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Cérémonie à Courlon sur Yonne

mercredi 8 février 2012

Cérémonie du 20 janvier à Courlon-sur-Yonne.


Les Diplômes et Médailles de Justes parmi les Nations aux noms de Melina et de René BOULAND ont été remis - à titre posthume - à leurs ayant-droits le dimanche 20 janvier en la Mairie de Courlon-sur-Yonne.

Le Comité Français pour Yad Vashem était représenté par son délégué, Didier Cerf :



Didier Cerf à Bulson, Ardennes, novembre 2007 (photo JEA)
Melina et Roger BOULAND sont ainsi entrés dans le livre d'or des sauveurs de persécutés pour avoir caché un enfant juif alors que les nazis et leurs collaborateurs vichystes cherchaient à tout prix à mettre en oeuvre la "solution finale".
Leurs Diplômes et médailles ont été déposés par Paul Ejchenrant dans les mains de leurs ayant-droits, soit leurs nièce et neveu :
(Photo : Yonne Républicaine)
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Compte-rendu de la cérémonie du 5 janvier 2012

mardi 24 janvier 2012

   Jean Raphaël Hirsch - Roland Copé Le 5 janvier 2012, Hyppolite et Emilie Léonlefranc ont reçu la Médaille des Justes parmi les Nations, pour avoir,  au péril de leur propre vie, ouvert leur porte à la famille Copé afin de lui permettre d’échapper à la rafle opérée par les nazis à Aubusson le  4 novembre 1943.

 Décernée à titre posthume lors d’une cérémonie à  la Mairie du 16e arrondissement de Paris, sous la présidence du député Maire, Monsieur Claude Goasguen, Président du groupe parlementaire «Amitié France Israël »,  en présence de Monsieur Jean-Raphaël Hirsch, Président du Comité Français pour Yad Vashem, cette haute distinction ,  attribuée  par l’Institut-Mémorial de YAD VASHEM à Jérusalem à ceux qui ont bravé le joug nazi pour sauver des juifs, a été remise, en présence d’une nombreuse assemblée, par Monsieur Arié Avidor,  représentant de l’Ambassadeur d’Israël.

 Présent aux côtés des descendants de ceux qui ont sauvé sa famille, Jean-François Copé, a tenu à déclarer «  La famille Léonlefranc est pour notre famille un magnifique  symbole. Je porte en moi une flamme profondément ancrée qui me rappelle que parce qu’il ya eu des Léonlefranc, la France vaut d’être aimée, servie et préservée de ses démons, face à toutes les formes d’intégrisme et de fondamentalisme qui risquent de survenir sur notre chemin. »

Jean Raphaël Hirsch- Lefranc- Copé

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Deux Justes à Noëllet

mardi 13 décembre 2011

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Sous le portrait de l'abbé Xavier Terrien, Henriette Chedanne reçoit la médaille et le diplôme au nom d'Anne-Marie Pinguet dont elle est la petite-fille (DR).

 

Anne-Marie Pinguet
et l'abbé Xavier Terrien
Justes parmi les Nations

 

Ce 17 mai, la Maison de la culture et des loisirs de Noëllet était comble pour vivre et partager une belle cérémonie au cours de laquelle prit la parole, au nom de l'Ambassade d'Israël, Daniel Saada :

 

- "Le peuple juif, reconnaissant, tient à cet acte de mémoire, de justice et de foi. Le Juste, c'est la banalité dans le bien. Des personnes qui n'ont pas hésité à mettre en péril leur vie et celle de leurs proches".

Représentant du Comité Français pour Yad Vashem, président de la communauté de Maine-et-Loire, Alfred Sabbah compléta :

- "Les trois quarts des Juifs en France ont eu la vie sauve grâce au courage des Justes. Ils sont la lumière dans la nuit de la Shoah."

 

Pierrick Hamon signe ce compte-rendu :

- "Elle était nourrice, il était abbé. Anne-Marie Pinguet et Xavier Terrien ont reçu la médaille des Justes parmi les Nations à titre posthume, au cours d'une émouvante cérémonie, hier à Noëllet.
On avait quitté les enfants juifs cachés de Noëllet le 10 septembre 2005. Ce jour-là, ils étaient tous les neuf sur la photo de famille, lors de la plantation symbolique d'un pommier devant la maison à la Haute-Rigauderie. Une bâtisse où ils vécurent, de 1942 à la Libération, sous la protection d'Anne-Marie Pinguet, de l'abbé Xavier Terrien, et d'autres bienfaiteurs : maire, instituteur, secrétaire de mairie.


Hier, moins de quatre ans plus tard et quelques rides en plus, Bernard, Éva et Helena sont dans la maison de la culture et des loisirs à Noëllet. Dignes et émus de voir leurs anges gardiens élevés au rang de Justes parmi les Nations. Un titre posthume délivré par le comité français pour Yad Vashem. Posthume, car la nourrice a quitté ce monde en février 1966. L'abbé en juillet 1968.
Mais personne n'a oublié leur geste. Ils sont plus de 200, assis ou debout, à regarder le maire de Noëllet, Daniel Briellet, et la Segréenne Henriette Chedanne, petite-fille d'Anne-Marie Pinguet, recevoir médaille et diplôme (...).
Le point d'orgue arrive. La gorge nouée, la fille d'Henri Goldberg, s'empare du micro : « Je m'appelle Corinne, j'ai 46 ans, trois enfants et je vis en Israël. » Son frère Maxime et ses enfants, de Paris, sont là aussi. L'histoire de leur père à Noëllet, ils la connaissent depuis l'enfance. C'est lui qui a mis en marche le dossier pour que soit rendu hommage à ses sauveurs. Il est décédé à 78 ans le 31 janvier 2008.


Stéphanie, l'aînée des six petits-enfants, lit son témoignage. Celui du petit garçon de 12 ans en décembre 1942. "Un jour, j'ai demandé à l'abbé Terrien d'être enfant de choeur. La réponse : "Nous demanderons à tes parents quand ils reviendront et je prie chaque jour pour qu'ils reviennent bientôt."
Car les parents de ceux qui sont considérés comme "des petits parisiens en vacances prolongées" ont été arrêtés et déportés. Ces quatre frères et soeurs sont arrivés à Noëllet grâce à leur grande soeur Helena, dont une voisine parisienne connaît Anne-Marie Pinguet. La nourrice peut en héberger trois, mais manque de place pour Henri, qui est confié à l'abbé... L'abbé, l'ami de Clément Quentin. Le dernier à prendre la parole hier à la cérémonie, pour décrire "un homme sérieux, réservé et plein d'humour". Sa médaille et son diplôme vont être exposés à la mairie de Noëllet, salle du conseil.
(Ouest France, 18 mai 2009).

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Daniel Briellet, Maire de Noëllet, présentant la médaille et le diplôme de l'abbé Terrien (DR).

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Cérémonie pour 7 nouveaux Justes à Paris

jeudi 8 décembre 2011

Diplome d'honneur pour la reconnaissance d'un Juste

(DR).



Ce 25 juin, la Mairie du 12e arrondissement de Paris a servi de cadre prestigieux à la reconnaissance comme Justes parmi les Nations de :
- Gaston Girousse,
- Auguste et Marie Jeager,
- Jean-Marie Lapeyre et ses filles, Nathalie et Marie,
- Trieulet Antoinette.

Leurs dossiers à l'Institut Yad Vashem de Jérusalem précise les motifs profonds pour lesquels tous se sont vus attribuer Médailles et Diplômes de Justes.

Gaston Girousse, dossier 11400 :

- "La famille NETTER compte dans ses membres le célèbre professeur Arnold NETTER (1855-1936). Les NETTER sont d’origine juive alsacienne. Ils sont venus à Paris en 1870 pour ne pas devenir Allemands.

Le témoignage en faveur du Juste, M. Gaston GIROUSSE, a été mis en forme en 1979, par Léon NETTER (1897-1989). Il est authentifié par son fils, Alain-Pierre NETTER.

Maître Léon NETTER est avocat à la cour de Paris. Grâce à ses qualités professionnelles, il fait partie des 14 avocats autorisés à rester inscrits au Barreau après l'occupation (mais il en sera exclu le 12 février 42). Il est notamment l’avocat de diverses compagnies d’électricité présidées par M. GIROUSSE.

Le 21 août 41, Me NETTER est interné à Drancy. M. GIROUSSE met à disposition de Mme NETTER une somme qui pourrait assurer la sortie du camp de son époux. Le 25 octobre 41, un médecin chef français établit une liste de sortie pour raison médicale. Très affaibli, Léon NETTER sort ainsi de Drancy.

M. GIROUSSE lui établit une carte d’agent de l’électricité, lui conférant la qualité d’ingénieur électricien. Le 5 janvier 42, une voiture de l’Union Electrique lui fait franchir un poste allemand afin de réparer une panne de secteur (!) située sur la ligne de démarcation. Tout est organisé pour qu’il puisse franchir cette ligne. Une autre voiture de la société d’Electricité le prend ensuite en charge pour le conduire en zone libre (à Loches, en Indre-et-Loire).

Avec sa femme et sa belle-sœur, Me NETTER franchira la frontière suisse au village de Douvaine.

M. GIROUSSE, en signant de fausses cartes d’agents de l’Electricité et de faux ordres de mission a permis à des Juifs mais aussi à des communistes et à des résistants de passer en zone libre (environ 3 à 400 personnes).
Au nombre des résistants, MM. BAUMGARTNER et LENIEZ feront l’éloge de M. GIROUSSE dans une lettre datée de 1948.

De plus, M. GIROUSSE a également procuré de la nourriture à Louis CAHEN, un camarade de Polytechnique caché dans un grenier. Il a aussi aidé la famille DURKHEIM.

En résumé, M. Gaston GIROUSSE incarne l’intelligence, le courage et la droiture dans une France officiellement pétainiste donc antisémite et liberticide."

Auguste et Marie Jaeger, dossier 11349 :

- "Le couple JAEGER dirigeait depuis 1935 l'orphelinat protestant du Bon Secours, situé à Paris 20è. Ils y recevaient non seulement des orphelins mais encore des enfants dont les parents ne pouvaient plus assurer leur éducation.

En 39, tous les enfants (sauf un qui n’avait aucune famille) furent envoyés à l'abri loin des risques de bombardement sur Paris.

En novembre 42, une jeune femme demande au couple de garder, pour quelques jours seulement, un petit garçon d’environ 8 ans. Puis, ensuite, elle revient avec d’autres enfants qu’elle reprend au bout de quelques jours. 
En fait, il s’agit d’enfants juifs qu’elle attend à la sortie de leur école lorsqu’elle est informée que les parents ont été arrêtés. Elle les amène donc à l’orphelinat pour quelques jours, le temps de leur faire établir des faux papiers et de leur trouver un refuge. Cette femme – qui ne révéla jamais son nom – fut arrêtée ensuite et probablement déportée.

Marie JAEGER prenait soin des enfants et elle leur confectionnait souvent des vêtements.
Son fils, André, a pu procurer à certains des cartes d’identité. En outre, par son poste au Ministère de l’Agriculture, il réussit à obtenir de « vraies fausses cartes d’alimentation » pour les nourrir en complément de la nourriture rapportée de Touraine par sa femme, Hélène.

Entre novembre 42 et juin 45, Auguste et Marie JAEGER accueillirent ainsi une quarantaine de petits juifs (d’après le Pasteur Vergara). A la libération, une quinzaine d’enfants se trouvaient encore à l'abri des murs de l'orphelinat.

Depuis cette époque si sombre, un fils d’André et Hélène JAEGER, José-Marie, a réussi à retrouver l’un des enfants accueilli par sa famille. Il s’agit de Robert FRANCK.
Celui-ci se rappelle s’être rendu dans l’orphelinat et y être resté une quinzaine de jours. Il a appris par la suite que c’était par l’intermédiaire d’une organisation clandestine, « l’entraide temporaire ».

Il est le seul survivant de sa famille. Il a lancé un avis de rechercher pour tenter de retrouver la trace d’autres enfants ayant séjourné à l’orphelinat. Sans succès jusqu’à présent."

Jean-Marie Lapeyre et ses deux filles, Nathalie et Marie (dossier 11301) :

- "M. et Mme HAFON, originaires de Turquie, ont émigré en France respectivement en 1905 et en 1920. Ils ont habité 95 rue des Boulets (11è) et ont eu deux enfants :
- Sarah (née 32) 
- et Roland (né en 38).
Le père était vendeur.

Fin 1943, les parents ont décidé de mettre leurs enfants à l’abri dans une famille du sud-ouest de la France, famille honorablement connue par l'un de leurs amis.
Accompagnés d’une parente non juive, les gosses sont arrivés chez M. LAPEYRE, veuf, et ses deux filles, Nathalie et Germaine, célibataires.
M. LAPEYRE et une de ses filles tenaient une épicerie de la localité. A noter que les hôtes habitaient près de la Kommandatur à St Sever...

Sarah et Roland HAFON ont été très bien traités. Ils allaient à l’école et à la messe, passant pour des enfants adoptés. Aucune pension n’a jamais été demandée et la famille LAPEYRE a inlassablement témoigné attention et affection aux deux enfants juifs qu’ils ont sauvés.

A la fin de la guerre, M. HAFON père est venu chercher ses enfants mais depuis, les deux familles sont restées en relation (comme en témoigne par exemple une lettre du 3/1/89).

Antoinette Trieulet, dossier 11312 :

- "Aron LUKSENBERG et son épouse Chalda vivaient à Lodz, en Pologne. Dans les années 20, le climat devenant trop malsain pour les Juifs, ils décident de se rendre en Palestine. Ils s’y installent et y font de l’élevage de bovins.
Mais leur exploitation périclite et ils émigrent de nouveau. Cette fois-ci direction la France. 
Avec leur 4 filles :
- Rivka (née en 1917), 
- Adja (née en 1919), 
- Zlata (en 1926) et 
- Balfouria (en 1926),
ils habitent à Paris, avenue d’Italie. Le père ouvre un magasin de maroquinerie.

En 1942, la famille quitte Paris pour Pau, où se trouvent déjà Rivka et son mari. En 1943, Ajda se marie en 1943 avec David SVARTMAN.

La situation devenant préoccupante, Aron LUKSENBERG envisage de quitter Pau pour Grenoble. Entre-temps, il a fait la connaissance d’Antoinette TRIEULET, femme du maire, qui possède une grande ferme à Gaillon (Pyrénées). Elle a trois filles et un fils et elle exploite ses terres, venant vendre fruits et légumes à Pau.

Elle héberge Rivka, Ajda enceinte et leurs maris pendant 9 mois à partir de 1944, assurant leur subsistance, sans aucune compensation financière.
Antoinette TRIEULET a également hébergé Daniel JACOBS et ses parents ainsi que 7 autres familles juives, dont la trace est perdue.

Entre les LUKSENBERG et la famille TRIEULET les liens ont perduré après la guerre."

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