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Une émouvante rencontre à Arthès

vendredi 18 septembre 2015

Du 24/08/2015

 

 

 

 

Ils ont été sauvés par des familles arthésiennnes Heureux temps que les temps de paix… 70 ans, et c'est heureux, que notre pays ne connaît pas de guerre sur son territoire. Mais la douleur des temps de guerre n'est pas une fiction et celle de 1939-1945 fut épouvantable. Michel Ashe est américain. Il avait 10 ans et sa famille, alors en Europe, de confession juive, a échappé à l'horreur grâce au courage et au dévouement de familles arthésiennes envers lesquelles il sera éternellement reconnaissant.

Venu l'an passé avec une partie de sa famille, il a tenu à revenir faire part de son infinie reconnaissance à ceux qui lui ont sauvé la vie. Il était là avec son épouse Marilyn, sa fille Alisson et trois de ses petites-filles : Jordan, Devon et Durant. Chez les Dubec, il a revu la double cloison derrière laquelle il se cachait. Recherchés par la milice, son père et lui ont été cachés chez le forgeron Igalens puis dans une ferme à la campagne. La voix étreinte par l'émotion, le jeune garçon qu'il était, devenu un vieux monsieur de 80 ans, raconte : «Ce fut seulement après avoir quitté la France en 1949 et émigré aux Etats-Unis que j'ai commencé à comprendre l'ampleur des actions de la population d'Arthès et réalisé l'importance de ma dette envers ces familles. Je ne pourrai jamais la rembourser. Je pense à cette dette quand je regarde les membres de ma famille. Pas seulement ceux qui ont vécu et ont été protégés ici à Arthès, mais quand je regarde ma sœur Jacqueline et mon frère Stephen qui sont nés aux Etats-Unis, leurs familles et celle de ma sœur Nicole, mes deux fils Grégory, David et ma fille Allison et leurs familles, mes neuf petits enfants et deux arrière petits enfants, de quatre qui ont vécu ici à Arthès, nous sommes désormais près de trente !»

En présence du maire d'Arthès et de nombreux membres de la municipalité, de Jean-Paul Raynaud, conseiller départemental, un vin d'honneur a été servi, avant que les familles Dubec, Lafon, Fédou et Ashe ne se retrouvent de façon plus intime au restaurant, avec Alain Fabre à l'origine de ces retrouvailles. Un dossier est en cours pour que ces familles arthésiennes reçoivent le titre de «Justes parmi les Nations».

 

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Virieu Sur Bourbre -Xavier et Marie-Françoise de Virieu reconnus “Justes parmi les Nations”

vendredi 18 septembre 2015

Du 22/08/2015

 

 

 

Les Nord-Isérois Xavier et Marie-Françoise de Virieu seront élevés, à titre posthume, au rang de “Justes parmi les Nations”. Prochainement, leurs noms seront gravés sur le mur d’honneur du Jardin des Justes de Yad Vashem à Jérusalem. Il s’agit de la plus haute distinction décernée par l’État d’Israël, à des étrangers. De 1942 à 1943, le marquis et la marquise de Virieu ont caché, dans leur château, au péril de leurs vies, dans le plus grand secret, deux familles juives polonaises. L’un des descendants d’une des familles, 70 ans après, depuis les États-Unis, a repris contact avec les enfants de ces sauveurs viriaquois. C’est grâce à cette démarche que la reconnaissance honorifique a pu être possible. 36 Nord-Isérois ont déjà été reconnus au titre de “Justes”.

 

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Fernand Sentou, un Juste honoré

samedi 12 septembre 2015

Du 19/08/2015

 

 

 

 

 

Le maire Jean-Michel Augré en compagnie des membres de la famille de Fernand Sentou. © Photo H.P.

Samedi 15 août, Jean-Michel Augré, maire de Cazaubon, entouré de ses conseillers municipaux et en présence des membres de la famille de Fernand Sentou, a inauguré le rond-point de Barbotan-les-Thermes, en découvrant les deux plaques nominatives, où sont inscrits le prénom et le nom de l'ancien maire et médaillé des Justes parmi les nations.

Lors de son discours, le maire Jean-Michel Augré a détaillé la vie exemplaire de Fernand Sentou, maire de Cazaubon de décembre 1919 jusqu'au mois d'avril 1946 : « La municipalité tenait particulièrement à rendre hommage à cet homme d'honneur. Fernand Sentou est né le 24 mars 1892 à Villiers Saint Frédéric dans les Yvelines. Après ses brillantes études conclues par deux baccalauréats, il s'engagea comme volontaire pendant la guerre de 1914-1918 au 9e Chasseur. En 1917, il fut dans l'artillerie, où il reçut le grade de lieutenant au 214e régiment d'artillerie de campagne. Ses deux blessures et deux citations lui valurent d'être promu au grade de chevalier de la Légion d'honneur en décembre 1921 avec la mention. Au mois de septembre 1939, il fut mobilisé et affecté au PMA de la 7e armée. Il fut démobilisé six mois plus tard pour intoxication par gaz de guerre. »

Engagement viticole

Fernand Sentou est l’homme qui s’est fortement engagé dans la promotion des produits viticoles locaux. À partir de 1925, il fut président fondateur du syndicat de défense de l’appellation armagnac. En 1935, il fut membre du Comité national des appellations d’origine des vins et eaux-de-vie, puis en 1936 président du comité d’experts en matière de protection d’appellations d’origines pour l’armagnac. De 1944 à 1953, Fernand Sentou fut président du BNIA, en 1949 président de la fédération des associations viticoles et en 1952, président fondateur de l’Union des coopératives du Bas-Armagnac.

Résistant

Le maire a poursuivi son discours en précisant l'engagement de Fernand Sentou dans la résistancedurant l'Occupation allemande. « Le Gersois y a tenu un rôle éminent dans les réseaux mais aussi dans le centre d'hébergement du Bégué en fournissant entre autres des faux papiers d'identité à ceux qui fuyaient le régime nazi. Fernand Sentou et son épouse avaient alors pris de grands risques en donnant asile aux fugitifs alors que la région fourmillait d'Allemands et de mouchards et que les contrôles se multipliaient. Fernand Sentou incarne le meilleur de l'humanité. Il reçut avec son épouse en 1991, la médaille des Justes parmi les nations. La plus haute distinction octroyée à titre civil par l'état d'Israël. »

Fernand Sentou, conseiller général du canton de Cazaubon de 1925 à 1937, prit une place importante dans la promotion des produits viticoles, qui lui valut d'être nommé Chevalier du mérite agricole, médaille d'argent de la coopération de la mutualité et du crédit (lire ci-dessus). Il fut promu au mois de juillet 1966 au grade d'officier de la Légion d'honneur.

Henri Portes 

 

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Mort de Samuel Pisar, président-fondateur du Comité français pour Yad Vashem, l'un des plus jeunes rescapés d'Auschwitz;

mardi 4 août 2015

Hommage à Samuel Pisar

Du 28/07/2015

 

 

 

Samuel Pisar Jeune rescapé de la Shoah, Samuel Pisar a conseillé le président Kennedy, milité pour les droits de l'homme et défendu comme avocat plusieurs stars d'Hollywood. Il s'est éteint lundi à l'âge de 86 ans.

Mort d'un géant. Jeune rescapé de la Shoah, avocat des plus grandes stars hollywoodiennes, militant infatigable des droits de l'homme, ancien collaborateur du président Kennedy... Samuel Pisar a eu plusieurs vies. Il s'est éteint lundi à l'âge de 86 ans. La nouvelle a été annoncée par sa fille à plusieurs journalistes. "Mon père nous a quitté aujourd'hui. Il a plus donné que n'importe quel être humain. Il est maintenant en paix", a déclaré Lea Pisar.

Samuel Pisar naît en 1929, dans une famille aisée de Pologne. Sa famille vit à Bialystock, dans une grande maison, où l'on parle français, yiddish et polonais, rappelle Télérama. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale met fin à ce bonheur familial. En septembre 1939, Allemands et Soviétiques se partagent une Pologne conquise en quelque jours.

Déporté à 13 ans

Samuel Pisar va alors à l'école russe, sa ville étant sous le contrôle de l'armée rouge. Deux ans plus tard, Hitler lance sa grande offensive sur l'URSS. Les nazis, qui prennent rapidement la ville de Bialystock, expulsent la famille dans un ghetto juif. Son père est arrêté et exécuté, tandis que sa mère et sa petite sœur Frida sont dirigées vers Treblinka. Samuel Pisar est lui déporté au camp d'extermination de Majdanek, avant d'être transféré à Auschwitz et Dachau. Il a 13 ans.

L'adolescent recouvre la liberté à la fin du conflit, à 16 ans, libéré des marches de la mort par l'armée américaine. Il reprend ses études et obtient un double diplôme à La Sorbonne et Harvard. Aux Etats-Unis, il devient Docteur en Sciences Juridiques. Lors de la remise des diplômes, un certain John Fitzgerald Kennedy le félicite. Le jeune sénateur du Massachusetts promet de revenir vers lui "s'il est un jour aux Affaires", raconte France Culture.

L’élection de JFK en 1960 lui ouvre les portes de la Maison blanche. Il conseille alors le président américain sur le commerce Est-Ouest. "Il se prononce pour la libération des Juifs de l'Union soviétique et pour la coexistence pacifique", souligne Télérama. En 1961, il obtient la nationalité américaine pour son rôle de collaborateur de JFK par un vote spécial du congrès.

Avocat des stars

Après l'assassinat du président américain, Samuel Pisar rejoint la Californie et devient l'avocat des stars hollywoodiennes, comme Ava Gardner ou Marlon Brando. "Le monde se globalisait, et Hollywood avec lui (...) C’était un travail sérieux, moins glamour que son contexte", confiait-il à France Culture.

Pendant toute sa vie, l'homme n'a jamais cessé de défendre la cause des droits de l'homme et de transmettre la mémoire de l'holocauste. Samuel Pisar était ambassadeur de l'UNESCO pour l'enseignement de la Shoah et des génocides et président-fondateur du Comité français pour Yad Vashem. Son livre, Le Sang de L'espoir, relate sa captivité à Auschwitz, où plus d'un millions de juifs perdirent la vie.

Dans un communiqué, François Hollande salue un "homme au destin exceptionnel qui traversa les tragédies du siècle dernier avec un courage et une soif unique de vivre et de faire avancer le monde". Sur Twitter, le président du Crif, Roger Cukierman, et le Grand Rabbin de France, Haïm Korsia, ont également rendu hommage à Samuel Pisar.

Paul Chaulet

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Villeurbanne - Le chanoine Boursier : Juste parmi les Justes ?

dimanche 12 juillet 2015

Du 03/07/2015

 

 

 

 

 

Le 16 juillet, journée nationale, Villeurbanne rend hommage aux Justes de France. La ville en compte onze, onze Villeurbannais qui pendant la guerre ont mis en danger leur propre vie pour sauver ceux que le nazisme vouait à l’extermination, qui ont donné tout son sens au mot « honneur ». Le chanoine Boursier, héros de la Résistance assassiné par les Nazis le 20 août 1944, sera peut-être le douzième. Après plusieurs mois d’enquête, la Ville de Villeurbanne va entreprendre officiellement la démarche de reconnaissance auprès de Yad Vashem .

Plusieurs témoignages évoquent l’action du chanoine pour sauver des Juifs. Les plus importants sont ceux de la résistante Lucie Aubrac, dans une lettre adressée à la famille du chanoine : « J’ai connu l’abbé Boursier en accompagnant chez lui un résistant juif polonais qui venait d’échapper la veille à une arrestation, que nous avions muni de faux papiers et qui avait besoin d’un certificat de baptême pour compléter sa nouvelle identité. J’ai connu à ce moment-là un homme ouvert, chaleureux, bon vivant, identique aux curés de mes villages du Mâconnais qui m’avaient instruite dans la religion catholique. » et de Pierre Moucot, inspecteur de police à Villeurbanne pendant la guerre et lui-même fait Juste à titre posthume en 2004. Dans un document non daté mais attribuable aux années 1944-1945, le Résistant écrit : « À partir de juillet 1941, je suis entré en contact avec deux groupements, dont l’un avec feu l’abbé Boursier, martyr de Saint Genis Laval, avec lui j’ai travaillé en collaboration jusqu’à son arrestation, j’ai fabriqué pour lui 2 701 faux papiers d’identité pour des hommes de la Résistance, des réfractaires au STO, des Israélites, des hauts fonctionnaires civils et militaires ». Le résistant Alfred Brinon atteste, lui aussi, avoir aidé l’abbé pour mettre à l’abri des militants communistes et des Juifs : « 1942 : liaison avec l’abbé Boursier pour la mise à l’abri de communistes et de Juifs poursuivis ». L’abbé aurait même caché des Juifs et des résistants dans la crypte de l’église Sainte-Thérèse.
L’Église aussi entend rendre hommage au chanoine. En octobre 2014, lors des cérémonies anniversaire de sa disparition, Monseigneur Barbarin a exprimé le souhait de voir instruit un procès en canonisation. François Boursier serait alors en compétition avec le pape Jean XXIII – canonisé le 27 avril 2014 et dont le dossier a été déposé auprès de Yad Vashem –, pour être élevé à la fois au rang de Juste et de Saint.
De quoi donner tout son sens – s’il en était encore besoin – au livre et au documentaire que prépare l’historien Alain Moreau. Auteur d’un mémoire de maîtrise d’histoire sur le chanoine Boursier, il a repris il y a plusieurs mois ses recherches sur cette figure emblématique de Villeurbanne.
(1) Institut commémoratif des martyrs et des héros de la Shoah. Les personnes reconnues Justes parmi les nations reçoivent de Yad Vashem un diplôme d’honneur ainsi qu’une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’État d’Israël.

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Un hommage au courage et au sacrifice

dimanche 28 juin 2015

Du 26/06/2015

 

 

 

 

 

À l’occasion de ce 71e anniversaire, l’action de la gendarmerie a été mise en avant. © Jean-Luc Chanteau
Les traditionnelles cérémonies commémorant les événements du 21 juin 1944, qui ont touché neuf communes du Bergeracois, dont principalement Mouleydier et Pressignac-Vicq, et coûté la vie à 65 personnes, résistants et simples civiles, se sont déroulées dimanche, au mémorial de Saint-Cybard.

La cérémonie a permis de mettre en lumière l'action de la gendarmerie, et plus particulièrement des brigades de Lalinde et Sainte- Alvère, dont les gendarmes ont oeuvré à l'extraction des jeunes réfractaires au service du travail obligatoire (STO), qui souhaitaient rejoindre les rangs de la Résistance. Au titre de cette action, les représentants des deux brigades ont reçu le diplôme d'honneur de l'amicale Bergeret, des mains de Fernand Demay.

Justes parmi les nations

La commémoration s'est poursuivie avec le discours du maire de Saint-Germain-et-Mons, Claude Carpe, qui a retracé le déroulement des événements, mais aussi rappelé que, à la même période, sa commune a accueilli la famille Jacquin, dont trois membres ont été reconnus Justes parmi les nations, au titre de leur action en faveur d'enfants de familles juives. Importateur de matériel scientifique, Paul Jacquin avait refusé de collaborer avec l'occupant et quitté Paris dès 1940, pour venir s'installer avec sa famille à Saint-Germain-et- Mons, au manoir du Sireygeol. Un site à l'écart des grands axes, où cette famille a pu accueillir enfants juifs en fuite, mais aussi résistants en difficulté.

Par la suite, Christophe Cathus, le suppléant de la députée Brigitte Allain, a rendu hommage aux Résistants, avant que la sous-préfète, Dominique Laurent, termine les discours, en rappelant les liens forts qui unissent historiquement la sous-préfecture à la commune de Mouleydier. Sous-préfecture dont le secrétaire général était à l'époque de la Seconde Guerre mondiale un enfant de Mouleydier, Pierre Constantin. Ce dernier, en outre, a occupé de façon intérimaire les fonctions de sous-préfet du 7 juin au 21 août 1944. Son successeur ne sera autre que Maurice Loupias, alias « Bergeret », qui, jusqu'aux événements du 21 juin, avait établi son PC à Mouleydier.

Dépôt de gerbes par les autorités et recueillement ont clos la commémoration.

Jean-Luc Chanteau

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