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Argenteuil : Cérémonie de remise de médailles aux Justes parmi les nations

mardi 17 avril 2012

Remise de la médaille des Justes parmi les Nations le 22 septembre 2011



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Intervention de Sylvie VEILLITH, le 17 juillet 2011

samedi 14 avril 2012

Monsieur le Ministre,
Madame la Ministre Simone VEIL
Monsieur le Maire de Paris,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les représentants des divers cultes,
Mesdames et Messieurs les représentants des Associations d’Anciens Combattants, déportés et internés,
Mesdames et Messieurs les porte- drapeaux,

Madame, Monsieur, 

Je suis la petite fille de Dora RIVIERE à laquelle l’institution Yad Vashem Jérusalem a décernée la distinction suprême de « Juste parmi les Nations » pour avoir aidé à ses risques et périls des juifs pourchassés et en danger de mort pendant l’occupation. 

C’est donc en ma qualité d’héritière de cette belle destinée et de l’hommage qui  lui est rendu que j’ai l’honneur de m’exprimer aujourd’hui devant vous.

Mon émotion est grande et ma fierté aussi mais demeure une pensée particulière pour le magnifique silence de ma grand-mère qui a toujours considéré que ses actions étaient de l’ordre de l’évidence et qui n’a jamais revendiqué, même auprès de ses proches, la moindre reconnaissance et à même refusé toute distinction honorifique .

Je m’adresse ainsi à vous avec le double respect que je lui dois pour  ses actes et  sa lumineuse humilité.

La vie de Dora RIVIERE a été tournée vers l’autre dès son enfance ; après des études aux hospices de Lyon, elle est devenue l’une des premières femmes médecins du XX ème siècle puis a quitté le sol natal, la région stéphanoise,  en 1923 pour une action humanitaire en Pologne alors ravagée par une épidémie de typhus ; revenue à Saint Etienne elle a multiplié les actions sociales en faveur des enfants et des mères déshéritées.

Dès 1941, elle est entrée dans une résistance active  sous le nom de code de Monsieur LIGNON et son parcours de résistante s’est cristallisé autour de la protection et du sauvetage des enfants juifs.

Après l’horreur de la rafle du Vel d’hiv, stigmatisée par les paroles bouleversantes des Pasteurs du plateau cévenol, renvoyant chacun à sa conscience, l’engagement de Dora RIVIERE a pris une nouvelle ampleur.

Elle considérait que, tout enfant juif traqué par la police allemande, devait être protégé dans les maisons d’enfant du plateau, caché chez elle ou dans les fermes ; elle a également été au cœur d’une filière d’évasion de familles juives  vers la Suisse avec l’aide de Pierre PITON et des transports RIVIERE.

Dénoncée en raison des actions menées pour sauver des personnes pourchassées, elle fut déportée au camp de femmes de  RAVENSBRUCK, en est revenue en 1945 et a continué dans la Haute-Loire ses actions de protection envers les enfants et les femmes.

En 2008, le jeune Jack LEWIN ayant fait souche à New York, dans ces derniers instants, où le passé doit revenir en force dans la mémoire, a écrit un magnifique témoignage  et notamment « Je n’oublierai jamais la famille RIVIERE et je ne pourrai jamais assez les remercier »

Le témoignage de cet enfant juif caché pendant plus de 4 semaines  avec son frère dans la maison de Dora RIVIERE, sauvés par elle alors qu’ils étaient  traqués par la police allemande, a révélé son action dévouée et courageuse et m’autorise aujourd’hui à exprimer ma fierté pour toute cette abnégation et ce dévouement au service de l’autre  et vous dire l’immense honneur que j’éprouve pour la reconnaissance  de ma grand-mère par l’Etat d’Israël.

Je n’oublierai jamais le travail remarquable des nombreux bénévoles qui œuvrent inlassablement à Yad Vashem  dans  le but de mettre en lumière ses martyrs,  ses héros ainsi que  les Justes parmi les Nations.

Que leur action perdure afin de mettre en valeur les femmes et les hommes d’honneur de toutes les nations pour qu’ils servent d’exemple aux générations futures

Je sais que cette distinction, décernée seulement à des non juifs qui ont sauvé des juifs de manière totalement désintéressée, est conforme à ces principes bibliques : Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier ;

Je mesure l’importance  de ce message et je charge ma descendance Anthony, Louise  Léonie ainsi  tous les enfants  de maintenir cette mémoire sacrée  pour le respect, la liberté et la dignité de l’homme.

Je vous remercie

 

Sylvie VEILLITH

 

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Remise de la médaille des Justes- Roger et Jeanne VOINOT

vendredi 13 avril 2012

Rochelle SAMEROFF Le 17 juillet 2011, la Mairie de Saint-Florentin-Avrolles (Yonne) , trois mois après la remise de la Médaille des Justes et de la Légion d’Honneur à Madame Jeanne VOINOT qui, avec son mari Roger aujourd’hui disparu, cacha et sauva la jeune Rachel KOCOTEK,(aujourd’hui Madame SAMEROFF)  inaugurait au cœur de sa commune la « Place des Justes parmi les Nations » et déposait une plaque commémorative en hommage aux cinq avrollais qui se dressèrent héroïquement, au péril de leur vie, face à l’intolérance et à l’antisémitisme  de l’occupant nazi.

« Pour Avrolles, cette cérémonie est un symbole très fort et très important au regard de l’Histoire. Et, comme nous le faisons chaque année pour saluer nos morts le ll novembre, nous fleurirons, le monument aux morts chaque 16 juillet, date anniversaire de la rafle du Vélodrome d’hiver à Paris et  date officielle de l’hommage annuel rendu aux Justes parmi les Nations ».a déclaré Monsieur Yves DELOT, Maire de la Commune.

Avec  émotion et reconnaissance, Yad Vashem tient à remercier et à féliciter  la Mairie d’Avrolles de son initiative de perpétrer, comme le font de plus en plus de communes de France, la  Mémoire de ses Héros;

Comme le soulignait Madame Simone Veil «  un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ; il peut-être amené à reproduire les erreurs du passé »            

 

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« Juste » leur devoir

vendredi 13 avril 2012

Léonie et Gabriel Magimel ainsi que le docteur Louis Baud ont été honorés, hier, à titre posthume.

Paulette Baduel, Reine Rabot et Renée Trastour ont reçu la distinction pour leurs parents et grand-parent. PHOTO M. D.

Lacapelle-Biron est connue comme village martyr. Cela à cause de la rafle perpétrée le 21 mai 1944 par la division SS Das Reich, qui arracha tous les hommes de la commune à l'affection des leurs pour les déporter vers les camps de Dachau et de Mauthausen, d'où la moitié ne revinrent jamais. Désormais, Lacapelle-Biron tout comme Gavaudun, sa voisine, seront connues comme des communes où des habitants ont bravé des périls pour sauver des personnes de confession judaïque menacées d'extermination par la bête nazie.

Hier, Michel Lugassy-Harel, ministre auprès de l'ambassade d'Israël en France, et Nathan Holchaker, délégué aquitain du Comité français pour Yad Vashem, remettaient la médaille des Justes parmi les nations à trois personnes à titre posthume.

Trois héros ordinaires

Léonie et Gabriel Magimel d'une part, le docteur Louis Baud d'autre part. Ils furent trois de ces héros ordinaires qui un jour décidèrent d'aider leurs prochains en danger, qui choisirent la bravoure plutôt que l'avilissement. Huna Sin Blima (connu à Lacapelle sous le prénom d'Henri) était arrivé de Roumanie à l'âge de 19 ans. Marié à Olga Silberman, Huna exerça son métier de tailleur à Paris jusqu'à ce que des lois iniques l'obligent à abandonner sa boutique, puis à partir sur les routes avec son épouse et ses deux enfants, Hélène et Gilbert, en juin 1940. C'est la présence d'un parent à Lacapelle qui conduisit alors la famille Sin Blima vers le petit village du nord-est du Lot-et-Garonne. Installé dans une maison du bourg, Huna reprit son office de tailleur jusqu'en 1943, où la « chasse au juif » se fit plus pressante. Après une fouille en règle de sa maison par la police, le père de famille, miraculeusement réchappé, partit au hasard sur une route. À quelques kilomètres du village, au lieu-dit « le Moulinal », Louis Balse vit alors arriver l'homme, écouta son histoire et décida aussitôt de le cacher dans son moulin, « sans la moindre contrepartie financière », précise Gilbert. De santé fragile, Huna Sin Blima dut faire appel au médecin du village, le docteur Louis Baud, qui venait clandestinement pendant la nuit lui apporter son secours. Pendant ce temps, la mère, restée au village avec ses enfants et craignant un retour de la police, trouvait refuge chaque nuit chez Alida Lachoux. La maladie d'Huna empirant et sa cache près de la chute d'eau n'arrangeant pas son état, le docteur finit par le conduire à Gavaudun, dans la ferme de Gabriel et Léonie Magimel, laquelle avait un jour proposé de l'aide à Olga Sin Blima « en cas d'ennuis ». Là, l'homme traqué, mais protégé par l'ensemble des voisins, très discrets, aidait aux travaux des champs ou confectionnait des habits pour ses protecteurs en guise de remerciement. Le 21 mai 1944, les SS venus arrêter les hommes de la commune pour apeurer les nombreux maquis alentour, s'enquirent auprès des autorités locales de la présence de juifs. Alors que le curé de la paroisse, Roger Dané, qui sera déporté avec ses paroissiens, se taisait, le docteur Baud déclarait avec aplomb qu'il y en avait eu, mais qu'ils étaient tous déjà partis. « Grâce à sa présence d'esprit, le docteur Baud a sauvé de la déportation les familles Sin Blima, Rosenthal, Winfried et Mme Baller, tous cachés dans des familles capelaines », témoigne Gilbert Blima.

Vive émotion

« Nous sommes émus et fiers de l'engagement des membres de notre famille », déclaraient Reine et Paulette, filles de Gabriel et Léonie, en rappelant ce que répétait souvent leur mère : « Nous devions le faire. Il fallait bien s'aider. » Héroïsme « naturel » et si efficace. « Juste » leur devoir d'hommes ou de femmes convaincus que « le danger, ce n'est pas l'étranger mais le fascisme », selon les termes de Gabriel.

L'émotion, très prenante tout au long de la cérémonie, atteignait son paroxysme quand les arrière-petites-filles entonnaient en chœur un chant juif.

Michel Debiard

Cette cérémonie a eu lieu en présence de Christian Saint-Béat, maire de Lacapelle ; Éric Congé, maire de Gavaudun ; Jérôme Decours, sous-préfet ; Pierre Camani, président du Conseil général ; Marcel Calmette, conseiller général ; Lucette Lousteau, conseillère régionale ; et des descendants des récipiendaires. Était également présent Gilbert Sin Blima, ancien enfant juif réfugié à Lacapelle avec sa famille qui a demandé, en accord avec les familles, que cet honneur leur soit rendu.


Source : http:// www.sudouest.fr 2011 du
01/11/2011

 

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