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Sr Marie-Emilienne reconnue « Juste parmi les Nations »

jeudi 22 mars 2012

Une belle histoire

Sr Marie-Emilienne , Soeur de Jeanne Delanoue, de la Communauté de la Providence de Mende (Lozère) était à Jérusalem le 28 février 2012 pour recevoir, au mémorial de Yad Vashem, le titre de « Juste parmi les Nations ». Voici un extrait du journal Zenit, de Rome :

« Avec les années qui nous séparent de la Seconde Guerre Mondiale, il est de plus en plus rare de voir réunies durant cette émouvante cérémonie, la personne sauvée et la personne qui a permis le sauvetage. Ce fut pourtant le cas ce mardi à Yad Vashem. Sr Emilienne est arrivée au bras de Gaby ! Elles sont restées côte à côte durant la célébration dans la pénombre de la Chambre de la mémoire où Sr Marie-Emilienne a ravivé la flamme du souvenir.
Gaby avait deux ans et demi, Sr M.Emilienne 21 quand leurs destins se sont croisés. Les parents de Gaby, David et Héla-Zissa Hochman, émigrés de Pologne en France en 1923, fuyaient l’avancée allemande. En septembre 1943, ils confièrent leurs deux filles à une association juive d’entraide qui les cacha dans ce couvent servant aussi de refuge à la Résistance. Hélas, la maman fut arrêtée par la gestapo et et déportée à Auschwitz où elle mourut le 2.11.1943
En décembre 1944, David récupéra ses filles, mais ne leur parla jamais des année de guerre.
En 1944, Gabrielle voulut savoir et entreprit des recherches. Elle découvrit avoir été accueille dans le couvent des Soeurs de la Providence de Mende en Lozère. Ses recherches lui firent identifier le Père Caupert, aumônier, et la Supérieure, Marie-Rose Brugeron, pour ses sauveurs ; l’un et l’autre ont d’ailleurs été reconnus »Justes parmi les Nations" ce même jour, à titre posthume.
Sr Marie-Emilienne a toujours gardé le secret. C’est en 1997 que Gaby a organisé la pose d’une plaque commémorative sur le mur dela communauté à Mende... Gaby lui fit briser le silence. Sr M.Emilienne - contrairement aux autres soeurs - savait l’origine juive des enfants et devait les cacher en cas de danger.

« Nous les avons protégées mais aussi, nous les avons aimées » a-t-elle déclarée dans son discours de remerciement à la Synagogue de Yad Vashem.

source: http://catholique-angers.cef.fr/Sr-Marie-Emilienne-reconnue-Juste du 22/03/2012



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Mélanie Duprat : "Juste parmi les Nations"

jeudi 22 mars 2012

hommage

Michel Lugassy-Harel a remis la médaille à Jean-Paul Duprat aux côtés des descendantes Frajtlowicz./Photo DDM, Ysabel.
A la mairie de Lectoure, une cérémonie afin de reconnaître à titre posthume, « Juste parmi les Nations », Mélanie Duprat, s'est déroulée le 15 mars. Le 16 décembre 2010, c'est l'archiprêtre Arthur Sentex qui recevait cette même distinction, à titre posthume également. Ces commémorations adviennent suite aux actes du colloque « Familles juives dans le Gers » organisé par la Société archéologique en 2008 à Auch et grâce à la ténacité des recherches entreprises par Geneviève Courtès qui publia un ouvrage, « Enfants juifs à Lectoure, 1939-1945 ».

Deux salles de l'hôtel de ville étaient pleines avec des membres des familles des sauveurs et des sauvés, les classes de 3e des deux collèges et de nombreux invités.

Le maire Gérard Duclos présidait la cérémonie, particulièrement ému : il a été le médecin de Mélanie Duprat et ne connaissait pas son histoire. Il a rendu hommage à « ces gens ordinaires qui ont fait des choses extraordinaires ».

Le docteur Albert Seifer, délégué régional du comité français pour Yad Vashem, expliqua les activités de quelques personnages qui ont aidé les Juifs dans le Sud-Ouest. Il apporta une parenthèse sur sa propre famille dont le père fut déporté puis revenu. Enfin Michel Lugassy-Harel, ministre des Affaires administratives de l'Ambassade d'Israël, remit la médaille en témoignage de gratitude et de reconnaissance à Jean-Paul Duprat, petit-fils de Mélanie. Indiquant que ces actes de bravoure sauvent la dignité humaine et la fierté de la France.

Le sous-préfet de Condom, Dominique Gilles, a célébré le courage et la volonté de certains à s'opposer à la résurgence de la haine.

Tous ont remercié le conseiller général Georges Courtès et son épouse. Jean-Paul Duprat a raconté l'histoire de sa grand-mère qui hébergeait et employait Henri et Denise Frajtlowicz. S'étant liée d'amitié avec cette dernière, elle lui a fait fabriquer une vraie fausse carte d'identité à son propre nom mais avec la photo de Denise Frajtlowicz afin que celle-ci puisse circuler à sa convenance. Parfaitement consciente des enjeux qu'elle encourait, elle est enfin reconnue aujourd'hui.

source: http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/21/1310849-lectoure-melanie-duprat-juste-parmi-les-nations.html du 22/03/2012

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Qui a sauvé Henri Szermanski

mercredi 21 mars 2012

Henri Szermanski est un patient devenu au fil des ans un ami. Derrière sa fine moustache rappelant qu'il vient d'un siècle où Errol Flynn et Clark Gable enflammèrent plus de passions que George Clooney et Brad Pitt, Henri avait l'habitude de lancer, avec malice et une infinie gentillesse malgré tout, des phrases gâchettes, piquantes de vérité; ainsi cet électricien venu me secourir lors d'un repas où l'ensemble des lignes que j'avais installées avaient sauté, déclara devant mes invités: "Vous faites de l'électricité comme je ferais de la médecine!".


Mais derrière son esprit caustique une question fondamentale était apparu taraudant le cerveau du vieil homme, occultant toute autre pensée: il avait réussi sa vie affective, familiale, professionnelle, mais était-il heureux?

Une vieille cicatrice se réveilla, plus douloureuse qu'il ne le pensait et qui concernait son être entier: son enfance. Il l'avait éliminé pour ne pas souffrir, maintenant il se la rappelait. Elle ne le lâcha plus.

Pendant des années son père blessé de guerre fut hospitalisé, c'est à sa mère qu'avait échu le rôle de prévenir ses enfants que vivre représentait un risque. Elle avait appris à Henri qu'il était né coupable aux yeux des autres, de ceux qui définissaient le Droit à l'époque. Pour échapper à la sanction, il devait ne pas être remarquable, se rendre invisible... s'il voulait survivre. On l'avait initié à devenir un "non homme" selon la formule de Finkielkraut pour échapper à la culpabilité de ne pas être comme les autres, non pas qu'il lui ait manqué un membre ou qu'il en possédât un de trop, non sa difformité était sa religion, une religion qu'il ne pratiquait même pas mais que respectèrent des membres de sa famille. Jour après jour pendant des mois, des années, il vécut sans exister.

La peur avait culminé avec la rafle, pas "la Grande" du 16 juillet 1942 où 13.500 hommes femmes enfants vieillards furent entassés au Vel d'hiv grâce à 9000 policiers et gendarmes français, mais l'autre la première le 15 mai 1940 lorsque 5.000 prisonnières, des femmes juives ou opposantes qui avaient échappé aux allemands et avaient rejoint la "France terre d'asile" allaient être rendues à leur bourreaux, enfin pour celles qui ne moururent pas dès le premier hiver, en attente dans le camps de Gurs. Certes cet épisode avait été comme oublié, pire, effacé en l'an 2000, on aurait fini par le contester comme le reste si Hannah Arendt n'avait pas été déportée à ce moment là et si elle n'avait pas témoigné.

Tout à coup lui l'électricien qui apportait la lumière peut-être pour conjurer cette nuit qu'on lui avait fait supporter pendant des années, comprit qu'il devait éclairer cette ombre de sa vie, parce qu'à coté des délateurs des humiliateurs des rançonneurs, certains étaient restés des hommes, les valeurs ancestrales humanistes qu'on leur avait enseignées étaient gravées dans leur esprit comme des priorités ne supportant aucun compromis même s'ils se trouvaient en infraction avec les textes votés par les forces au pouvoir.

En ayant le courage de revenir sur ce passé Henri Szermanski allait permettre d'honorer Gisèle et Robert Ripé qui bravèrent l'Ordre pétainiste près de Vendôme en accueillant trois enfants juifs, puisqu'après deux arrestations pour fait d'être juive leur mère avait compris qu'elle devait protéger ses enfants en les éloignant. De la troisième arrestation elle ne revint pas.

Après de longues et complexes recherches Henri découvrit les enfants de ceux qui leur évitèrent le même sort et aujourd'hui en les faisant reconnaitre comme "Justes parmi les nations", en ajoutant leurs noms à la liste des 23.800 personnes déjà inscrites il rappelait que l'Ordre pétainiste avait été bravé au péril de leur vie par ces deux simples bonnetiers, il rappelait que l'humanisme de certains dépassait la Loi qui définissait comme crime l'appartenance à une autre religion.

Sur la médaille remise à la fille de ces héros est inscrite une phrase du Talmud: "Quiconque sauve une âme sauve l'univers tout entier". En pensant à Henri qui va enfin pouvoir reprendre sa vie "d'avant", on pourrait ajouter: "Quiconque sauve un Juste de l'oubli sauve l'univers tout entier"

Par Jean EROUKHMANOFF

source: http://jean-eroukhmanoff.over-blog.com/article-qui-a-sauve-henri-szermanski-100952656.html du 6/03/2012

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Louis Forestier, Juste parmi les Nations

mercredi 21 mars 2012

Alain Forestier, papier en main. Derrière lui, la famille de Louis et Charlotte Berger et Alice Radzyner, sauvées par Louis Forestier (en médaillon). Et les représentants de Yad Vashem et d'Israël Instituteur républicain, trésorier de la FOL, Louis Forestier, a sauvé deux enfants juives, pendant l'Occupation. Hier, il a reçu à titre posthume la médaille de Juste parmi les Nations.

Alice avait 5 ans. L'âge de l'insouciance pour cette enfant juive. Hier, à l'hôtel de ville, Alice Radzyner, est revenue en arrière. Le château de Lavercantière, le tas de fumier et la planque organisée, pendant deux ans, par l'instituteur républicain, Louis Forestier. Charlotte Berger et Alice Radzyner ont été cachées, pendant la guerre, à Lavercantière. Sorties des griffes nazies par Louis Forestier, honoré hier de la Médaille des Justes (lire encadré). Le souvenir de ce grand homme, travailleur, intègre, maillon solide de la fédération des Œuvres laïques (FOl) un brin bourru mais tellement respecté hante encore les tours de Lavercantière et d'ailleurs. Décédé à 67 ans, Louis Forestier fait partie du patrimoine républicain local. Hier, son fils Alain, entouré par toute sa famille, a rappelé son souvenir. Comme beaucoup de « vrais » résistants, Louis Forestier était un homme de peu de mots : « Il ne parlait pas du passé. On n'avait droit qu'à quelques anecdotes », se souvient son fils, Alain, très ému. Alice : « J'avais l'impression que j'avais été puni par mes parents en venant là, disait hier la rescapée. Je ne me souviens pas de grand-chose, juste que M. Forestier venait me parler de mes parents. J'étais avec un petit garçon ». Loin du tumulte des atrocités commises dans les camps de la mort, Lavercantière reste le symbole de l'humanité. Hier, à l'hôtel de ville, Jean-Marc Vayssouze, le maire de Cahors, ville où vécut Louis Forestier, a salué « l'homme simple, modeste, qui a très vite choisi son camp : celui de l'homme et de l'humanité ». Geneviève Lagarde, sa première adjointe, a évoqué « le courage qu'il fallait pour braver la France majoritairement vichyste, celle de la collaboration, de la lâcheté collective et de la dénonciation ». Pour l'élue, « Louis Forestier était un homme, courageux et ordinaire. À Cahors, on le respectait ». Et si Charlotte Berger, l'autre petite fille sauvée par Louis Forestier, souhaite que ce passé serve « pour être vigilant pour l'avenir », la phrase qui résonne, même aux républicains, est celle du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'Univers tout entier ».

source: http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/16/1307771-cahors-louis-forestier-juste-parmi-les-nations.html du 21/03/2012

 

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Un ancien commissaire de police de Marseille reconnu Juste parmi les nations

mercredi 21 mars 2012

NANCY (AFP-EJP)---Un ancien commissaire de police de Marseille et Aurillac, Henri Weisbecker, a reçu à titre posthume vendredi à Nancy le titre de "Juste parmi les nations", la plus haute distinction décernée par Israël à ceux qui ont sauvé des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

La médaille a été remise à sa belle-fille, Yvette Weisbecker, 94 ans, "seule survivante" de sa génération de la famille Weisbecker.

Henri Weisbecker, "un policier hors du commun" selon sa belle-fille, était recherché dès 1939 par la Gestapo, alors qu'il était en poste à Freyming (Moselle).

Passé en zone libre, il était devenu commissaire de police à Marseille d'octobre 1941 à avril 1943, puis à Aurillac jusqu'à la fin de l'année 1944.

"Combien d'enquêtes ne furent jamais résolues, notamment d'assassinats de miliciens, combien de sabotages ne connurent jamais de suites, grâce à Henri Weisbecker", a rappelé le maire de Nancy, André Rossinot (PR).

M. Weisbecker a protégé de nombreuses familles juives tant à Marseille qu'à Aurillac. C'est l'une de ces personnes sauvées par le policier qui a déclenché la procédure de reconnaissance de "Juste", a expliqué Mme Weisbecker.

En 1941, Françoise Cahen et sa mère, Louise Michel, après avoir quitté Paris en juin 1940 et s'être réfugiées un temps dans les Hautes-Pyrénées, partent pour Aurillac où elles espèrent échapper aux rafles contre les familles juives.

Là-bas, le commissariat de police est dirigé à partir d'avril 1943 par le commissaire Henri Weisbecker, un "grand résistant" qui a déjà sauvé des personnes juives dans son précédent poste à Marseille.

Le 25 mai 1944, comprenant qu'une rafle se prépare à Aurillac car ses agents sont réquisitionnés par la Milice, le commissaire Weibecker charge le groupe de résistants de son commissariat d'aller prévenir tous les Juifs de la ville. Françoise Cahen, sa mère, ses cousines, vont être parmi les personnes prévenues et ainsi sauvées de la déportation.

L'action d'Henri Weisbecker s'est également étendue à la fourniture de fausses cartes d'identité aux familles menacées.

Les personnes qui reçoivent le titre de "Juste parmi les nations"
obtiennent une médaille, un diplôme officiel et leur nom est gravé sur un mur dans la forêt de Jérusalem, aux abords du Mémorial de Yad Vashem consacré au souvenir et à l'étude de la Shoah.

Depuis la création de la commission des "Justes" en 1963, plus de 24.000 personnes de 44 pays différents ont été reconnues "Justes", dont plus de 3.500 Français, selon le site de Yad Vashem.

source: http://fr.ejpress.org/article/43837 du 21/03/2012

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