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Cérémonie à Chelles (2)

samedi 3 juillet 2010

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De g. à dr. : Régine Sigal, Déléguée du Comité Français pour Yad Vashem,
Jean Paul Planchou, Maire de Chelles,
Laurent Mestre, Attaché à l'Ambassade d'Israël en France,
Frédéric du Laurence, ancien Ambassadeur.
(Ph. V. Chelles/BCFYV/DR).

 

Dans cette rubrique "reportages" a été annoncée la cérémonie marquant la reconnaissance à titre posthume d'Henri-Joseph et de Marie Degrémont comme Justes. Ceux-ci ont en effet protégé de la Shoah Joseph et Liba Goldsztajn ainsi que leur fils Henri.

La Mairie ainsi que les deux déléguées du Comité Français pour Yad Vashem, Nicole Caminade et Régine Sigal avaient veillé à ce que cet événement laisse dans les mémoires des traces lumineuses. Tout y concoura. La qualité des intervenants comme de l'attention soutenue aussi bien qu'émue du public. L'apport de musiciennes du Conservatoire. Le cadre fleuri...

 

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Henri Goldsztajn et son père, Joseph en 1944 (Ph. Arch. fam. / Mont. BCFYV / DR).

 

Présentation des Justes par les Déléguées du Comité Français :


- "Nous sommes réunis ici ce soir pour honorer le courage de ce couple, qui n’hésita pas à se mettre en péril pour accueillir, cacher et sauver plusieurs familles juives pourchassées par les nazis, dont Joseph-Aron GOLDSZTAJN, son épouse Liba et leur fils Henri.

Venant de Pologne, Joseph-Aron est arrivé à Paris en 1936. Joseph est boucher de profession. Il trouve aisément du travail et sa femme et son fils Henri le rejoignent en 1938. La famille vit rue Julien Lacroix, dans le 20e arrondissement, dans un immeuble contigu à la boucherie dont elle est propriétaire. La petite Hélène naît en janvier 1940.

Engagé dès septembre1939 dans un régiment de Volontaires Etrangers, le père est démobilisé en juillet l940 à Caussade, puis envoyé dans un camp de travail à Marseille. Grâce à un certificat de travail fourni par des amis, il rejoint sa famille et parvient à se cacher dans Paris lors de la grande rafle de juillet 1942. Cette nuit-là, sa femme sauve sa vie et celle de ses enfants en prenant le risque de ne pas répondre aux coups donnés sur la porte par les Allemands.

Pour les protéger, les parents placent alors leurs enfants à Villepinte. Un peu plus tard ils passent en zone libre avec leur fils, laissant Hélène chez sa nourrice.
En novembre 1942, la zone libre est envahie. Ils remontent alors sur Paris où ils apprennent que plusieurs familles juives sont cachées aux Coudreaux, quartier de Chelles.

C’est ainsi que, fin 1943, ils arrivent chez les DEGREMONT qui hébergent déjà des juifs mais qui n’hésitent pas à les accueillir. Ils vont pouvoir vivre en sécurité jusqu’à la Libération, alors que plusieurs autres familles dénoncées sont arrêtées puis déportées. Leurs noms figurent sur la stèle érigée en face de la Mairie, avec ceux des Martyrs de la Cascade du Bois de Boulogne et des otages fusillés.

Les rapports des DEGREMONT et des GOLDSZTAJN sont si chaleureux que les parents décident de leur confier leur fille Hélène, à la fin des hostilités, durant une année."

 

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Ayant-droit des Justes, leur neveu, Jacques Langlois, reçoit leur Diplôme des mains de Laurent Mestre, Attaché à l'Ambassade d'Israël en France (Ph. V. Chelles / BCFYV / DR).

 

 

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De g. à dr. : Régine Sigal, CF pour Yad Vashem; Hélène Gutowski, enfant cachée; Jean Paul Planchou, Maire de Chelles (Ph. V. Chelles / BCFYV / DR).

 

Hélène Gutowski-Goldsztajn avait tenu à effectuer le voyage depuis l'Argentine pour marquer sa reconnaissance aux époux Degrémont, eux qui empêchèrent la Shoah d'emporter ses parents et son frère.
Le témoignage de cette autre enfant cachée a été recoupé avec le dossier Yad Vashem des nouveaux Justes et proposé sur une page de ces reportages.

 

 

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Cérémonie au Parvis des Justes à Lille

vendredi 25 juin 2010

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Invitation à la cérémonie de Lille, le 24 juin 2010.

 

Léon et Claire Dubois
Justes parmi les Nations

 

Lille : à l'angle de la rue des Tanneurs et de la rue de Béthune, le Parvis des Justes a servi de cadre à une cérémonie de reconnaisance de Justes parmi les Nations, ce 24 juin 2010. 
Préparée par Didier Cerf ainsi qu'Annie Karo, Délégués du Comité Français pour Yad Vashem (1), cette cérémonie marquait l'attribution du diplôme et de la Médaille de Justes - à titre posthume - au couple Léon et de Claire Dubois.

Synthèse du dossier Yad Vashem :

- "En 1939, Chil Mohr et Lina Ruck qui ont émigré de Pologne dans les années 20, habitent rue de Rocroi à Lille avec leur fils unique Léo, né en 1932.
Chil Mohr est marchand forain.Très engagé à gauche, il écrit dans des journaux et revues yddish et mène de nombreuses activités culturelles.

Au cours de la débâcle de Mai 1940, devant l’invasion nazie, la famille Mohr fuit sous les bombes et se réfugie dans le Morbihan où elle reste deux mois avant de retourner à Lille.

1942 : la vie devient très difficile : lois anti juives, port de l’étoile jaune , rafles...
Le 16 juillet 1942, c’est la rafle du Vel d’hiv. Chil Mohr apprend l’arrestation de sa jeune soeur Henna avec ses deux filles Charlotte, 6 ans et Léa, 3 ans. Elles seront déportées à Auschwitz le 26 août 1942 et ne reviendront pas.

La famille décide alors de fuir en zone "libre". Grâce à de faux papiers fournis par des résistants à la Préfecture de Lille, ils franchissent la ligne de démarcation et rejoignent le reste de la famille Ruck à Gan où ils sont accueillis comme réfugiés.
Dans ce village du Béarn, prés de Pau, la vie s’organise : Léo va à l’école primaire puis en octobre 1943, fait sa rentée en 6 ème comme interne au Lycée Louis Barthou de Pau.

Mais en novembre 1943, la zone "libre" connaît l’occupation nazie, l’étau se resserre sur les juifs. Des rafles ont même lieu dans les classes, les professeurs recommandent la fuite. 
Prévenu d’une rafle imminente par des résistants de Pau, Chil Mohr fuit et se cache à Oloron-Sainte Marie.
Lina et son fils Léo décident de rester, mais ils sont surpris au petit matin par des miliciens et ont juste le temps de s’enfuir à travers champs.
Lina se dirige vers la ferme Mirassou dans le petit village des monts de Bosdarros, chez la famille Dubois qu’elle connaît pour y avoir parfois acheté du lait et des œufs.

Léon et Claire Dubois habitent avec le grand père et 3 de leurs 6 enfants Juliette, 18 ans, Alfred, 13 ans et Irène, 11 ans alors que les 3 aînés, Robert, Jean Louis et Germain sont prisonniers de guerre en Allemagne.
Lina est accueillie avec chaleur et compréhension. 
Après un bref échange de paroles, les Dubois acceptent tout naturellement de garder ce petit garçon juif, et lorsque Lina tend à Claire Dubois un petit sachet contenant quelques bijoux au cas où elle ne reviendrait pas, Claire refuse et lui dit : « Nous avons élevé 6 enfants, Léo sera le 7ème ».

Léo passera une année heureuse entourée d’une vraie famille généreuse et souriante.
En Septembre 1944, c’est la libération : Léo retrouve ses parents et il se souvient encore aujourd’hui, avec émotion des retrouvailles des deux familles à Mirassou.
En 1945 la famille Mohr regagne Lille où la vie reprend son cours.

Léon Dubois est décédé en 1950.
Lina Mohr et Claire Dubois entretiendront une correspondance régulière jusqu'au décès de Claire en 1956."

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Léon et Claire Dubois (Arch. L. Mohr / Mont. BCFYV / DR).

Témoignage par Léna, petite-fille de Léo Mohr (2) :

- "Chil MOHR (18 ans) et Lina RUCK (16 ans) mes arrières grands-parents sont arrivés en 1920 de Galicie, province autrichienne devenue polonaise.
Mariés à Lille en 1928, ils habiteront le quartier Saint Sauveur : rues de Tournai, Charles Saint-Venant, Rocroi...place Simon Vollant.
Léo, mon grand-père, naît en 1932.

Chil, Charles désormais, est marchand forain mais surtout passionné de culture Yiddish : il écrit de la poésie il fait chanter des chorales et écrit dans la presse juive de gauche, où il exprime son engagement politique. Lina le seconde dans ces taches.

Léo va à l'école Carnot au pied du beffroi.
Lille est une ville riante, défilés de géants Lyderic et Phynaert et les géants flamands invités. D'autres défilés derrière des drapeaux, avec les copains de la rue de la Vignette. Et triste la ville à la mort du maire Roger Salengro.

Mai 40. La débâcle sous les stukas et les bombes. Abbeville, Eu, Dieppe, Rouen seront rasés derrière eux. Ils sont réfugiés à Auray en Bretagne. Lorient brûle au loin.

1940/41 à Lille, les pénuries sont supportées avec courage, mais les prisonniers sont retenus encore en Allemagne et l'oppression politique est lourde.
1942.Les lois antijuives sont appliquées avec toutes leurs violences. Port obligatoire de l'étoile jaune à partir de l'age de 6 ans. On peut lire « Juif »en lettres noires.
L'entrée en classe de Léo qui porte cette étoile cousue sur le vêtement crée un brouhaha. Le maître, Monsieur Bodaert, calme les élèves avec des mots justes et élogieux et recommande à Léo de ne plus revenir en classe.

Juillet 1942 au Vel d'hiv. Hanna, ses deux filles : Charlotte 6 ans, Léa 3 ans sont raflées et déportées vers Auschwitz, elles ne reviendront pas. 
Hanna était la plus jeune soeur de mon arrière grand-père.
La survie passe par la fuite en zone libre. Grâce aux excellents faux papiers fournis par des résistants de la préfecture de Lille ils franchissent les lignes.
Samuel RUCK, frère de Lina, ne franchira pas cette ligne, il sera déporté à Auschwitz et ne reviendra pas. 
Ils rejoignent enfin leur famille Ruck à Gan prés de Pau où ils sont très bien accueillis comme réfugiés.

La vie reprend, Léo va à l'école communale puis au lycée Louis Barthou à Pau. Octobre 1943 les nazis envahissent la zone libre. Les professeurs recommandent alors aux enfants juifs de quitter les classes devant les menaces de perquisitions policières et S.S.

Prévenu par des résistants, d'une rafle imminente, mon arrière grand-père fuit dans la nuit et se cache à Oloron.
Lina et son fils Léo restent mais sont surpris au petit matin par des miliciens de Vichy, menaçants.
Ils ont juste le temps de fuir à travers champs.
Ils se dirigent alors vers la ferme Mirassou dans les monts de Bosdarros, qu'ils connaissent pour y avoir acheté du lait et des oeufs.

Léon et Claire DUBOIS, le grand père Candegabe y habitent avec trois enfants : Juliette 18 ans, Alfred 13 ans et Irène 11ans.
Les trois fils aînés Robert, Jean-Louis, et Germain sont prisonniers en Allemagne.
Lina est accueillie avec chaleur et compréhension.
Quelques mots brefs, les Dubois acceptent tout naturellement de garder ce petit garçon juif, et lorsque Lina tend à Claire un petit sachet contenant quelques bijoux au cas ou elle ne reviendrait pas.
Claire refuse et dit doucement : 
- « Nous avons élevé 6 enfants, Léo sera le 7ème ! »

Léo passera une année heureuse entourée d'une vraie famille généreuse et souriante.
Le 6 Juin 1944 : le facteur a bien du mal à grimper la côte, il a trop fêté le
Débarquement des Alliés en Normandie...
Septembre 1944. C'est la LIBERATION. 
Léo se souviendra toujours avec émotion du bonheur des familles retrouvées à
Mirassou.

En 1945 la famille Mohr regagne Lille. 
Léon Dubois décèdera en 1947. 
Lina Mohr et Claire Dubois entre tiendront une correspondance régulière jusqu'au décès de Claire en 1986.

Au Nom des neuf arrières petits enfants de Lina et Charles, je remercie Claire et Léon et salue leur mémoire. 
Je salue Robert, Juliette, Alfred, Irène leurs enfants et petits enfants."

NOTES :

(1) Délégués du Comité Français pour Yad Vashem, Didier Cerf et Annie Karo ont non seulement organsié cette cérémonie mais encore veillé à documenter cette page du blog.

(2) Enfant caché et à l'initiative de la nomination de ces nouveaux Justes parmi les Nations, Léo Mohr publie un blog "relatant les circonstances de sa rencontre avec la générosité et le courage".
Il vous invite à le consulter et à le diffuser : http://leomohr.blogspot.com/

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Le sauvetage de Louise Daouda

jeudi 24 juin 2010

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Cérémonie à la Mairie de Sanvensa.
Debouts, de g. à dr. : 
- Louise Daouda, enfant cachée,
- Shmuel Sivan, Consul d'Israël à Marseille,
- Suzette Clapier, Maire de Sanvensa,
- Albert Seifer, Délégué du Comité Français pour Yas Vashem.
Assis : André Falippou, fils des Justes, et son épouse.
(Ph. C. Gordon / BCFYV / DR).

Alfred et Marie-Emilie Falippou
Justes parmi les Nations

Compte-rendu de la cérémonie du 20 juin 2010 :

- "Dans la moderne mairie de ce village de 650 habitants, situé à une dizaine de kilomètres de Villefranche de Rouergue, une cinquantaine de personnes assistèrent à une cérémonie émouvante au cours de laquelle André, 90 ans, le fils d’Alfred et Marie-Emilie FALIPPOU et leurs nombreuses petites-filles reçurent la médaille des Justes décernée à titre posthume à leurs parents et grands-parents. 
Alfred et Marie-Emile hébergèrent et ainsi sauvèrent, dans leur ferme du « Portail Bas » Louise DADOUA , alors âgée de 9 ans, benjamine d’une famille de 8 enfants et originaire d’Algérie. Celle-ci, venue de Marseille, évoqua avec émotion la façon dont elle fut accueillie comme une enfant de la famille.

Une petite-fille Falippou remercia chaleureusement Yad Vashem.

Etaient présents : Mme Suzette CLAPIER, maire très sympathique de Sanvensa, Mr Shmuel SIVAN Consul d’Israël à Marseille et le Dr Albert SEIFER délégué régional du Comité Français pour Yad Vashem."
(Compte-rendu d'Albert Seifer).

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A l'avant plan, Louise Daouda, enfant cachée par les Falippou (Ph. Arch. Fam. / BCFYV / DR).

Synthèse du dossier Yad Vashem :

- "Maklouf Daouda est né en Algérie, en 1891. Il est boulanger. En 1912, il épouse Hanna Bittoun. En 1926, le couple arrive en France. 
Ils auront 8 enfants : Marcel Gaston (1913-1994), Gilberte (1915-1998), Lucienne (1918-1998), Léon (1922-1991), Simone (1925-1996), Paul Haim (1928-1985), Jules (1930, décédé en bas âge), Georges (1932-1983) et Louise (née en 1934).

Malouf décède à Marseille à l’âge de 46 ans. Sa veuve, 42 ans, aidée de sa mère, élève les huit enfants en faisant des ménages. La famille habite à Marseille, 15, rue Sainte-Anne, dans le quartier du Vieux Port.

Lorsque la guerre éclate, Marcel Gaston, l’aîné, est prisonnier de guerre en Allemagne. 
Gilberte habite à Montpellier. 
Lucienne vit à Peyrolles avec son fils Robert, 5 ans, et son mari Charles Hadjadj. Né en Algérie en 1912, ce dernier sera dénoncé et déporté sans retour vers Kaunas par le convoi n° 73 du 15 mai 1944.
Léon est résistant sous le nom d'André Fabreguette.

Lors de la grande rafle des 22 et 23 janvier 1943 à Marseille, Hanna Dadoua et quatre de ses enfants, Simone, Paul et Georges et Louise, sont arrêtés par les soldats Allemands et la Milice. Ils sont conduits au Vieux Port, entassés dans des wagons, dirigés vers la gare de triage de Fréjus et internés dans un camp de tirailleurs sénégalais. Ils y restent parqués huit jours dans des conditions abominables.
Là, Simone amadoue un Milicien chargé de la surveillance. Il s’arrange pour les faire renvoyer sur Marseille. Puis Hanna Daouda et les siens parviennent à gagner Montpellier et s'installent 12, rue de l'Université.

Par mesure de sécurité, Georges et Paul sont placés dans un couvent dirigé par l'abbé Prévôt à Montpellier. 
Louise est conduite au couvent des Dames de Nevers à Cahors. 
Hanna, sa mère et Simone restent réfugiées à Montpellier.

Fin 1943, le petite Louise est évacuée avec d’autres enfants sur Villefranche-de-Rouergue. Louise est attendue à la gare par M. et Mme Vialar qui tiennent une épicerie. Denise, la fille des Vialar, âgée de 19 ans, s'y occupe de Louise avec douceur et gentillesse. Mais, la grande maison des Vialar vient à être réquisitionnée par les Allemands.
La petite Louise est alors confiée à des amis des Vialar qui habitent Sanvensa, à 8 km de Villefranche. L’enfant cachée découvre ainsi Alfred et Maria Falippou, agriculteurs et leurs deux enfants, André, né en 1920, et Yvette, née en 1922.

 

Les Falippou font passer leur protégée pour la fille d’une amie, enfant venue "se refaire une santé à la campagne".
Louise avait alors 10 ans. Elle garde le souvenir de sa petite chambre avec une couette en plume d'oie, du bon lait, des vendanges et de la maison pleine d'amour.
Quand elle le peut, Hanna Daouda vient embrasser sa fille et repart toujours avec des paniers chargés de victuailles.

A la Libération, Louise sera partagée entre le bonheur de retrouver sa maman et la grande tristesse de quitter les Vialar… »

Le Midi Libre :

- "Louise Dadoua a permis à leurs petites-filles (Anne-Marie, Josiane, Françoise, Paulette et Danièle), de connaître la vérité sur cette période.
« Que ce soient mes grands-parents, ma mère et mon oncle, et même les voisins, personne ne nous en a jamais parlé », explique Danièle, l'une des deux filles d'Yvette, et qui s'est chargé avec André son époux, de monter le dossier.

« C'est au travers du dossier que l'on a découvert l'histoire. Dans le reste de la famille, on ne voulait pas trop remuer ces vieilles histoires. Avec mon mari, on s'est lancé en se disant qu'on allait peut-être le regretter. Mais si on ne l'avait pas fait, le dossier n'aurait pas abouti (...) . Aujourd'hui, tout le monde est heureux que l'on soit allé jusqu'au bout."
(Reportage de Xavier Rousseau, ).

NOTE : Délégué du Comité Français pour Yad Vashem, Albert Seifer a participé à la rédaction de cette page. Qu'il en soit remercié.

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Cérémonie au Couvent de Massip (Capdenac)

jeudi 24 juin 2010

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Le Couvent de Massip : havre de paix pour 83 juifs alors que sévissait la Shoah (DR).

Armand et Célestine Vergnes
Justes parmi les Nations

Compte-rendu de la cérémonie du 20 juin 2010 :

- "Une foule nombreuse se pressait le 20 juin 2010 dans la chapelle de N.D. de Massip (avec une forte représentation toulousaine venue en car spécial affrété par le Comité Français pour Yad Vashem et l’Amitié Judéo-Chrétienne ).
La cérémonie eut lieu en présence du maire, Mr Stéphane BERARD, du Consul d’Israël à Marseille Shmuel SIVAN, du représentant du Conseil Général, de Mr DELBOS président des associations de l’ITEP dont celle de Massip, et du Dr Albert SEIFER, délégué régional du Comité français pour Yad Vashem.
Celui-ci, enfant caché comme 82 de ses camarades dans ce même couvent de N.D de Massip , entre décembre 1942 et juillet 1944, rappela le rôle capital de Mgr Jules-Géraud SALIEGE, archevêque de Toulouse, Compagnon de la libération, Juste parmi les Nations et cardinal en 1946, dans le sauvetage des enfants juifs, aidé par son évêque auxiliaire Louis de Courrèges d’Ustou, Mme Denise BERGON directrice du couvent, Mme Marguerite ROQUES son fidèle bras droit et Mlle Louise THEBE secrétaire des œuvres du diocèse : tous quatre Justes parmi les Nations.

Albert Seifer rappela les liens d’amitié qui l’unissent au témoin, Maurice GERBER depuis 1945. Alors âgé de 8 ans, Albert Seifer avait été caché et sauvé de 1942 à 1945 par Armand et Célestine VERGNES qui possédaient une boyauderie à Capdenac.
Ce fut un instant très émouvant lorsque le Consul d’Israël Shmuel SIVAN relata l’histoire de ce sauvetage et remit la médaille des Justes et le diplôme d’Honneur aux enfants VERGNES Pierre et Ginette. Le Bné Brit de Toulouse, sur l’initiative de son président Max MARQUES, offrit deux livres sur Israël aux enfants Vergnes.

Une exposition de Yad Vashem "Ce ne sont pas des jeux d’enfants" retint l’attention du public ainsi qu’un DVD de 17 minutes sur la SHOAH et passant en boucle.

L’après-midi, les enfants cachés de N.D. de Massip : Annie BECK, Alexandre PREDZESKI de Nancy, Monique BARKATE, Serge POTOK placé à Pradinas (ainsi que Léon KOPEL), sa sœur Suzanne ALTER et Albert SEIFER témoignèrent devant une nombreuse assistance attentive de ce que fut leur passage à N.D de Massip, entourés de l’affection de « leurs mamans de la guerre »."
(Compte-rendu rédigé par Albert Seifer).

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Cérémonie en l'honneur des Justes Vergnes. A dr., discours d'Albert Seifer, Délégué du Comité Français pour Yad Vashem (Ph. La Dépêche / DR).

Synthèse du dossier Yad Vashem :

- "La famille Gerber est originaire de Galicie (sud-est de la Pologne) et arrive en France en 1932.
Les parents, Jacques et Sabine, ont alors deux filles :
- Dora, 18 ans 
- Sarah, 15 ans
- et un garçon : Oscar 9 ans.

Après un bref séjour à Metz, la famille arrive à Capdenac ( Aveyron ) où Jacques vend des vêtements sur les marchés tandis que ses filles travaillent dans la boyauderie de Mr Armand Vergnes.
Puis les Gerber quittent l’Aveyron pour Toulouse où naît en 1934 une second garçon : Maurice.

En 1941, alors que l’antisémitisme ne cesse de frapper, Oscar est placé à l’abri en Suisse. Mariées toutes deux, Dora et Sarah se cachent dans la région toulousaine. Jacques passe la guerre caché dans une pièce confinée à Toulouse.
Maurice, 7 ans, est confié à Armand et à Célestine Vergnes. Ce couple le cachera de 1941 à 1944.

Le petit juif va grandir en compagnie des enfants Vergnes : Pierre et Ginette ainsi que d’un autre gosse d’origine polonaise, lui aussi recueilli. Considéré et traité comme s’il était vraiment de la famille, Maurice sera scolarisé de 7 à 10 ans.

Une seule alerte viendra troubler Capdenac. Un jour, une compagnie de soldats allemands se livrera à des exercices dans le village. Maurice doit se cacher sous un lit tout l’après-midi….

A la Libération, Jacques Gerber pourra reconstituer sa famille à Toulouse."

La Dépêche :

- «J'attends de vous d'héberger des enfants juifs. » Monseigneur Saliège, archevêque de Toulouse, avait convoqué sœur Denise Bergon, directrice du couvent de Massip lors d'un entretien en août 1942. « Je vais être obligée de mentir », avait-elle prévenue alors, Mgr Saliège avait alors répondu : « Mentez, mentez, vous aurez toutes mes absolutions. »

Albert Seifer, représentant de Yad Vashem à Toulouse, raconte ce pan d'Histoire, car c'est aussi son histoire. Il a sept ans, lorsqu'il arrive en gare de Capdenac et que Denise Bergon vient le chercher en voiture à cheval pour l'accompagner au couvent. Sa sœur Berthe a 11 ans. Ils seront tous les deux hébergés et cachés par sœur Denise Bergon et sœur Marguerite Roques de mars 1943 au mois de mai 1944 (les sœurs avaient demandé aux parents de venir chercher les enfants à l'annonce de l'arrivée de la division Das Reich).

«Nous étions logés au couvent et les garçons étaient scolarisés à Saint-Julien-d'Empare. J'ai été enfant de chœur car les sœurs, pour mieux nous cacher, nous avaient appris les prières et les chants… »
(20 juin 2010).

NOTE : Cette page a été rédigée avec la participation d'Albert Seifer, qu'il en soit remercié.

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Sauvetage de Liba Kornfeld, de Chaja Gitel Rabinovici, de son fils Simon et d'Armand Finkenberg

mercredi 23 juin 2010

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Invitation à la cérémonie du 22 juin 2010, Mairie du 13e ar. de Paris (DR).

Paul et Augustine Fiket
Justes parmi les Nations

La Médaille et le Diplôme de Justes parmi les Nations ont été remis à André Fiket, fils des deux Justes défunts, ce 22 juin 2010. Cette cérémonie s'est déroulée à la Mairie du 13e arrondissement de Paris sur invitation du Maire, Jérôme Coumet, de l'Adjointe chargée de la Mémoire et du Monde combattant, Catherine Vieu-Charier et du Comité français pour Yad Vashem qui avait délégué Viviane Saül et Alain Habif.

Synthèse du dossier Yad Vashem :

- "Moïse Rabinovici a été arrêté comme juif et interné au camp de Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. Transféré ensuite à Drancy, il a été emporté par le convoi n°53 vers Sobibor où il décéda le 30 mars 1943.
Son épouse, Chaja Gitel Rabinovici, née Kornfeld, trouva refuge dans le 13e arrondissement. En effet, accompagnée de sa mère, Liba Kornfeld, elle fut accueillie par Paul et Augustine Fiket (née Conrath) au 113 de l'avenue d'Ivry à Paris.
Pourquoi avoir frappé à la porte des Fiket ?
D'origine croate, Paul Fiket était un camarade de travail de Moïse Rabinovici. Tous deux étaient ouvriers métallurgistes."

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Présentation de la synthèse par Alain Habif, délégué du Comité français pour Yad Vashem (Ph. V. Saül / BCFYV / DR).

Suite de la synthèse :

- "Paul et Augustine Fiket avaient pleinement conscience de risquer leur vie en cachant des persécutées raciales. Ils ont agit par humanité, par compassion et par amitié.

Le couple Rabinovici avait un fils : Simon. Dès l'arrestation de son père Moïse, le bébé fut confié à des paysans de Mercatel, dans le Pas-de-Calais.
En 1944, Augustine Fiket monta vers le Nord pour y retirer l'enfant ainsi que son cousin, Armand Finkelberg, caché là aussi.

La grand-mère Liba Kornfeld, la mère Chaja Gitel Rabinovici, le fils Simon et le cousin Armand Finkelberg échappèrent ainsi à la Shoah...

Jusqu'à son décès en 1970, la mère de Simon eut à coeur de maintenir des contacts avec les époux Fiket et leurs trois enfants."

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Portrait de Paul et d'Augustine Fiket (Arch. fam. / BCFYV/ DR).

Extrait de la présentation de Yad Vashem :

- "Créé par une loi du Parlement Israélien en 1953, l’Institut Yad Vashem doit son nom à un verset du chapitre 56 du prophète Isaïe dans la Bible. Il y est écrit : "Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs, un mémorial (YAD), et un nom (CHEM), en hébreu Yad vashem (mémorial et nom), qui ne s’effaceront jamais".
Cette phrase rend hommage aux Justes parmi les Nations que l’Institut est chargé de reconnaître. Elle est gravée au recto de chaque médaille au nom de l’Etat d’Israël et en signe de gratitude.
Au verso elle comporte la mention "Qui sauve une vie, sauve l’univers tout entier", extraite du Talmud « loi orale ».

Le mémorial Yad Vashem, situé sur la Colline du Souvenir à Jérusalem, a donc pour but de perpétuer la mémoire des six millions de Juifs, de 21 pays d’Europe sous domination du IIIe Reich et qui furent exterminés, par les Nazis et leurs complices. En France, 76.000 juifs furent déportés, dont 11.000 enfants, seuls 2.550 rescapés revinrent des camps d’extermination et aucun enfant ne se trouvait parmi eux. Toutefois, les trois quart des juifs en France ont eu la vie sauve."

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Présentation de Yad Vashem et de son Comité français par Viviane Saül, Déléguée (Ph. V. Saül / BCFYV / DR).

Yad Vashem et les Justes (suite) :

- "Ceux qui ont survécu le doivent à des hommes et des femmes non juifs, qui n’écoutant que leur conscience, les cachèrent, les protégèrent et les sauvèrent d’une mort certaine. Célèbres ou anonymes, ces héros étaient de tous âges et de toutes origines, de toutes appartenances religieuses et politiques et de tous milieux sociaux.
Ces hommes et ces femmes d’honneur avaient pour dénominateur commun le respect des valeurs morales, le rejet du fascisme et le courage d’agir malgré les risques mortels encourus. Ces inconnus qui les ont accueilli n’exigeaient rien à l’époque et n’en demandent pas plus aujourd’hui, ils estimaient avoir accompli leur devoir, c’est avec naturel et simplicité qu’ils sont venus au devant des personnes en danger. Ils les ont hébergées, cachées, nourries, leur ont souvent procuré de faux papiers, et ont déployé en leur faveur toute leur énergie et leur imagination, en un temps où il n’était pas bien vu de fréquenter les Juifs, encore moins de les aider, alors que la majorité de la population était, au mieux, passive ou indifférente. Ces Justes ont non seulement sauvé des vies humaines, mais ils ont aussi incarné l’honneur de l’humanité, qui grâce à eux, n’a pas totalement sombré à Auschwitz.

Arracher des Juifs à la Shoah ne fut pas seulement une addition d’actes individuels extraordinaires mais aussi parfois et beaucoup plus rarement, le résultat d’actions collectives.
Voilà pourquoi Yad Vashem a également reconnu comme Justes le Chambon-sur-Lignon (France), le village de Nieuwlande (Pays-Bas), le réseau Zegota (Pologne) et le royaume du Danemark pour son réseau de résistance.

Dans un monde où les discours, les actes de haine et de xénophobie, d’antisémitisme et de diabolisation d’Israël progressent, le rappel des valeurs qu’ont incarnées les Justes hier, nous rappellent à nos responsabilités aujourd’hui : Défendre les valeurs de justice et de paix. L’intolérance, le racisme ne peuvent servir de base à quelque société que ce soit, tout autour de nous dans le monde ces principes sont utilisés par des pouvoirs dictatoriaux ou soi-disant démocratiques, par des groupes sectaires ou intégristes pour justifier arrestations, massacres et génocides."

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De g. à dr. :
- Armand Finkenberg, enfant caché,
- André Fiket, fils des Justes avec leur Diplôme,
- Simon Rabinovici, enfant caché.
(Ph. V. Saül / BCFYV / DR).

Extrait du discours de Catherine Vieu-Charier, Adjointe :

- "Il y a 70 ans, dans la défaite de la France, la barbarie nazie qui avait programmé depuis 1933 l'exécution de la solution finale pour les juifs, va la mettre en route dans notre pays, avec la complicité active du gouvernement de Vichy. 
(…)
En France même, le pays des Lumières et des droits de l'Homme, des valeurs de la République, le pays où tant d’hommes ont écrit et pensé l’intelligence de l’humanité, le pouvoir de Vichy se déshonore, en établissant dès le 3 octobre 1940, le sinistre statut des Juifs, qui les exclut de presque toutes les fonctions. 
Les Juifs de France sont frappés de plein fouet dans leur amour pour la France par cet antisémitisme d'État, dans un pays est celui qui dès 1791, leur a accordé les droits des citoyens. 
Les juifs étrangers qui avaient choisi le pays dont on disait que l’on y était heureux comme Dieu en France sont catastrophés.
Tous aiment leur pays passionnément. Ils se sont battus pour lui, en 1914 ou en 1939. Et pourtant Pétain, le vainqueur de Verdun, se déshonore en accompagnant cette politique de mort, et en devançant même les désirs de l’occupant nazi. 
Il y a la honte du premier convoi de déportation, le 27 mars 1942. Il y a l'ordonnance allemande du 7 juin avec le signe inimaginable et honteux de l'étoile jaune.
Et puis, le 16 et le 17 juillet, la grande rafle du Vel d’Hiv va emmener des centaines de familles vers la mort, les plaques apposées sur les écoles parisiennes donne l’ampleur du désastre . 
La même horreur aura lieu du 26 au 28 août, avec la rafle de milliers de Juifs étrangers en zone libre."

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Photo : prononçant son discours, Catherine Vieu-Charier (Ph. V. Saül / BCFYV / DR).

Suite du discours :

- "Mais dans la France affamée, terrorisée, coupée en deux par la ligne de démarcation, des voix s'élèvent, des gens refusent. Des Françaises et des Français en très grand nombre vont montrer que les valeurs de l'humanisme sont enracinées dans leurs coeurs. Partout, ils accueillent, cachent, sauvent au péril de leur vie des enfants, des femmes, des hommes, persécutés parce qu'ils sont Juifs. 
Dans ce cauchemar éveillé que les Juifs vivent depuis 1940, la France, leur France, à laquelle ils ont cru si intensément, n'a pas tout à fait disparu. Dans les profondeurs du peuple, une lueur d'espoir brille. Elle est fragile, mais elle existe. 
Des milliers de femmes et d’hommes, sans s'interroger, vont faire le choix du courage. Ils viendront de toutes les classes sociales, dans toutes les professions, de tous les courants religieux ou politiques. Tous connaissent les risques encourus : la dénonciation, l’arrestation par la gestapo, la milice, parfois par la gendarmerie et la police. Les interrogatoires et les tortures suivis par le peloton d’exécution ou la déportation.
Mais par mille actions, petites ou grandes, ils vont cacher, protéger et arracher à la mort des centaines de milliers de juifs. 
Certains ont été reconnus Justes parmi les nations. Beaucoup d'autres resteront anonymes, parce que c’est ainsi, la vie reprend, les gens sont modestes et il a fallu du temps aussi pour revenir sur ces évènements. Certains sont honorés comme aujourd'hui, avec les époux Fiket, presque 70 ans après. " 

NB : cette page repose sur les apports de Viviane Saül, Déléguée, qu'elle en soit remerciée.

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7 Justes à Abondant

mardi 22 juin 2010

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Titre de L'Echo Républicain, 14 juin 2010 (DR).

 

 

Aimé Breton, son fils Roger et sa belle fille Thérézia, Albert et Marguerite Moreau, leur fille Geneviève et son mari René Gastelais,
Justes parmi les Nations


Des centaines de personnes, et pas seulement des Abondantais, se sont retrouvées le 13 juin dernier pour honorer les Justes ayant protégé de la Shoah la famille Ringart Istrach.
Médailles et diplômes ont été remis aux ayant-droits par Michel Lugassy-Harel, représentant de l'Ambassade d'Israël en France. Cette cérémonie à l'ampleur exceptionnelle avait été préparée par Pierre Osowiechi, Délégué du Comité Français pour Yad Vashem.

Synthèse du dossier Yad Vashem :

- "Ce dossier a été ouvert grâce aux efforts d'Anna Ringart. Celle-ci est née en 1937. 
Son père, Noha Ringart, provenait de Lodz via Berlin. Il prit ses nouvelles racines en France à partir de 1933 et comme photographe d'agence.
Sa mère, Paula Oistrach, était native d'Odessa. Elle émigra d'abord en Allemagne avant de choisir la France en 1933, elle aussi. Après des études aux Beaux-Arts, elle devint tisserande à la main.
Le couple s'est connu à Paris. Peu avant l'occupation, il fut inscrit sur les Registres de la population à Gif-sur-Yvette.

Pour les Ringart comme pour tant d'autres, la guerre vient tout bouleverser. 
La petite entreprise de tissage associant Paula Ringart et Germaine Volpe vient à manquer de matières premières. Il faut trouver de la laine brute. C'est ainsi que Paula fait la connaissance de Geneviève Gastelais, épouse d'un marchand de moutons de la Beauce.

Puis les menaces antisémites se précisant et se multipliant, Geneviève Gastelais propose d'accueillir chez elle, au Mesnil-sur-Estrées, Paula Ringart, sa mère Rosa Oistrach et la petite Anna, âgée alors de 5 ans.
Geneviève fait alors appel à un parent, Aimé Breton. Cet instituteur exerce également la charge de secrétaire de mairie. Celui-ci va devenir l'organisateur du sauvetage des trois fugitives, et ce, jusqu'à la Libération." 

 

 

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Aimé Breton, Juste parmi les Nations (BCFYV/DR).

 

 

Synthèse (suite) :


- "Aimé Breton va préparer des lieux d'accueils successifs pour éviter que les trois persécutées ne restent trop longtemps dans la même cachette. Il veille à leur fournir de faux papiers de qualité. Et s'assurera de leur ravitaillement régulier.
Le périple de la grand-mère, de la maman et de la fillette débutera donc au Mesnil-sur-Estrées, chez les Gastelais. Il va se poursuivre chez les parents de Geneviève, Albert et Marguerite Moreau, à Abondant. Puis dans la famille de la belle-fille d'Aimé, Thérézia Breton née Mousseigne à Boissy-St-Laurent la Gâtine.
Grâce à leurs faux papiers, Paula et sa fille Anna portent elles aussi le nom de Mousseigne. Rosa Oistrach deviendra une Durand...

Institutrice, Thérézia Breton veille à la scolarité de petite Anna. Hélas, un propos imprudent tenu à l'école oblige les trois juives à disparaître dans un nouveau refuge. Ce sera la Maison des Grès près d'Abondant.

Si ces trois générations successives de persécutées connurent la Libération, quel fut le sort des autres membres de leur famille ?
- Noah Ringart resta caché au troisième étage de la maison-atelier de Germaine Volpe à Gif-sur-Yvette.
- Mari de Rosa et père de Paula, Isay Oistrach connut une première alerte en étant interné comme étranger en 1940. Libéré, il fut à nouveau arrêté en novembre 1942 et déporté sans retour à Auschwitz.

Après guerre, la famille Ringart a gardé des liens privilégiés avec Aimé Breton et tous leurs autres sauveurs."

 

 

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Prenant la parole à la cérémonie d'Abondant, Jeanne-Lise (Anna) Dittman-Ringart (BCFYV/DR).

 

Christian de Vimal du Bouchet, maire d'Abondant :

- "Ces Justes que nous honorons, firent il y a 65 ans, des gestes qui relevaient pour eux de l'évidence...
Tardive mais nécessaire, cette reconnaissance va à ce que la France a de meilleur, ces hommes et ces femmes qui ont fait le juste choix !"

 

Anna Dittman-Ringart :

- "j'ai une pensée particulière pour la soeur de Thérézia qui a prêté son nom. Une âme restée dans l'ombre... 
Vous les Justes de France et du monde, vous avez le coeur à la bonne place !
Je n'ai jamais douté que ce dossier de reconnaissance éternelle irait à son terme."

 

Lionel Beffre, préfet d'Eure-et-Loir :

- "Les Justes sont les sentinelles de la mémoire collective. La plupart n'ont pas cherché les honneurs, ils n'en sont que plus dignes."

Le public put ensuite visiter une exposition particulièrement bien documentée. Elaborée par les enfants de l'école élémentaire, sous la direction d'Emmanuel Chevron, celle-ci était consacrée aux Justes et décrivait le parcours d'Anna, enfant cachée.

 

NB : Nos remerciements au Délégué du Comité Français pour Yad Vashem, Pierre Osowiechi qui a rassemblé les éléments constituant cette page. Précisons qu'il répond en outre à l'invitation du directeur et des enfants de l'école élémentaire d'Abondant pour y prolonger le travail de mémoire ayant imprégné cette cérémonie.

 

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