et Jemina Olschwang née Levin, à Marthomis, un hameau proche de l’agglomération Bastidienne (commune de Courniou). Guy et Claude Tailhades, petit-fils et petit neveu de Toussaint Gazel aujourd’hui décédé ont reçu médaille et diplôme des mains de Barnéa Hassid, consul général d’Israël à Marseille lors d’une cérémonie très émouvante qui s’est déroulée dans le salon d’honneur de l’hôtel de ville. «Nuit et brouillard», la voix de Jean Ferrat s’élevant dans un silence recueilli ouvrait la cérémonie. Le Dr Albert Seifer, délégué Midi-Pyrénées du comité Français Yad Vashem en charge d’honorer et de transmettre la mémoire des 6 millions de Juifs (*) exterminés évoquait ensuite le sort tragique de son peuple et la création en 1963 du comité puis du «Mur des Justes» ou sont inscrits les noms de tous ceux qui ont sauvé des Juifs des griffes des Nazis, gage de reconnaissance et de gratitude de l’Etat et du peuple d’Israël . Très ému de retrouver tant d’années plus tard la famille des sauveurs de son grand-père, Daniel Olschwang évoquait lui «une cérémonie qui fait reculer la nuit et l’oubli.»

* Durant la seconde guerre mondiale, 6 millions de Juifs de 21 pays sous domination nazie furent exterminés. En France, 76 000 juifs dont 11 000 enfants furent déportés ; 2 550 d’entre eux sont revenus et pas un seul enfant parmi eux. Pourtant les trois quarts des Juifs vivant en France ont eu la vie sauve.

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2 Graulhétois Justes parmi les Nations

mardi 23 juillet 2013

Publié le 23/07/2013

 

 

 

 

La cérémonie a eu lieu dans la salle de la République. Jeanne et Edouard Schwander ont reçu à titre posthume le diplôme d’honneur de «Justes parmi les Nations». Depuis avril 2010 Jacqueline Fischer, née Grumbach, se battait pour faire reconnaître comme tels ces Graulhétois qui ont accepté de la cacher, au péril de leur vie, ainsi que son frère Pierre et ses parents.

«Nous habitions Paris où mon père gérait un comptoir du cuir. Quand la guerre a éclaté nous sommes partis à Graulhet, mon père y ayant un dépôt de cuir» explique Jaqueline qui fréquentait alors le lycée d’Albi tandis que Pierre était scolarisé à Graulhet. Jules, spolié de son magasin, parcourrait la campagne à bicyclette à la recherche de ravitaillement. C’est alors qu’il fait la connaissance de la famille Schwander, habitant dans une grande maison isolée à Saint-Hilaire. «Ma mère avait demandé aux Schwander s’ils pourraient nous héberger en cas de besoin. Et c’est ainsi que début février 1944, mes parents, mon frère Pierre et moi-même gagnions à bicyclette, en pleine nuit noire, la maison des Schwander», poursuit Jacqueline.

Les Schwander avaient cinq enfants, Michel qui était soldat, Renée, Marie-Thérèse, Marie-Claire et Jean-Louis. Auguste Schwander travaillait dans une usine de colle et de savon à Graulhet. «Marie-Thérèse et Renée nous avaient cédé leurs chambres. Nous vivions reclus et sortions la nuit. Je me souviens que nous allions marcher le long du Dadou, qui sentait alors très mauvais», confie Jacqueline. La visite inattendu d’un voisin qui causant un vent de panique, le partage des légumes et produits d’élevage pour n’éveiller aucun doute... Les anecdotes sont nombreuses.

Après la libération la famille Grumbach rejoint Graulhet, puis Paris. «J’avoue que j’étais assez insouciante, j’étais portée par mes parents et n’avais pas cette angoisse qu’ils connaissaient, eux, au quotidien. En fait, pour moi, il était impossible qu’il nous arrive quelque chose !», conclut Jacqueline, qui est revenue sur Graulhet, notamment avec ses enfants pour leur montrer où elle était cachée.

La distinction a été remise par Barnéa Hassid, consul général d’Israël à Marseille et le docteur Albert Seifer, délégué régional du comité français pour Yad Vashem.

 

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Discours de François Guguenheim, vice président du Comité Français pour Yad Vashem

lundi 22 juillet 2013

Publié le 22/07/2013

 

 

 

 

 

 

François Gugenheim

Si nous avons rappelé la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français, nous sommes ici aussi pour honorer la mémoire des « Justes » de France, « ceux qui ont été des lumières dans la nuit de la Shoah, comme il est écrit au Panthéon, ces « Justes parmi les Nations » selon la dénomination officielle de l’état d’Israël.

« Cette transmission des valeurs, cela s’appelle la civilisation contre la barbarie : c’est la preuve que la morale a fini par gagner contre l’innommable, mais au prix de combien de vies innocentes massacrées : six millions dont un million et demi d’enfants »

Aussi je souhaite, pour ma part, au nom du Comité français pour Yad Vashem, rappeler combien ce travail de reconnaissance envers les Justes est au cœur de notre mission ; comme il est au cœur de la mission de l’Institut Yad Vashem à Jérusalem ; comme il est au cœur de celles et ceux qui leur doivent la vie ; comme enfin il doit être au cœur de tous ceux qui, hier comme aujourd’hui, admirent leur courage et leur générosité quand la barbarie était monnaie courante.

Qui étaient-ils ? Paysans, instituteurs, religieux, ouvriers, grands bourgeois, petits fonctionnaires, gendarmes, cheminots…. tous ont pris l’immense risque de n’écouter que leur conscience, au péril de leur propre vie, pour protéger, cacher, nourrir, loger et sauver ces êtres, ces milliers d’enfants traqués, pourchassés par les nazis et le gouvernement de Vichy, pour la seule raison d’être nés de religion juive.

Chaque année, ce sont de nouvelles histoires extraordinaires que nous découvrons. Ce sont des enfants ou des petits enfants qui en France, en Israël, au Canada, en Australie, découvrent les enfants et petits-enfants des Français qui sauvèrent leurs parents et grands-parents. Et tout à l’heure, l’une d’entre elles, Sabine Gagnier, petite fille du Pasteur Pierre Gagnier et de son épouse Hélène, prendra a parole, elle qui fut du voyage des descendants des Justes de France en Israël, un voyage que nous organisons ensemble avec la Fondation France-Israël.

Mais cette année, c’est une autre histoire dont je veux dire quelques mots car elle nous redonne espoir et foi dans les valeurs de la République, dans l’humanité : je veux parler du voyage que nous venons d’organiser avec plus de vingt maires de France à Jérusalem.

Quarante sept villes font aujourd’hui partie du réseau des Villes et Villages des Justes parmi les Nations que nous venons de créer. Je souhaite les remercier, remercier ces villes et communes de France qui ont décidé de rendre hommage aux Justes parmi les Nations, dans une rue, sur une place, dans un jardin. Et nous verrons demain, à l’entrée de ces villes et villages, un panneau avec le logo de Yad Vashem et le texte « Réseau des Villes et Villages des Justes parmi les Nations » panneau qui honorera ces communes

Aussi j’invite ces deux mille communes et villes de France qui ont, par le passé, honoré un ou plusieurs Justes, à rejoindre ce Réseau afin de rappeler à leurs concitoyens, et surtout aux jeunes générations, que l’histoire de la Shoah doit être dite et redite avec ses pages d’ombre terrible mais aussi ses pages de lumière : dire qu’ici et là, partout en France, mais pas uniquement en France, il y a eu des héros individuels qui ont su agir au nom de leur conscience ; rappeler aussi qu’il n’y a pas eu que des héros mais aussi des traitres, des complices, des lâches, des indifférents, des racistes et des antisémites.

Cet enseignement citoyen permettra de lutter constamment contre les idées de celles et ceux qui veulent entretenir le négationnisme et refusent les valeurs de la République française bafouées pendant cette période de 1930-1945.

Avec toutes ces villes et communes de France, nous enseignerons aux nouvelles générations qu’elles doivent à apprendre l’histoire, l’histoire avec ses bourreaux mais aussi ses héros.

Et parmi ces héros, il y eut le Pasteur Pierre Gagnier et son épouse Hélène, nommés Justes parmi les Nations. Je suis donc très heureux de passer la parole à leur petite fille, Madame Sabine Gagnier.

Que les enfants et petits-enfants de ceux qui furent sauvés n’oublient jamais ceux qui les sauvèrent. Qu’ils le racontent à leur tour à leurs enfants et à leurs petits-enfants.

Que les enfants et petits-enfants des Justes parmi les Nations transmettent la merveilleuse histoire de leurs parents ou grands-parents, dont ils peuvent être fiers, à leurs propres enfants et petits-enfants.

Cette transmission des valeurs, cela s’appelle la civilisation contre la barbarie : c’est la preuve que la morale a fini par gagner contre l’innommable, mais au prix de combien de vies innocentes massacrées : six millions dont un million et demi d’enfants.

Monsieur le Ministre, Mesdames Messieurs, notre mission est permanente, elle ne doit jamais cesser.  

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