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Cérémonie des Justes

dimanche 1 avril 2012

 

Remise du titre de " Juste parmi les Nations " à feu M. et Mme Henri et Marie LEUILLET

Discours de M. Guy MALHERBE
Député-Maire
 

Je voudrais saluer la présence de :

M. le Représentant de l’Ambassade d’Israël,
Mme la Conseillère Générale,
MM. les Maires (Athis-Mons),
Mmes, MM. Les Maires adjoints et conseillers municipaux,
M. le Délégué régional du Comité français Yad Vashem,
MM. les Représentants de la Communauté Israélite,
MM. les Présidents d’associations d’Anciens Combattants,
MM. les Portes-Drapeaux,


Mesdames, Messieurs,

Nous sommes réunis ce soir autour de M. et Mme Claude LEUILLET pour la cérémonie de remise du titre de « Juste parmi les Nations » à leurs parents et grands-parents aujourd’hui disparus, Henri et Marie LEUILLET, et Georges et Germaine LEUILLET.

Les parents et grands-parents de M. LEUILLET ont aidé au péril de leur vie la famille de M. et Mme Jean WEISZ, dont leurs enfants, Joseph, Alphonse et Liliane WEISZ, qui sont aujourd’hui vivants et parmi nous, a échapper à l’arrestation par les gendarmes et les nazis, à la déportation et à l’extermination.

Je remercie M. Pierre OSOWIECHI, Délégué régional du Comité Français pour Yad Vashem d’avoir coordonné cette cérémonie.

Je dirai que c’est un honneur et un bonheur de vous accueillir pour cette cérémonie, ce soir, à Epinay-sur-Orge, car c’est un remarquable travail de mémoire et d’histoire que nous réalisons ensemble. Travail entrepris depuis 1995 avec la reconnaissance explicite par le Président de la République Jacques CHIRAC de la responsabilité de la France dans la déportation des juifs dans les camps d’extermination ; travail que nous devons poursuivre inlassablement. La tragédie de Toulouse le montre. Comme le soulignait Simone VEIL, « un peuple sans mémoire et un peuple sans avenir ; il peut être amené à reproduire les erreurs du passé ».

C’est un honneur, d’abord, de compter parmi les Spinoliens une famille, celle de M. LEUILLET, qui a contribué à sauver à ses risques et périls, la vie d’une autre famille qui avait été dénoncée et qui était pourchassée à Paris, pendant l’Occupation, par la police zélée de l’Etat français de Vichy et les nazis parce qu’elle était juive.

M. LEUILLET avec votre frère, Gérard, vous avez partagé les jeux et les mésaventures qui furent sans doute nombreuses pendant ces longues années d’Occupation, avec les trois enfants, Joseph, Alphonse et Liliane, de M. et Mme WEISZ, chez vos grands-parents à Saint-Savin, dans la Vienne, où vous étiez réfugiés avec votre mère.

Je ne sais si, à l’époque, alors adolescent, vous mesuriez les risques et périls que j’évoquai, mais votre comportement, vos paroles, vos actes, à l’école ou dans la vie de tous les jours, ont permis de protéger et d’empêcher l’arrestation, la déportation et l’extermination de toute la famille de M. et Mme Joseph WEISZ et de faire qu’aujourd’hui vos compagnons de jeux et de mésaventures, Joseph, Alphonse et Liliane, soient vivants et à nos côtés ce soir.

C’est un bonheur aussi de partager cette cérémonie dans les circonstances tragiques que nous venons de vivre à la suite de l’assassinat à Toulouse de deux militaires et de quatre personnes, dont trois enfants au collègue OZAR HATORAH, dont certains étaient de nationalité israélienne, pour montrer que dans d’autres circonstances, dans des moments très douloureux de notre histoire de France, des Français simples comme l’était la famille de M. LEUILLET, ont donné l’exemple d’une magnifique image de dignité et de courage car du courage, il en fallait à l’époque pour réaliser ce sauvetage.

Aussi, cette cérémonie doit être un symbole très fort et très important au regard de notre Histoire.

Comme tous les Français, j’ai été bouleversé et révolté, et mes collègues aussi, par les assassinats commis à Toulouse.

Ces actes terroristes qui ont conduit un tueur à abattre d’abord deux militaires et à blesser grièvement un autre soldat, puis en poursuivant son chemin implacable et meurtrier, en assassinant sauvagement et froidement trois enfants, dont aucun n’avait plus de dix ans, et un professeur.

Ce sont des enfants, des soldats, des français qui ont été assassinés. Ce sont des institutions de la République, une école et l’armée, qui étaient visées.

Aussi, je souhaite adresser à nos soldats et au peuple israéliens, personnellement et au nom du Conseil municipal, nos condoléances les plus sincères et attristées.

Je souhaite exprimer aux familles des victimes notre solidarité, notre compassion et nos sentiments de profonde sympathie.

Je tiens à féliciter les services de la police pour la rapidité de l’enquête et à rendre hommage à leur mobilisation exceptionnelle. Force est restée à la loi.

Le Président de la République a réuni l’ensemble des représentants de la communauté juive et des représentants du culte musulman pour leur dire que le terrorisme, car il s’agit bien d’un acte terroriste, ne parviendra pas et ne doit pas fracturer notre communauté nationale.

Le Président de la République s’est adressé aussi à la communauté nationale, à tous les Français, pour dire que nous devons être rassemblés, nous ne devons céder, ni à l’amalgame, ni à la vengeance, face à un tel événement. Nous devons continuer à être rassembleur et à exprimer l’unité de la France contre la violence, la barbarie, le racisme et l’antisémitisme. Nous le devons aux victimes froidement assassinées et à notre pays.

Dans un monde qui prône trop souvent l’amnésie collective, la banalisation du crime, pour s’affranchir de ses responsabilités, nous devons encourager la fidélité aux disparus, la prise en compte des leçons du passé, comme la belle et magnifique leçon que la famille LEUILLET nous a laissé en héritage pour l’amélioration constante du monde confié aux nouvelles générations, représentées ici par le Conseil municipal des enfants. Ces enfants doivent savoir que l’avenir de notre société repose sur la responsabilité personnelle de chacun dans la sauvegarde des valeurs humaines et de l’humanité elle-même et que la liberté est fragile, très fragile.

Merci de votre attention.

source: http://www.ville-epinay-sur-orge.fr/actualites/282-ceremonie-des-justes du 22/03/2012

 

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Plaque commémorative

dimanche 25 mars 2012

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Plaque commémorative

dimanche 25 mars 2012

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Yad Vashem honore le français Yves Criou

samedi 24 mars 2012



Yad Vashem, le mémorial de la Shoah, s'apprête à rendre hommage à Yves Criou. Dimanche 30 octobre, sa famille recevra une médaille et un certificat qui fera de cet ancien résistant un Juste parmi les Nations. Yves Criou, disparu en septembre 1981, s'est distingué pendant la seconde guerre mondiale en cachant plusieurs membres d'une famille juive, les Kletjman. Tous furent cachés dans la cave d'un appartement parisien jusqu'à la libération de la France quelques années plus tard. La cérémonie d'hommage à Yves Criou se déroulera en présence de l'ambassadeur de France en Israël Christophe Bigot.

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