Réseau « Villes et Villages des Justes de France »

 … Passant, souviens-toi …

Le Réseau « Villes et Villages des Justes de France » a pour ambition de réunir les communes ayant nommé un lieu porteur de mémoire[1] - rue, place, allée, jardin, square, stèle… - pour perpétuer le souvenir et les valeurs portées par les  « Justes parmi les nations », ces femmes et ces hommes qui, avec courage et au péril de leur vie, ont, au cours de la seconde guerre mondiale, sauvé des Juifs en s’opposant aux persécutions antisémites nazies et à l'Etat français de Vichy. A ce jour, 191 communes de France ont créé de tels lieux et nos délégués ont souvent été à l’origine de ces initiatives, avec les maires des communes concernées, à la suite de l’organisation d’une cérémonie de remise de médaille.

Ce réseau a été initié dès 2010 par le Comité Français pour Yad Vashem, sous la présidence de Paul Schaffer. Il s’est développé depuis 2011 sous l’impulsion de son nouveau président, Jean-Raphaël Hirsch, et regroupe 54 communes au 1er juin 2014.

Il faut se souvenir par ailleurs que des cérémonies de remise de médaille ont eu lieu dans plus de 2000 communes françaises, au cours desquelles les 3760[2] « Justes parmi les Nations » reconnus par Yad Vashem, ont été honorés.

Pour formaliser ce réseau, le 12 septembre 2012, s’est tenue à l’Hôtel de Ville de Paris une réunion à laquelle étaient présents, aux côtés de nombreux représentants d’organismes officiels, 40 élus des communes concernées, dont 27 maires. Madame Wauquiez-Motte, Maire du Chambon-sur-Lignon, a accepté d’en être la Présidente d’Honneur, et Monsieur Thierry Vinçon, Maire de Saint-Amand-Montrond, d’en être  Président.

Les villes et villages, membres du réseau,  s’efforcent, avec l’aide du Comité Français pour Yad Vashem, de transmettre cette mémoire – dans le contexte de l’histoire générale de la Shoah et des déportations vers les camps de la mort dont  76.000 Juifs de France furent les victimes – à travers des actions dont voici quelques exemples :

  1. en développant des initiatives pédagogiques, culturelles et mémorielles avec un éclairage particulier sur les « Justes parmi les Nations » honorés localement ou collectivement: élaboration d’expositions ou accueil d’expositions existantes sur ces histoires individuelles ou collectives,organisation de conférences…,
  2. en documentant l’histoire des Justes de la commune et en l’indiquant sur le livret d’accueil et le site internet,
  3. en signalant par un panneau à l’entrée de la commune son appartenance au réseau « Villes et Villages des Justes de France »,
  4. en s’associant aux commémorations locales, régionales ou nationales, en particulier la « Journée nationale annuelle à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux Justes de France »[1],
  5. en s’associant aux cérémonies d’hommage organisées par l’institut Yad Vashem de Jérusalem à l’occasion du Yom Hashoah en avril ou en participant aux séminaires pédagogiques  destinés aux enseignants.

Lieux de mémoire et commémorations

Par ailleurs, le Comité Français œuvre pour rallier les deux milliers de communes où des cérémonies de remise de médaille ont été organisées, afin qu’elles créent des lieux porteurs de mémoire et rejoignent le réseau « Villes et Villages des Justes de France ».

La présence d’un lieu porteur de mémoire dans une commune donne l’opportunité de réunir les habitants autour de ce symbole à l’occasion des cérémonies nationales de commémoration ou de tout autre événement associé à l’histoire des Justes de la région.

Dans ce cadre, les villes et villages de France, membres du réseau, inviteront les communes ayant déjà nommé un lieu à la mémoire des « Justes parmi les Nations », à rejoindre ce réseau. Ils inviteront aussi les communes dont des habitants ont été nommés « Justes parmi les Nations »  et qui n’ont pas de lieu porteur de mémoire, à en créer un sous la forme d’un hommage soit personnalisé soit  général.

 

Rappelons que …

Le 18 janvier 2007, dans la Crypte du Panthéon, le Président de la République Jacques Chirac, sur une proposition de Simone Veil, donnait aux « Justes parmi les Nations » de France, reconnus ou restés anonymes, une place légitime auprès des grandes figures de notre pays. Il y a fait inscrire leur action collective par ces mots : « (…) bravant les risques encourus, ils ont incarné l’honneur de la France, les valeurs de justice, de tolérance et d’humanité ».

Parmi les 9 cérémonies qui sont inscrites au calendrier des commémorations nationales, et qui font l’objet d’un texte législatif ou règlementaire paru au Journal Officiel, figure la « Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux Justes de France ».

Le 10 juillet 2012, cinq ans après l’inauguration au Panthéon de la plaque à la mémoire des Justes de France, la médaille des « Justes parmi les Nations » a fait son entrée officielle au Musée de la Légion d’Honneur, à Paris.

 

 

« Se souvenir de ceux dont nous sommes fiers, dont notre ville ou notre pays s’enorgueillissent, inscrire  leur  action individuelle ou collective dans la Cité, c’est transmettre aux futures générations des valeurs de fraternité, d’humanisme, d’héroïsme, de justice et de paix ».



[1] Lieu du sauvetage ou emplacement destiné à devenir un lieu de souvenir pour rappeler une page d’histoire.

[2] Chiffre au 1er janvier 2014

[3] Cette journée est fixée au 16 juillet (commémoration de la rafle du Vel d’Hiv du 16 juillet 1942) ou le premier dimanche qui suit cette date