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Justes parmi les Nations à titre posthume

lundi 20 octobre 2014

Du 29/09/2014

 

 

 

 

 

Ce mardi 30 septembre, la médaille et le diplôme des justes parmi les nations ont été remis à titre posthume à Frère Gabriel Boile, qui fut le directeur du lycée Saint-Louis à Saint-Etienne, de 1937 à 1943.

Cet évènement a réuni notamment un représentant de l’ambassade d’Israël, et la déléguée du Comité Français de Yad Vashem, aux côtés de la préfète de la Loire et du maire de Saint-Etienne. Le Frère Gabriel Boile avait sauvé Bernard Hochman.


"Bernard Hochman est accueilli au Pensionnat St Louis de Saint Étienne, tenu par les « Frères des Écoles Chrétiennes ». Cette institution accueille entre autres, des enfants de résistants, des professeurs et des enfants juifs. Pendant la guerre, 16 enfants juifs sont cachés dans ce pensionnat. Victor Khaïm, Massisliah Guy sont dans la classe de Bernard. Ce dernier y passe sa scolarité 1941/1942 et 1942/1943. Sa mère lui rend parfois visite. Il quitte le pensionnat en novembre 1943 pour être accueilli à Boën en Lignon chez Mme Vial jusqu’en février 1944. Il sera ensuite protégé à Doizieux par Pierre et Berthe Beaufrère jusqu’à la libération de St Etienne. Le Frère Gabriel Boile est directeur de l’établissement depuis 1937. Dénoncé pour son activité au service des personnes pourchassées et persécutées il est emprisonné au fort Montluc à Lyon le 18 juillet 1943. Il en sort très affaibli le 5 février 1944. Le Frère Lucien Cherpin est au pensionnat depuis 1927. Il est chef Préfet de la division des petits. Il appelle affectueusement Bernard ‘le petit palmier’, référence au pompon de son bonnet. Au pensionnat, seuls Gabriel Boile et Lucien Cherpin savent que Bernard est juif. En 1946, la famille Hochman s’installe à nouveau à Paris. Les frères Gabriel Boile et Lucien Cherpin guidés par leur générosité et leur humanité ont accueilli des personnes pourchassées et persécutées, dont le petit Bernard Hochman. Le 17 Février 2013, l’Institut Yad vashem Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Boile Gabriel." 


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Aux Loudunais "Justes parmi les Nations"

lundi 29 septembre 2014

Du 28/09/2014

 

 

 

 

L'inauguration, ce samedi, du Square des Justes parmi les Nations à Loudun est l'aboutissement d'une histoire débutée de façon dramatique, 70 ans plus tôt.

Élus, familles, Loudunais étaient venus nombreux pour l'inauguration, ce samedi avenue de Leuze, du Square des Justes parmi les Nations et de la stèle en mémoire des juifs arrêtés à Loudun et déportés à Auschwitz entre 1942 et 1944.

Parmi ces douze personnes, de 9 à 72 ans, figurait Albert Rowek, désormais seul survivant des déportés du camp de concentration d'Auschwitz.
Albert Rowek, né à Nancy, est contraint, à l'exode avec sa famille. Le jour de ses 14 ans, le 15 juillet 1941, ils sont arrêtés et conduits au camp de Poitiers. Grâce à l'intervention du révérend père Fleury et du Grand rabbin Elie Bloch, il sera libéré en septembre 1941 mais ne reverra jamais ses parents et ses soeurs.

"Je suis tellement ému"

Il se rend alors à Lencloître, chez des cousins, la famille Rozner, arrêtés à leur tour. C'est à ce moment qu'il trouve refuge dans la famille Gaboriaud à Loudun, avec ses cousins Armand et Hélène Rozner. Tous seront de nouveau arrêtés le 21 juillet 1944 et font partie du dernier convoi de la mort, d'où Albert Rowek reviendra seul. « J'ai réussi à faire ce que je voulais », expliquait-il particulièrement ému, devant la stèle et en présence de François Guguenheim, vice-président du comité français pour Yad Vashem. Ce qu'il a fait, c'est faire reconnaître, en 2012, comme « Justes parmi les Nations » ceux qui les avaient hébergés au péril de leur vie, Alphonse et Anne-Marie Gaboriaud.
Leur fille Nicole a reçu à l'époque la médaille des mains de Laurent Mestre, attaché à l'ambassade d'Israël en France.
Samedi, c'est également Nicole Gaboriaud qui a dévoilé, en hommage à ses parents, la plaque du square, avant qu'Albert Rowek ne dévoile la stèle: « Je suis tellement ému de voir ici le nom de mes cousins et des autres enfants ». 70 ans après, la boucle est bouclée.

à savoir

 L'inauguration du square et de la stèle préludait au vernissage de l'exposition « Loudun pendant la guerre 1939-1945 », qui est proposée par le comité loudunais du Souvenir français jusqu'au 5 octobre à la collégiale Sainte-Croix.
De nombreux documents et photographies inédits sont présentés, dont beaucoup sont issus des archives de Pierre Décosse, correspondant de La Dépêche du Centre qui deviendra le 2 septembre 1944, La Nouvelle République.
Les 24 tableaux de « Loudun pendant la guerre 1939-1945 » sont complétés par trois autres expositions: « 1940, combats et résistances » et « Les Juifs de France dans la Shoah », prêtées par l'Office national des anciens combattants, et des objets et documents militaires prêtés par le musée de Tercé, consacré à la Vienne dans le Seconde Guerre mondiale.

Marie-Pierre Pineau

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Inauguration de la place des Justes parmi les nations à Pineuilh

vendredi 26 septembre 2014

Du 26/09/2014

 

 

 

 

 

Les enfants de CE1 et CM2 ont interprété le chant des partisans lors de l’inauguration de la place des Justes. © Photo Photo B. D. La place des Justes a été inaugurée à Pineuilh dimanche matin 21 septembre pour honorer le souvenir de Marthe et Paul Vergnaud, ces Justes parmi les Nations dont la fille, Suzanne Monnier, reçut en leur nom, en 2000, la médaille à titre posthume mais aussi celle d'Henriette et Léon Chignac, honorés en mai 2013 par l'intermédiaire de leur nièce Yolande Grossias-Bourdil.

Des héros de l'ombre

« Cette place », a pu dire le premier magistrat local, « est dédiée à ces héros de l'ombre, ceux qui n'ont pas hésité à braver tous les dangers au péril de leur vie pour protéger leur prochain ». Ce lieu voué au devoir de mémoire a été entièrement conçu par les agents techniques communaux. Alliant le minéral et le végétal, la place se veut esthétique et épurée autour d'un arbre « à pluie d'or » (savonnier) devant lequel a été dévoilée une plaque de marbre lieto gravée.

Des moments forts au cours de cette cérémonie, il y en eut à plus d'un titre. D'abord à l'écoute de Michel Alitenssi, (Yad Vashem), qui évoqua ces 25271 Justes dans le monde (dont 360 en d'Aquitaine) qui sont le plus pur exemple du patriotisme.

Une lutte reconnue

« Grâce à cette place, on ne tait pas leur mémoire », souligna-t-il. François Gugueinhem (Vice-Pdt Yad Vashem) en fit de même et insista sur ce combat permanent à mener contre l'antisémitisme et la haine raciale.

« C'est en ce sens qu'une telle inauguration prend sa place », ajouta-t-il. Félicitant Pineuilh pour son initiative, il proposa au maire de la cité que sa commune puisse rejoindre le réseau des 47 villes et villages de France pour Yad Vashem.

Après le témoignage poignant de Simon Oungre, enfant juif sauvé par la famille Vergnaud à Saint-Avit-Saint-Nazaire en 1944, Michèle Delaunay salua la mémoire des Justes, connus ou inconnus. Elle salua également le patriotisme des enfants de CE1 et CM2 de l'école primaire de Pineuilh qui ont interprété le chant des Partisans au cours de la cérémonie. « Gardez ce souvenir en vous, ce sera votre force », a-elle dit aux enfants.

 

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Raoul Désormeaux Juste parmi les Nations

lundi 22 septembre 2014

Du 22/09/2014

 

 

 

 

La cérémonie a réuni hier matin de nombreuses personnalités, dont Dyna Sorek, ministre à l'ambassade d'Israël à Paris et Charley Daïan (notre photo). Ancien maire d'Ayron, Raoul Désormeaux a reçu, hier, à titre posthume, la médaille des Justes parmi les Nations. Une "Allée des Justes" a été inaugurée lors de cette cérémonie très émouvante.

Un nom de plus est désormais gravé sur le Mur des Justes, au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem... Un, parmi les 25.271 qui y figurent déjà dont ceux de 3.760 Français qui ont protégé, caché, aidé des familles juives de la barbarie nazie.

Ce nom est celui de Raoul Désormeaux. En 1942, ce Castelroussin de 66 ans a fait toute sa carrière de médecin à Paris, au dispensaire de la Croix Saint-Simon. Dans la capitale depuis plus de quarante ans, il acquiert en 1925, une propriété dans la Vienne, le château d'Ayron. Le D Désormeaux, son épouse et leurs six enfants y résident en villégiature avant que le couple en fasse sa résidence principale. A Paris, Anne-Marie Lance, assistante sociale et infirmière, a travaillé avec le médecin. Alors que les rafles se multiplient en cet été 1942 à Paris, une famille en réchappe et trouve refuge au dispensaire. Il y a là, Régine Hofman et ses trois jeunes enfants (Jean, Charlotte et Hélène) et sa mère Esther Bechler. Bernard Hofman, le père a été arrêté puis interné dans un camp du Loiret.

"C'était un homme debout"

Tandis que l'infirmière s'occupe des enfants en les évacuant, via un réseau de sauvetage, dans des familles d'accueil. Régine et sa mère trouvent refuge au château d'Ayron. Elles y seront à l'abri jusqu'à la fin de la guerre. Durant toute l'occupation, le médecin et l'infirmière resteront en contact fournissant des nouvelles des uns aux autres.
Après le conflit, toute la famille Hofman est à nouveau réunie. Déporté à Auschwitz, Bernard a été libéré par les alliés.
Hier matin, Fabienne Guérin, maire d'Ayron et Charley Daïan, délégué du Comité français pour Yad Vashem, ont accueilli près de 200 personnes, à l'occasion de la cérémonie de remise de la médaille des Justes parmi les Nations, la plus importante distinction civile remise par l'État d'Israël. Parmi elles, une centaine des 176 descendants de Raoul Désormeaux était présente dont Pierre de la Forterie, l'un de ses petits-fils. Lui, s'est chargé de réunir sa nombreuse famille. « Je suis doublement honoré et fier que l'on rende hommage à mon grand-père, parce que j'ignorais jusqu'à l'an dernier ces faits, le sauvetage de cette famille et sa participation à des actions de résistance et parce que mon grand-père était un homme qui faisait du bien. Un homme debout, comme le dit si bien, mon cousin Patrick. »
Cet hommage, Hélène Hofman, qui avec sa soeur Charlotte est à l'origine de cette demande adressée il y a deux ans auprès du comité pour Yad Vashem, a été très surprise de découvrir autant de personnes, tout comme sa soeur Charlotte, venue avec ses deux enfants et ses petits-enfants. Elle regrette cependant que cet hommage ne soit pas intervenu plus tôt. Raoul Désormeaux est décédé le 21 septembre 1960.

 

(*) Devenue religieuse, Anne-Marie Lance s'est vue décerner la médaille des Justes, en mai dernier, à Paris.

 

Sylvaine Hausseguy

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A la recherche des descendants d’un Juste charentais

vendredi 19 septembre 2014

Du 19/09/2014

Un Charentais exilé à Paris a sauvé une famille juive pendant la Guerre. Il a été reconnu «Juste parmi les nations». La famille recherche sa petite-fille depuis 4 ans.

Il s’appelait Gabriel Fradet. Il était né le 5 septembre 1885 à Angoulême. Il avait épousé Emilie Lambruny en 1911 à Brossac. Il est décédé à Ruffec le 12 février 1967, alors qu’il habitait à Mansle.

Pendant la guerre, il était grainetier à Paris, au 76 rue du Faubourg-Saint-Denis.

Voilà à peu près tous les éléments dont dispose Dan Szwarc au sujet de celui qui a sauvé sa famille, le 16 juillet 1942, jour funeste de la rafle du Vel d’Hiv. Depuis que son père lui a raconté son histoire, quelques années avant de décéder en 2012, ce jeune homme de 32 ans, qui vit à Montpellier, se bat pour rendre hommage à celui sans qui il n’aurait pas existé.

Le 21 décembre 2010, Dan Szwarc a atteint son but. Gabriel Fradet et son épouse Emilie ont été reconnus «Justes parmi les nations» par le comité français pour Yad Vashem. Pour avoir caché pendant un an et demi Sara Szwarc, la grand-mère de Dan, et ses deux enfants, Marguerite, 6 ans à l’époque, et Munisz, 12 ans, la tante et le papa de Dan.

La famille Szwarc habitait dans la même cour que les Fradet. «Ils se connaissaient, comme on peut connaître des commerçants.Sans plus», rapporte Dan.

Graver le nom

Ce terrible 16 juillet 1942, il est 6h du matin quand deux gendarmes français, accompagnés par un soldat de la Wehrmacht, frappent à la porte de l’appartement de la famille Szwarc.«Mon grand-père avait déjà été emmené et déporté plusieurs semaines auparavant. Ma tante avait la varicelle. Ma grand-mère y est allée au culot. Elle a expliqué qu’il fallait qu’elle reste pour soigner sa fille malade. Le soldat allemand lui a ordonné d’attendre la visite du médecin, qu’ils reviendraient.»

Sara n’a pas attendu. Elle a aussitôt pris ses deux enfants sous le bras, elle a déambulé dans l’immeuble jusqu’à se trouver devant la porte du grainetier d’en bas. «Alors qu’il était 6h du matin, il a ouvert.Et il a pris le risque de les cacher, dans un appartement vide pendant un an et demi. Il a fait ce qu’il a pu pour les nourrir, avant de leur trouver une autre cachette qui leur a permis de survivre», remercie Dan, qui n’en a pas encore tout à fait fini.

Il lui reste à faire graver le nom de Gabriel et d’Emilie Fradet dans le jardin des Justes, à Jérusalem, et à remettre à leurs descendants, la médaille et le diplôme de Yad Vachem, au cours d’une petite cérémonie.Mais ils demeurent introuvables.Dan n’a qu’une seule piste, celle de leur petite-fille, Claudine Godard, née en 1938.Il n’est même pas sûr qu’elle vive en Charente.«Si j’ai contacté Charente Libre et que je vous demande de relayer mon appel, c’est parce que son père est né dans votre département, où il est également décédé», explique Dan Szwarc.

Armel LE NY

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Varian Fry - sauver la culture, par Bertrand Solet

mercredi 17 septembre 2014

Du 16/09/2014

 

 

 

 

 

Éditions Oskar. Mars 2014. 110 pages. Comme chacun le sait désormais, on appelle « Justes parmi les nations » les hommes et les femmes, qui, aux heures sombres de la Shoah, ont, souvent au péril de leur vie, sauvé des Juifs et, d'une façon plus générale, des personnes qui étaient en danger du fait de la folie meurtrière du dictateur allemand  Adolf Hitler. Le journaliste américain Varian Fry fut de ceux-là. Ce petit livre raconte son histoire.

 

C'est parce qu'un jour, en mission à Berlin, en juin 1935, il assiste à une manifestation antijuive, qu'il n'hésite pas, quelques années plus tard, à prendre la tête d'un Comité de Sauvegarde d'Urgence, destiné à sauver des centaines de personnes, juives et non-juives, menacées par le nazisme alors qu'elles se trouvent en France. Varian Fry quitte New York le 5 août 1940 et rejoint Marseille. C'est à partir de ce port méditerranéen qu'il va organiser avec une équipe de militants antifascistes, le sauvetage de quelque 1200 personnes parmi lesquelles le peintre Marc Chagall. Parallèlement, 600 personnes auront été aidées financièrement et 150 obtiendront du travail grâce à l'action de Fry et de ses collaborateurs.

C'est en 1967, année même où il est fait chevalier de la Légion d'Honneur, que Varian Fry est décédé aux États-Unis. En 1995, il a été fait « Juste parmi les nations » par l'Institut Yad Vashem de Jérusalem.

Jean-Pierre Allali


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