Walder Mallasz Margit Eugénie

Année de nomination : 2011      Dossier n° 100001 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Margit Eugénie Walder Mallasz
Date de naissance : 21/06/1907
Date de décès : 25/05/1992
Profession : Artiste
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Information non disponible
Département : Information non disponible
Région : Information non disponible
Pays : Hongrie

Cérémonies de reconnaissance

Date : 13 mai 2012
Lieu : Collège des Bernardins - Paris (75005)

Remise de la médaille des Justes parmi les Nations par Anne-Marie REVCOLEVSCHI, déléguée de Yad Vashem ; Aux ayants droit de Margit (Gitta) MALLASZ, honorée à titre posthume.

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Personnes sauvées

Information non disponible

Lieu de mémoire

Aucun

L'histoire

Gitta Mallasz Gitta Mallasz est née en Hongrie en 1907 dans une famille de la haute bourgeoisie austro-hongroise, proche du parti nationaliste pronazi, autoritaire et antisémite, dirigé par l’Amiral Horthy. Douée pour le sport, les lettres et les arts, championne de natation, décoratrice renommée, parlant couramment six langues, elle se détache progressivement de son milieu et se retire en 1943 à Budaliget, petit village proche de Budapest, avec trois amis juifs, Hanna, Joseph et Lili . Ils y vivent une expérience spirituelle intense au cours de laquelle ils s’interrogent chaque soir, pendant dix-huit mois, sur le naufrage du monde et sur leur propre responsabilité dans cette débâcle.

En mars 1944, après l’entrée des nazis en Hongrie,  Gitta est contactée par un ami, haut-fonctionnaire au Ministère de la guerre, pour prendre la direction d’un atelier de couture consacré à la fabrication d’uniformes SS, que  le Père Pal Klinda, grâce à un ingénieux stratagème, a réussi à faire agréer par les autorités hongroises comme « usine de guerre » afin d’y dissimuler et de sauver une centaine de femmes juives (certaines accompagnées de leurs enfants) sensées être réquisitionnées comme « travailleuses forcées ». Gitta, soucieuse d’éviter à ses deux amies d’être enfermées dans le ghetto de Budapest en attente d’une prochaine déportation  (de son côté, Joseph, le mari d’Hanna a déjà été arrêté) accepte cette délicate mission à condition qu’Hanna et Lili soient inscrites sur la liste des « ouvrières ».

Gitta Mallasz, devenue commandante du Foyer Katalin, remplit la fonction qu’elle a acceptée en toute connaissance de cause, avec maîtrise, intelligence et courage, ne ménageant ni sa peine ni son imagination pour déjouer l’étroite surveillance de la police hongroise collaborationniste et des SS. Risquant plusieurs fois sa propre vie, pendant près de six mois, elle réussit à sauver  plus d’une centaine de femmes et des dizaines d’enfants. Toutefois, elle ne peut empêcher, lors d’une opération menée par les fascistes hongrois « les Croix Fléchées » que seize « ouvrières » soient, en décembre 1944, violemment emportées vers la mort. Parmi elles se trouvent ses deux très chères amies Hanna et Lili qui vont périr dans d’atroces conditions.

Gitta ne put jamais se consoler de la tragique disparition de ses amis. Bien plus tard,, après avoir fui la Hongrie communiste, elle trouvera refuge en France et publiera « Dialogues avec l’’Ange »,  recueil des entretiens et pensées mystiques qu’ils avaient partagés ensemble pendant leur retraite à Budaliget. Cette publication la rendra célèbre, elle, la seule survivante du groupe.

C’est en 1992 que Gitta Mallasz s’éteindra en France, tandis qu’en 1995, quelques années avant elle, le Père Klinda sera lui-même nommé « Juste parmi les Nations ».

 

 

Gitta Mallasz