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Varsovie - Concours pour honorer des Polonais ayant sauvé des Juifs pendant la Shoah

mardi 9 septembre 2014

Du 09/09/2014

 

 

 

Liquidation du ghetto de Varsovie par les nazis. (Crédit : autorisation USHMM) Le projet gagnant du mémorial « Aux sauveurs, les sauvés » sera choisi en avril 2015 et il devra être réalisé à l’automne

Un concours international d’architecture, pour la création d’un site ou monument, a été lancé lundi à Varsovie pour rendre hommage aux Polonais qui pendant l’occupation allemande sauvaient des Juifs, a annoncé la fondation Mémoire et Avenir, à l’origine du projet « Aux sauveurs, les sauvés ».

« Ce monument sera un geste de remerciement, non pas d’un gouvernement, d’une municipalité, mais de la diaspora juive, de ces Juifs qui ont été sauvés et dont les descendants veulent maintenant exprimer leur reconnaissance », a indiqué le fondateur de Mémoire et Avenir Zbigniew Rolat, au cours d’une conférence de presse au siège du Musée de l’Histoire des Juifs de Pologne que va jouxter ce mémorial.

Les organisateurs souhaitent que les projets proposés dépassent le cadre d’un monument figuratif classique et s’inscrivent dans l’espace public autour du musée et du monument tout proche aux héros du Ghetto de Varsovie.

Il doit s’insérer également dans la vie du quartier qui l’entoure, ancien quartier juif de la capitale polonaise, transformé en ghetto par les nazis allemands et entièrement rasé après sa liquidation en 1943.

Le grand musée d’Histoire des Juifs de Pologne ouvrira officiellement ses portes le 28 octobre, pour témoigner d’une coexistence millénaire complexe entre Juifs et Polonais.

Le musée est appelé à devenir un grand centre d’animation culturelle, dotée d’un riche programme de rencontres théâtrales, cinématographiques, musicales et scientifiques, avec débats et ateliers.

Le projet gagnant du mémorial « Aux sauveurs, les sauvés » sera choisi en avril 2015 et il devra être réalisé à l’automne.

Un deuxième monument dédié aux « Justes parmi les Nations », financé, lui, par la mairie de Varsovie, doit être inauguré également l’an prochain dans le centre de la capitale polonaise. Des milliers de noms de Polonais doivent y figurer.

Plus de 6 000 Polonais ont été jusqu’à présent honorés avec la médaille de Juste parmi les Nations par le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem où sont plantés des arbres en leur mémoire.

Près de six millions de Polonais, dont environ trois millions de Juifs, ont trouvé la mort pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

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Saint-Amand-Montrond - La troisième édition qui a eu lieu hier à la Cité de l’or a attiré les mélomanes

lundi 8 septembre 2014

Du 08/09/2014
       
       
    
   
   
 
Le chœur juif de France, dirigé par Hector Sabo a donné hier après-midi un concert splendide de chants liturgiques des Juifs ashkénazes devant une salle presque pleine. Pour sa troisième édition, Vox Aurea Via Sacra avait choisi de mettre à l’honneur la musique sacrée juive. Un tel colloque n’avait peu été organisé, en France, depuis 1965. Celui d’hier devrait faire date.

La musique sacrée juive plébiscitée

«Le colloque ne portait pas sur un sujet drôle. Il fallait oser. Mais les intervenants étaient d'une telle qualité et nous avons eu la chance d'accueillir le rabbin Marc-Alain Ouaknin. Voir une centaine de personnes assister aux différentes interventions me ravit. » Hier, juste avant le début des concerts qui ont clos la troisième édition de Vox Aurea Via Sacra consacrée cette année à la musique sacrée juive, l'organisatrice Marie-Reine Renon partageait sa satisfaction.

Le souvenir des Justes

Car le colloque saint-amandois devrait faire date car la dernière rencontre portant, en France, sur ce sujet remonte à… 1965. C'est Hervé Roten, le directeur de l'Institut européen des musiques juives, partenaire de l'événement, qui l'a rappelé au début de son propos : « Voilà cinquante ans que nous n'avons pas vécu un tel moment, a-t-il affirmé. À ce rythme, la prochaine fois, ce seront nos enfants qui en profiteront ».

Pour Thierry Vinçon qui, en introduction a égrené le nom des trente-six Juifs assassinés, l'été 1944, dans les puits de Guerry, le colloque est la suite logique d'un travail de mémoire et de compréhension de l'histoire : « Nous sommes dans l'anniversaire des soixante-dix ans de la libération de la France. En 2010, nous avons inauguré une stèle en l'honneur des Justes ; cette année, l'ambassadeur d'Israël Yossi Gal est venu et nous avons médaillé Marcelle Lainé pour ses parents Edmond et Germaine Bauger. Il était indispensable de réunir tous ces éléments tragiques et de créer un colloque plein d'espoir… »

Toute la journée, des professeurs, musicologues, le rabbin Marc-Alain Ouaknin, le chantre Jacques Arnold ont expliqué devant une centaine de personnes, l'omniprésence de la musique dans la vie quotidienne juive. Hervé Roten a ainsi notamment indiqué que la musique jalonnait toute la vie, que les enfants apprenaient l'alphabet en chantant, que la communauté juive possède un corpus important de chants, les airs s'étant multipliés au fil de la diaspora et adoptant des accents locaux. Illustrant son intervention de morceaux sonores ou de vidéo, il a ainsi assuré que « le chant sacré fait le lien entre le ciel et la terre. »

Deux splendides concerts

Outre les interventions, les organisateurs avaient choisi de ponctuer cette journée par deux concerts. « Après tout ce qui a été dit, les spectateurs sont préparés et instruits pour mieux profiter des deux concerts », a assuré Marie-Reine Renon. Le premier, celui du Ch'ur juif de France, qui a été diffusé en direct sur RCF, était splendide et émouvant. Sur scène, les trente choristes du ch'ur fondé en 2006 ont entonné des chants liturgiques des Juifs ashkénazes enchaînant des chants qui accompagnent le Sabbat, le nouvel an… Puis ce sont Philippe Darmon et son fils Mikaël qui ont clos la soirée en interprétant des chants séfarades classiques liés aux fêtes juives.

Déjà l'édition 2015 de Vox Aurea Via Sacra est sur les rails : « Nous avons eu aujourd'hui (hier, NDLR) des échanges extraordinaires sur les différents mondes juifs et on a vu la frontière tenue qui existe entre le sacré et le profane, le religieux et l'agnostique, assure Thierry Vinçon. Toute journée, le lien a été fait avec les Justes et nous devrait nous amener, en 2015, à un colloque avec Yad Vasheim sur les Justes parmi les Nations. Quand à Vox Aurea, ce rendez-vous a déjà une vraie identité. Les actes du colloque sont une mine pour les universitaires. »

Estelle Bardelot

 

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Châteauneuf-la-Forêt - Louis et Germaine, deux Justes posthumes

samedi 6 septembre 2014

Du 03/09/2014

 

 

 

Ce titre de Justes a été décerné par Yad Yashem à Renée Brondeau, fille des récipiendaires. C'est une cérémonie très solennelle, empreinte de dignité et de respect, baignée d'une grande émotion qui s'est déroulée fin août dans la salle Bartholdi de Châteauneuf-la-Forêt. Elle suivait un dépôt de gerbe à la stèle mémorial du sculpteur Marc Petit, en hommage et pour faire mémoire aux déportés juifs ou résistants durant la Seconde Guerre Mondiale.

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Marçon - Reconnue Juste pour son héroïsme

vendredi 5 septembre 2014

Du 05/09/2014

 

 

 


 

Armand de Malherbe et Didier Lazard en 1993. Maria Dolores de Malherbe est reconnue, à titre posthume, Juste parmi les Nations, pour avoir accueilli un Juif, pendant l'occupation allemande, de 1943 à 1944.

Armand de Malherbe se souvient de l’époque où sa mère, Maria Dolores, a recueilli un Juif, chez elle, à Poillé, sur la commune de Marçon. Pour cet acte héroïque, cette mère de famille a été reconnue Juste parmi les Nations. Une cérémonie en son honneur aura lieu le dimanche 7 septembre à 11 h, sur la place de l’église, à Marçon.

Caché 19 mois

1943. Didier Lazard se cache en Sarthe depuis plusieurs mois, sous un faux nom, celui de Lucien Didier. Après le camp de jeunesse de La Marcellière à Marçon, il est devenu précepteur chez le maire de Beaumont-sur-Dême.
« Quelqu’un qui avait été à l’IEP avec lui a dit au maire qui il était », raconte Armand de Malherbe. « Il lui a donné 8 jours pour quitter les lieux. »
C’est ensuite le curé du village, l’abbé Bézine, qui l’accueille. Celui-ci rentre alors en contact avec Maria Dolores de Malherbe, qui accepte d’abriter le jeune homme, dès février.

« Je le sentais sur le qui-vive »

Docteur en droit, diplômé de Sciences Po, « il est venu pour m’aider dans mes études », poursuit Armand. « Il se tenait principalement dans la maison, le jardin ; il sortait sur la place du village, participait au ravitaillement dans les fermes. » Même s’il ne vit pas reclus, l’attitude de Didier Lazard laisse perplexe Armand, qui ne connaissait rien alors de ses origines : « je le sentais sur le qui-vive. » Il lui demande alors ce qu’il cache. « Je me rappellerai toujours. Il m’a dit, très angoissé : “je suis juif”. »

« Elle n’a pas hésité »

« Ma mère était veuve », précise son fils. « Elle venait de perdre son beau-père, elle était isolée, mais elle n’a pas hésité. On connaissait les risques : la déportation ou l’exécution. » Car c’est toute la famille qui est menacée, même si les troupes d’occupation sont absentes de cette région rurale. 
Il en est autrement, après le débarquement des Alliés, début août 1944.

À travers les troupes allemandes

Vers 4 h, et seize heures durant, une centaine de soldats allemands accompagnés d’un détachement de SS investissent le domaine de Poillé. « Il a fallu organiser sa fuite dans une ferme amie. » Pour cela, Armand et Didier (en tenue de jardinier) se frayent un chemin au travers des troupes. « Ils nous ont dévisagés. »
Journée décisive pour les De Malherbe, car, dans le même temps, l’interprête alsacien des Allemands trouve refuge dans leur maison. Deux de ces « malgré-nous » réussiront à fuire grâce à l’aide de la famille.

Une longue amitié

Quelques jours plus tard, « on s’est retrouvé par hasard sur la place de la République au Mans », se remémore Armand. « Lui allait à Paris, et moi je partais pour rejoindre la 3e armée américaine. »
Armand de Malherbe effectuera la campagne d’Allemagne et restera 2 ans dans les rangs. Il sera maire de Marçon pendant plus de 40 ans.
Didier Lazard publiera après la guerre, le Procès de Nuremberg, ainsi que plusieurs ouvrages sur sa famille. Les deux amis resteront en contact jusqu’au décès de Didier, en 2004.

Une famille émue

10 ans après, une cérémonie va officialiser le titre de Juste à Maria Dolores de Malherbe.

" Ma famille, mes enfants et petits-enfants sont très émus par cette reconnaissance. Ils sont tous très désireux qu’on soutienne le dialogue, qu’on évite la violence et la discrimination. Nous nous sommes tus pendant longtemps, on a accepté de témoigner à l’initiative de l’association Yad Vashem. On sent un climat d’intolérance se développer, explique Armand de Malherbe qui conclut modestement : Nous avons le sentiment d’avoir fait notre devoir comme une soixantaine de familles du département reconnues Justes parmi les Nations, sans oublier les Résistants dont certains ont payé leurs activités de leurs vies."

En Sarthe, ces Justes ont ainsi sauvé plusieurs centaines d’enfants.

 

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Chapelle des bois - Une stèle en l’honneur de 4 « Justes » érigée à la frontière franco-suisse

jeudi 28 août 2014

Les passeurs de mémoire Une stèle en hommage à quatre « Justes » et aux jeunes Juifs qu’ils avaient aidé à franchir la frontière franco-suisse pendant la Seconde Guerre mondiale a été inaugurée jeudi à Chapelle-des-Bois (est de la France), a-t-on appris auprès de l’association Alliance-Liberté.

Entre 1943 et 1944, deux sœurs françaises, Victoria et Madeleine Cordier, et deux ressortissants suisses, Anne-Marie Piguet et Fred Reymond, avaient aidé huit jeunes Juifs allemands et autrichiens à passer en Suisse par la forêt du Risoux.

Ces jeunes, âgés de 14 à 22 ans, avaient été recueillis au château de La Hille, en Ariège (sud-ouest de la France), avant de devoir fuir, a raconté à l’AFP Hélène Martin, présidente de l’association franco-suisse Alliance-Liberté.

« Cette stèle est érigée en l’honneur des adultes de la filière et de ces huit enfants, qui ont eu un courage et une force de vie qui amènent à beaucoup d’estime », a souligné Mme Martin, qui est également la fille de Victoria Cordier, agent de renseignement du réseau de résistance lyonnais Corvette.

Les quatre passeurs, tous décédés, avaient été décorés de la médaille des « Justes parmi les Nations », en 1991 pour les trois femmes et en 1997 pour M. Reymond.

Outre les enfants du château de La Hille, environ 80 passages en Suisse de Juifs, de résistants et d’agents de renseignement ont été effectués par la foret du Risoux, a précisé Mme Martin.

 

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Moissac - Le couple Ginisty entre, ce soir, au panthéon des «Justes»

mercredi 20 août 2014

Du 20/08/2014

 

 

 

 

En mai 2004 autour de la nouvelle génération de jeunes éclaireurs israélites, des anciens de la maison d'enfants de Moissac, Jean-Claude Simon se souvient de la solidarité des Moissagais durant la guerre./ Photo DDM, À Moissac, le 9 mai 2004, quai du Port sur le Tarn, Jean-Claude Simon irradie de bonheur : à soixante-six ans, le fils de Bouli et Shatta Simon, les responsables de la maison d'enfants des Éclaireurs israélites de France (EIF) qui ont sauvé de la cité uvale des centaines d'enfants juifs de la déportation, a du mal à dissimuler son émotion.

Entouré de sa famille et des survivants venus des quatre coins de la planète, «Castor» dévoile la plaque d'une nouvelle place moissagaise. Le nom de ses parents y est gravé. Sous leurs portraits, une courte épitaphe rappelle leur engagement : «Avec l'aide de la population de Moissac et en dépit du danger, ils ont pu sauver plusieurs centaines d'enfants juifs de la barbarie nazie.»

Les quatre «Justes de Moissac» comptent deux nouvelles étoiles

Ce soir esplanade des Justes, la nouvelle célébration impulsée par l'ancien cardiologue de 76 ans qui vit sur les hauteurs de Brassac, marquera une nouvelle étape dans la longue réhabilitation engagée pour la mémoire des Moissagais qui, durant le régime de Vichy et l'Occupation, ont caché et sauvé ses enfants juifs qui avaient trouvé refuge en Tarn-et-Garonne. Jusqu'ici au nombre de quatre (Manuel Darrac (le secrétaire de mairie), Henriette Ducom, Jean Gainard et Alice Pelous (la sous-secrétaire de mairie), les Moissagais fait «Justes parmi les Nations» comptent depuis, ce soir, deux nouvelles étoiles avec le couple Ernestine (née Desmazels) et Albini Ginisty. Ce modeste peintre en bâtiment moissagais et son épouse ne se poseront guère de question lorsqu'on leur proposa de prendre sous leur toit le petit Jean-Claude Simon alors tout juste âgé de six ans et sous la menace d'une rafle imminente. Ils le font passer pour l'enfant qu'ils ont adopté puisqu'ils n'ont pas d'enfant. Sous l'identité de Ginisty, Jean-Claude va ainsi en classe à l'école Chabrié. Il est choyé et mène une vie quasi normale.

«Je n'oublierai jamais que Jean et Ernestine Ginisty m'ont recueilli à l'âge de six ans et m'ont donné leur nom pour me sauver» nous témoignait dans un précédent entretien Jean-Claude Simon.

Et même s'il aura fallu attendre 70 ans pour que cette reconnaissance ait lieu en présence du président du comité français du Yad Vashem, Jean-Raphaël Hirsch, Albini et Ernestine, disparus depuis plus 25 ans, auraient très certainement été surpris de ces honneurs comme beaucoup de «Justes» qui n'ont pas eu le sentiment, à ce moment-là, de réaliser un acte exceptionnel.

 

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