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Léa Goldberg, récit d'une enfance blésoise

mercredi 30 janvier 2013


 

 

Léa Goldberg-Attali (en manteau blanc) revient sur les lieux où elle a passé cinq ans de son enfance. Léa Goldberg est venue visiter en famille la maison où Pierre et Blanche Allart l’ont cachée à Blois dès 1942 et jusqu’à la Libération.

A l'été 42, arrivés le 12 mars, des juifs sont gardés par des gendarmes français au camp des Pins de Lamotte-Beuvron. Parmi eux, Madame Goldberg, dont le mari a déjà été déporté, et sa petite Léa, âgée de deux ans. Madame Goldberg hospitalisée, sa petite fille reste seule. Henri Drussy, maire de Blois, apprenant cela, fait libérer la fillette et la place chez Blanche et Pierre Allard, intendant de l'hôpital de Blois-Vienne. La petite y passera la fin de l'occupation, choyée par cette famille. Comme par Jacqueline Drussy, la fille du maire, qui aime infiniment cette petite " Lisette ".

Des souvenirs en partage

Soixante et onze ans plus tard, à l'occasion de la journée internationale de la commémoration en mémoire des victimes de la Shoah, elle revient visiter les lieux de son enfance avec émotion. Accompagnée de son mari, de sa petite-fille Rachel et des petits-enfants du couple Allard, Patrick et Vaïté, elle parcourt les lieux. Ce pèlerinage lui rappelle les jours heureux qu'elle a passés, ici et les souvenirs remontent au fil des pièces traversées. Des souvenirs nombreux et heureux qui courent sur cinq ans. « Oh lala, ça n'a pas changé ! » Tels ont été ses premiers mots lorsqu'elle a franchi la grille de la maison de retraite Gaston-d'Orléans en Vienne. Elle montre la fenêtre d'où elle regardait les " petits vieux " et le jardinier qui lui a apporté une pêche, en lui faisant croire qu'elle provenait de l'arbre juste planté ! Elle se souvient aussi des moments où Blois était bombardé. « J'ai honte de le dire, mais c'était des moments de bonheur », avoue-t-elle. Claude, le frère aîné de la famille, la prenait avec son matelas et la descendait dans la cave avec toute la famille. Ils se retrouvaient là tous ensemble comme une vraie famille. Un des souvenirs le plus marquant est lié au grenier : c'est là qu'elle a vu les feux d'artifice annonçant la libération de la ville. Un grand moment de bonheur partagé par tous.
Au fil de la visite, les petits-enfants Allart et Léa se remémorent des détails, tel tableau représentant un chien dans le salon, un autre deux bœufs dans une autre pièce… Tout est sujet à partage.
Yvette Ferrand, présidente de l'association de recherches et d'études historiques sur la Shoah en Val de Loire, lui a remis pour l'occasion un bulletin relevant les qualités de la petite fille de l'époque : « éveillée et vive ». Léa, elle, remercie la famille Allart de lui avoir donné ces années de bonheur et de l'avoir choyé comme leur propre fille. Dans une famille de Justes.

Justes

On peut avoir traversé la guerre et en garder tout de même des souvenirs heureux. Mais cela ne se fait pas sans aide. Léa Golberg-Attali a eu la chance de croiser en 1942 le chemin d'Henry Drussy, maire de Blois de l'époque. Il a eu la bonne idée de la confier à la famille Allart qui l'a accueillie comme sa propre enfant. Une famille comme beaucoup d'autres qui ont sauvé des enfants juifs. Les époux Allart ont été reconnus Justes parmi les nations. Une juste reconnaissance

Anne Richoux

source: http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2013/01/29/Lea-Goldberg-recit-d-une-enfance-blesoise# du 30/01/2013

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"Les Justes parmi les nations" au lycée ORT de Strasbourg

lundi 28 janvier 2013

 

 

 

 

 

Le lycée ORT a monté une exposition sur les "Justes parmi les Nations"dans le cadre des commémorations de la Shoah.

L'exposition rend hommage aux hommes et des femmes qui ont sauvé des juifs pendant la guerre, et qui ont risqué leur vie pour cela. Elle se tient à Strasbourg pendant une semaine, avant de voyager dans toute la France. Il s'agi, bien sur de sensibiliser la jeunesse à cette page de l'histoire. L’exposition est ouverte aux jours et horaires suivants : Du lundi 28 au jeudi 31 janvier 2013, de 14h00 à 17h00.

source: http://alsace.france3.fr/2013/01/28/les-justes-parmi-les-nations-au-lycee-ort-de-strasbourg-189267.html du 28/01/2013

Le reportage de S. Malal - G. Bertrand - H. Thiry. Interviews : Simon Malkies, sauvé par un Juste - Loulia, 16 ans - François David, directeur centre 


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Juste France

lundi 28 janvier 2013

Le titre de « Justes parmi les nations », créé en 1953, n’avait pas été considéré jusque-là comme une source d’information pertinente sur la persécution des Juifs. Avec des approches différentes mais complémentaires, une sociologue et un historien ont étudié les Justes de France, leurs actes de sauvetage et leur place dans la mémoire.

Les « Justes » – ces non-Juifs qui ont sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale – représentent une catégorie mémorielle que nul, dans un public cultivé, ne saurait aujourd’hui ignorer. Ils n’ont pas toujours bénéficié de la même visibilité, bien que le titre de « Juste parmi les nations » ait été institué quelques années seulement après la Libération, par la loi de 1953 qui, en Israël, a créé l’institution nationale de commémoration de la Shoah et de l’héroïsme juif, Yad Vashem.

Au 1er janvier 2011, 3 376 titres avaient été décernés par l’institution (donc par l’État d’Israël) à des Français ou à des étrangers ayant agi en France. Cela représente 14% des titres accordés, la France se situant ainsi en troisième position, derrière la Pologne et les Pays-Bas. Si les critères de distinction sont précis (ne pas être juif, ne pas avoir agi pour l’argent, la demande doit venir des personnes sauvées, etc.), si la procédure est lourde (car reposant sur le mode de l’investigation criminelle), les historiens ont longtemps considéré que ce titre n’indiquait rien ni sur l’histoire de la persécution des Juifs, ni sur la mémoire du crime. Ce défi est relevé par deux chercheurs, dont l’approche diffère, mais qui finalement convergent. Travaillant en partie sur les mêmes archives (les dossiers de Justes de Yad Vashem ouverts aux historiens), ils montrent l’émergence de cette mémoire et l’utilisation que l’on peut faire des dossiers. Preuve de cette convergence, les deux auteurs affichent sur la couverture de leur livre une image identique, celle de la plaque apposée au Panthéon, où sont entrés symboliquement l’ensemble des Justes de France le 18 janvier 2007.

Demandes de mémoire

Le dense petit livre de Sarah Gensburger, tiré d’une thèse en sociologie soutenue à l’EHESS, interroge la catégorie des Justes de France comme résultat de « politiques publiques de la mémoire ». Dans des analyses fines et souvent techniques, elle montre comment la nationalisation (c’est-à-dire le processus qui a vu l’État français reconnaître et célébrer les récipiendaires français d’un titre étranger), certes tardive a été le résultat d’un jeu compliqué entre représentants de l’État (Jacques Chirac a joué un rôle moteur), quelques députés et quelques Juifs ayant survécu grâce à l’action de Justes. Ces derniers ont joué un rôle de passeurs entre Israël et la France : franco-israélien, actifs dans les cercles communautaires en France et dans les milieux francophones en Israël, ils ont tenté ce qu’on pourrait presque nommer une diplomatie culturelle parallèle, afin de rapprocher les deux pays : montrer les Justes de France en Israël, c’était apporter au public israélien une vision positive de la France – alors que les relations diplomatiques sont soumises à des aléas constants –, voir se multiplier les titres de Justes en France, c’était donner une vision plus positive d’Israël pour un public français. Symbole de cela, la création d’un Comité français pour Yad Vashem, antenne parisienne de l’institution autorisée à recevoir les dossiers de candidature pour titre de Juste. Ces passeurs franco-israéliens, accompagnés des membres du Comité, ont construit une « offre de mémoire » qui a été reprise par les élus, dans un contexte international favorable. L’émergence du statut de la victime, la fin de la prééminence d’une commémoration militaire de la guerre et de la Résistance, ont influé sur l’évolution des normes qui déterminent les catégories mémorielles : ce n’est plus le héros qui est mis en avant, le résistant, mais bien le simple civil qui a survécu, le survivant à la Shoah étant le plus symbolique. Le civil compassionnel, celui qui a aidé à sauver une vie dans un contexte non-militaire, est devenu le véritable porteur de l’attention mémorielle.

Sarah Gensburger montre finement comment, de balbutiante, cette mémoire des Justes, dont les fondements peuvent se dessiner d’ailleurs juste après la guerre, est montée en puissance à partir des années 1980, comme une réponse aux obsessions de la Shoah dans la société française. En bref, une offre mémorielle a été proposée à travers quelques passeurs, dont la position marginale dans la communauté juive est soulignée par l’auteur, et l’écho favorable reçu a amené les pouvoirs publics à se saisir de cette demande. Il est vrai que l’État français, la République française, était de plus en plus mise en accusation et que le tournant du discours de Jacques Chirac au Vel’ d’Hiv en juillet 1995 – avec la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la Shoah – a nécessité un contrepoids. L’État français est allé jusqu’à prévoir la création d’un titre de Juste purement français, un diplôme national qui répéterait ou ferait pendant au diplôme israélien. Gensburger est très convaincante dans l’analyse de l’émergence de ces « politiques publiques », grâce à l’identification des nombreux acteurs. Le titre français ne fut jamais créé mais l’État, sous l’impulsion première de Jacques Chirac, commença à célébrer les Justes de France. L’apogée fut la cérémonie au Panthéon, où les Justes de France furent accueillis collectivement et symboliquement, le 18 janvier 2007. Une exposition fut organisée dans le Panthéon pour permettre aux Parisiens de constater par eux-mêmes cette réalisation mémorielle. Une plaque a pérennisé cela.

« Les demandes adressées à l’État en matière de mémoire ne traduisent pas forcément une atomisation « communautaire », un éclatement « identitaire » et une mobilisation d’acteurs « concurrents » », observe la jeune sociologue : « Elles peuvent être au contraire l’expression, de la part d’acteurs sociaux jusqu’ici restés silencieux dans l’arène publique, d’une identification certes partielle et polysémique, aux institutions qui structurent dans la durée la politique de la mémoire de l’État » (p. 116-117). Elle montre aussi comment les Justes de France en sont venus à représenter, dans les discours publics, l’ensemble de la population française, contrebalançant le rôle de l’État et de l’administration française dans la perpétration du génocide.

Des réseaux organisés et informels

On peut aussi analyser la catégorie de « Juste » en l’inscrivant dans l’histoire de la Résistance civile, telle qu’elle a été définie il y a quinze ans par Jacques Sémelin [1]. La question de l’appartenance des Justes à l’ensemble de la Résistance a été posée à nouveau dans un volume collectif sur le sauvetage en situation génocidaire, La Résistance aux génocides. De la pluralité des actes de sauvetage [2]. Jacques Sémelin, qui n’a cessé d’affiner la définition de ce concept, a écrit qu’il s’agit d’un « processus spontané de lutte de la société civile par des moyens non armés, soit à travers la mobilisation de ces principales institutions, soit à travers la mobilisation de ses populations, ou bien grâce à l’action des deux à la fois » [3].

Une telle interrogation n’est pourtant pas centrale dans le livre de Patrick Cabanel, historien du protestantisme et du judaïsme français, les régions protestantes ayant souvent été des terres de sauvetage. Patrick Cabanel a écrit la première histoire complète des Justes de France. Ayant publié les émouvantes lettres écrites à Alice Ferrières, une Juste qui a placé des enfants dans des familles d’Auvergne [4], mais également des documents sur le « refuge » en Cévennes [5], l’historien a travaillé sur les dossiers de demande de médailles conservés à Yad Vashem, ainsi que sur la floraison de travaux, monographies, études régionales, études biographiques qui ont été publiés au cours des dix dernières années. Résultats de la constitution des Justes de France en catégorie mémorielle, reflets d’une demande d’explication et de commémorations, ces travaux très divers permettent d’appréhender la diversité des situations de sauvetage.

Patrick Cabanel contredit en partie l’image du Juste isolé qui, dans un mouvement spontané, cache une famille juive. Pour construire différentes catégories de Justes, il met l’accent sur des réseaux organisés ou informels, ce qui lui permet de dresser des tableaux saisissants de Justes liés entre eux. Ainsi, pour conclure un chapitre particulièrement intéressant sur les « terres, cités, frontières de refuge », l’historien offre un tableau des Justes de la frontière suisse, d’Annecy au lac Léman (p. 234). Quarante Justes y sont répertoriés. La frontière d’Annemasse et Douvaine, facilement franchissable, a attiré des milliers de persécutés. Mais, écrit l’auteur, « elle est devenue l’une des plus surveillées et dangereuses, et plusieurs drames l’ont endeuillée ». Des passeurs ont été arrêtés, torturés, déportés.

Car aider des Juifs présentait des dangers évidents. La situation était cependant différente de celle qui régnait en Europe centrale et orientale : là-bas, un passeur ou un sauveteur était immédiatement fusillé avec les Juifs qu’il avait pris en charge. En France, le risque était moindre mais, précise Cabanel, cela constitue un savoir a posteriori, que ne possédaient pas les sauveteurs. Il y a eu par ailleurs quelques cas de Justes assassinés uniquement parce qu’ils avaient aidé des Juifs – et non pour des activités de résistance politique ou armée.

Sociologie et géographie des Justes

Les données recueillies par Patrick Cabanel lui permettent de dresser des tableaux sur la sociologie des Justes. Ils provenaient de toutes les catégories sociales, des plus élevées – il y eut même un ministre, Paul Ramadier – aux plus humbles. Nombreuses ont été les femmes de milieu modeste qui ont apporté leur aide, parce qu’elles avaient été mises en contact par leur métier avec les familles et surtout avec les enfants : infirmières, concierges, bonnes d’enfants, institutrices, celles qui offrent ce qu’on appelle aujourd’hui « des services et des soins à la personne » (p. 83). Treize châtelains sont devenus des Justes ; le fait qu’ils avaient de la place pour cacher des fugitifs a pu jouer un rôle. Les ouvriers sont sous-représentés, peut-être parce que les sauvetages se sont déroulés loin des grandes concentrations industrielles du nord et de l’est de la France.

De façon intéressante, l’auteur analyse la géographie du sauvetage en comparant le nombre de Justes par département. Ils ont été nombreux dans les terres de refuge (montagnes), mais aussi dans les couloirs qui descendent de la région parisienne vers la zone Sud. La région la plus connue pour avoir accueilli des Juifs, celle qui a vu le plus de Justes nommés, est bien sûr les Cévennes. Mais d’autres départements, au regard des statistiques produites, ont aussi vu de larges concentrations de simples civils prenant des risques pour aider et cacher les proscrits de Vichy et du nazisme. Il est en ainsi par exemple de la Drôme.

Cabanel classifie également les Justes, décrivant les « diplomates de la défaite » qui ont fourni des visas (la figure majeure est celle d’Aristide de Sousa Mendes, consul général du Portugal à Bordeaux), ceux qui ont travaillé dans et autour des camps d’internement pour Juifs étrangers, ceux qui vivaient dans des terres de refuge et de frontières et, finalement, ceux qui ont aidé les enfants – convoyeuses, responsables d’écoles laïques ou chrétiennes, réseaux congrégationistes et même pédagogues d’avant-garde.

Quelles motivations ?

Le livre de Cabanel apporte des réponses, mais il laisse quelques questions ouvertes, par exemple au sujet des motivations des sauveteurs. Peu étaient engagés politiquement avant la guerre. Faut-il en revenir à des explications psychologisantes, comme celles développées au États-Unis sur la « personnalité altruiste » ? Elles sont peu opératoires. Il serait intéressant de tenter de quantifier le nombre de Français qui ont aidé des Juifs, par des gestes fugitifs, des gestes non reconnus.

Par ailleurs, le point aveugle de ces recherches sur les Justes de France est de placer le balancier un peu trop vers le « bien » et d’oublier l’indifférence, mais aussi la collaboration passive et active à la persécution, notamment les dénonciations. On pourrait aussi reconsidérer les liens des sauveteurs avec la Résistance organisée. À lire les multiples exemples décrits par Cabanel, on se demande s’il n’y a pas là un aspect essentiel : beaucoup de Justes ont été en contact avec des réseaux, pour obtenir des faux papiers, organiser un transport, trouver une filière de passeurs, etc. Enfin, les liens d’avant-guerre entre persécutés et sauveteurs mériteraient d’être creusés [6].

Sarah Gensburger et Patrick Cabanel interrogent très justement le silence de l’après-guerre. Il semble qu’après 1945, et mis à part la reconnaissance souvent tardive par Yad Vashem puis par l’État français, rien ne se soit passé. Or les liens tissés entre les persécutés et les Justes devraient être décrits, ne serait-ce que pour mieux comprendre la révolution qu’a constitué le dialogue judéo-chrétien. Il est notable que Cabanel propose une justification morale de son travail : « Nous devons apprendre à écrire l’histoire en sortant du huis clos des bourreaux et des victimes et en abordant un tiers parti généralement très majoritaire », conclut l’auteur. « Les gestes qu’ils [les Justes] ont fait en faveur des Juifs, les signes qu’ils leur ont envoyés, les mots qu’ils ont dits […], nous en sommes aussi les destinataires, et, par-delà le temps, le fracas de la violence, le silence de l’oubli, c’est à nous qu’ils parviennent, pour nous apporter un peu d’apaisement et le renouement d’un lien essentiel » (p. 391).

Jean-Marc Dreyfus 

Notes

[1] Jacques Sémelin, Sans armes face à Hitler. La Résistance civile en Europe 1939-1943, Paris, Payot et Rivages, 1998.

[2] Claire Andrieu, Jacques Sémelin, Sarah Gensburger, (dir.), La résistance aux génocides. De la pluralité des actes de sauvetage, Paris, Presses de la FNSP, 2008. Le titre est d’ailleurs trompeur : les nombreux cas étudiés procèdent plus des initiatives individuelles ou de petits réseaux pour sauver des individus que de tentatives pour arrêter le génocide dans son ensemble.

[3] Sémelin, Sans armes face à Hitler, op. cit., p. 22.

[4] Chère mademoiselle. Alice Ferrières et les enfants de Murat, 1941-1944, lettres introduites et éditées par Patrick Cabanel, préface de Mona Ozouf, Paris, Mémorial de la Shoah/Calmann-Lévy, 2010.

[5] Cévennes, terre de refuge, 1940-1944, textes et documents rassemblés par Philippe Joutard, Jacques Poujol et Patrick Cabanel, Montpellier, Presses du Languedoc, Club cévenol, 1987.

[6] Par exemple, mes deux grands-pères ont pu mettre à l’abri leur famille en bénéficiant de contacts professionnels développés avant l’Occupation.


source: http://alsace.france3.fr/2013/01/28/les-justes-parmi-les-nations-au-lycee-ort-de-strasbourg-189267.html du 25/01/2103

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Evreux se souvient de ses "Justes"

lundi 28 janvier 2013

Un vibrant hommage aux "Justes", ces femmes et ces hommes qui ont sauvé des juifs pendant la deuxième guerre mondiale, a été rendu ce dimanche à Evreux. Le maire de la ville, Michel Champredon a inauguré une plaque en leur nom.

La place des Justes parmi les Nations, une plaque pour ne pas oublier les actions courageuses et héroîques de ces hommes et femmes qui, pendant la dernière guerre mondiale, n'ont pas hésité à risquer leur vie pour en sauver d'autres : souvent celles d'enfants juifs menacés par les rafles des nazis.

Un hommage rendu alors qu'on célébrait ce dimanche 27 janvier la journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de la Shoa.
 

Catherine Lecompte

source: http://haute-normandie.france3.fr/2013/01/27/evreux-se-souvient-de-ses-justes-188987.html du 27/01/2013



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Les Justes du pays bellegardien : au secours des enfants juifs

lundi 28 janvier 2013

Témoignages émouvants d’une enfant cachée et de femmes ayant aidé des juifs. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, des anonymes ont sauvé des juifs de la déportation. Ainsi, dans l’Ain, des enfants ont été cachés au sein de familles ou d’organismes. En cette journée de la mémoire de l’Holocauste, Henni et ses sauveteurs témoignent pour la première fois.

Henni à Genissiat en 1943 Ils n’étaient pas censés se rencontrer, mais la guerre a mêlé leurs destins à tout jamais. Janvier 1943, Henni a 12 ans lorsqu’elle découvre Génissiat dans l’Ain. Durant deux ans, la petite juive connaîtra la sécurité d’un foyer aimant et protecteur auprès d’une famille de gens modestes : les Voirin. Le directeur de la Cimade, une association protestante et le pasteur Liotard de Bellegarde, ont organisé sa fuite du camp de Risevaltes puis ont contacté et convaincu Jean et Emma Voirin d’accueillir la fillette. “Le pasteur m’a accompagnée jusqu’à Génissiat en train et m’a laissée sur le quai. Là, j’ai découvert des gens très chaleureux”, raconte Henni aujourd’hui âgée de 82 ans. Comme elle, à quelques kilomètres de Génissiat, un groupe de garçons juifs, de 7 à 15 ans, vient d’échapper aux grandes rafles de Lyon et a trouvé refuge dans une colonie de vacances : la colonie du Pré Jeantet à Châtillon-en-Michaille. Tous les étés, des petits juifs seront cachés là. Simone Famy et Antoinette Bechard y ont été monitrices. Toutes deux se souviennent de la détresse éprouvée face à eux. “Beaucoup de ces gosses avaient perdu leurs parents. Souvent ils pleuraient, on faisait ce qu’on pouvait pour les réconforter“, raconte Simone.

Un quotidien de clandestin

La petite Henni s’accoutume rapidement à sa nouvelle vie malgré l’absence de ses parents. Elle prend part aux activités du centre social le jeudi et devient très amie avec la dernière enfant des Voirin, Lucette. “À l’école, je passais pour une réfugiée du nord qui avait perdu ses parents et qui était hébergée dans sa lointaine famille. Mais les habitants de Génissiat n’étaient pas dupes !”, confie-t-elle.

À Châtillon-en-Michaille, on tente également de garder le secret sur la présence de petits juifs. Loin d’être aussi paisibles qu’Henni, beaucoup des jeunes de la colonie rêvent de venger leurs parents.

“Ils volaient des couteaux. Certains voulaient aller tuer tous les Allemands !”, raconte Antoinette. Lorsque la vieille dame raconte certaines scènes de cette période, sa voix tremble, l’émotion est encore présente. La peur, elle l’a bien connue. “Lorsqu’il y avait des ravitaillements ou des contrôles, on réunissait les enfants les plus à risque et on partait se cacher dans une grange dans la montagne. Là, on attendait dans le foin que ce soit fini. Je me cachais avec eux et les rassurais. Un jour, au cours d’une balade, j’ai eu une grande frayeur : un Allemand armé d’un fusil venait à notre rencontre. J’ai réuni les enfants et je les ai sommés de rester polis. Certains ont salué le soldat mais une fois le dos tourné, ils ont craché par terre !”

Une vie à reconstruire

La vie d’enfant cachée d’Henni prend fin en octobre 1944, avec la venue de sa mère. “Elle a frappé à la porte, c’est moi qui ai ouvert. Elle a demandé où étaient les Voirin, elle ne m’avait pas reconnue.” Pour l’adolescente, l’aventure s’achève. De retour à Paris, la maman et sa fille retrouvent leur appartement occupé et leurs affaires volées. La vie continue malgré tout, le père d’Henni rentre miraculeusement du sud de la France où il avait trouvé refuge. Un miraculé parmi des millions d’innocents assassinés. “À l’exception de mes parents, toute ma famille a été déportée, je n’ai plus d’oncles, de tantes ou de cousins”, révèle-t-elle. En revanche, elle a trouvé une deuxième famille auprès des Voirin, même si au fil des ans, les liens se sont un peu estompés. À la fin des années 1990, elle engage une procédure pour faire reconnaître Emma et Jean comme Justes. Ils le deviennent en 1999. “Ils étaient méritants! Ils avaient pris de gros risques : cacher un enfant juif était passible de la déportation.“

Simone et Antoinette quant à elles, n’ont pas revu les enfants qu’elles avaient contribué à cacher et n’ont reçu aucune médaille pour leurs actions. Elles ont rarement évoqué ces sombres épisodes de leur vie. Comme la plupart des Justes, toutes deux minimisent leur rôle joué pendant la Seconde Guerre mondiale. “Je n’ai pas fait grand-chose, il fallait bien aider”, ne cesse de commenter Simone. Et pourtant, combien sont-ils à avoir pris le risque de cacher ou aider des juifs ? Une poignée. Au 1 er janvier 2012, 24 356 Justes parmi les nations de 41 pays ont été honorés, 3 513 en France.

source: http://www.ledauphine.com/ain/2013/01/26/les-justes-du-pays-bellegardien-au-secours-des-enfants-juifs#jimage=EF77F658-47EA-4B20-AFE1-F451A9D1148F du 237/01/2013

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Hommage aux Juifs déportés d’Angoulême et aux Justes de Charente

dimanche 27 janvier 2013

 

 

A Angoulême, le 8 octobre 1942, 387 hommes, femmes et enfants juifs ont été arrêtés puis rassemblés dans l’actuel conservatoire. Ils furent ensuite transférés à Drancy avant d’être déportés à Auschwitz. 70 ans après, jour pour jour, une cérémonie se tiendra sur les lieux de leur arrestation où deux plaques commémoratives seront inaugurées.

Sur les 387 Juifs qui ont été pris dans la rafle du 8 octobre 1942 et rassemblés dans l’actuel conservatoire d’Angoulême, 85 avaient moins de 15 ans. Certains n’étaient encore que des nourrissons.

Il existait déjà deux plaques sur le bâtiment du conservatoire, l’une rappelant la rafle et la déportation, l’autre rendant hommage, au nom de la République française, aux victimes des persécutions racistes et antisémites et des crimes contre l’humanité commis entre 1940 et 1944. 

Deux nouvelles plaques commémoratives

Les nouvelles plaques sont une initiative de l’Association des Juifs d’Angoulême et de son Président Gérard Benguigui, qui a retrouvé les noms des déportés à partir des archives locales. Son travail a reçu l’aval de Serge Klarsfeld.

À côté de celle sur laquelle sont gravés les 387 noms, prénoms et âges des Juifs déportés, une seconde plaque a été apposée en hommage aux 19 Charentais reconnus, à ce jour, Justes parmi les nations par l’Institut Yad Vashem à Jérusalem.

Ce projet a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Il a également été soutenu par l’association des Fils et Filles de Déportés Juifs de France, la ville d’Angoulême, la communauté d’agglomération et le département de la Charente. 

source: http://www.fondationshoah.org/FMS/spip.php?article1880


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