Deschamps Jean

Deschamps Catherine

Année de nomination : 2006      Dossier n° 10880 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Jean Deschamps
Date de naissance : 14/10/1874
Date de décès : 30/07/1959
Profession : Officier en retraite
Particularité : Information non disponible

Mme Catherine Deschamps (née Dasque)
Date de naissance : 08/01/1878
Date de décès : 17/05/1957
Profession : Sans profession
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Périgueux
Département : Dordogne
Région : Aquitaine
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 30 septembre 2007
Lieu : Mairie de Bergerac (24100)

La médaille des Justes parmi les Nations décernée à Jean et Catherine DESCHAMPS par Yad Vashem sera remise à leurs ayants droit par Albert SEIFER, notre délégué pour les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées en présence de Lewy PELEG représentant l'Ambassadeur d'Israël en France

Personnes sauvées

Mme Rachel Urwicz

M. Abraham Urwicz

Mme Frania Urwicz

Mme Annette Urwicz

Lieu de mémoire

Aucun

L'histoire

La famille Urwicz est originaire de Varsovie en Pologne. Elle arrive à Strasbourg en 1926: le père Abraham Urwicz est ministre-officiant et sacrificateur rituel, la mère Frania L vande s'occupe des 2 fillettes : Annette, 2 ans et Rachel, âgée de quelques mois. En 1939 l'appartement du 27 rue Louis Apffel à Strasbourg ( 67000 ) est réquisitionné et la famille part pour la Dordogne.

Après avoir habité à Trélissac, la famille réside au 48 rue Sainte Claire à Périgueux, jusqu'à ce jour fatidique de novembre 1942, où la propriétaire ne veut plus louer son appartement à des Juifs ... Mme Urwicz demanda alors à Mme Catherine Deschamps si elle connaîtrait une chambre à louer pour sa famille de 4 personnes ; la grand'mère répond : " Vous venez chez nous!". La maison familiale du 10, rue Sainte Claire,discrète, au bout d'une très longue allée bordée de vignes est aménagée en 2appartements pour chacune des 2 familles. Une pancarte " Ma Campagne " est placée devant la lucarne du grenier afin de la dissimuler. Une trappe quasi-invisible au-dessus du lit du grand-père, Jean Deschamps, permet d'accéder au grenier en cas d'alerte.. Rachel va au Lycée de Jeunes Filles jusqu'au moment des rafles ; sa soeur aînée Annette édite un petit journal et fait partie d'un groupe de la Résistance, qu'elle avait rejoint dès l'âge de 20 ans !

Mr Urwicz,très connu et estimé, reçoit souvent des amis et connaissances. Jean Trémouille, surnommé Nano (petit-fils de Jean et Catherine), est le petit gardien des Urwicz : il a la double tâche de s'assurer que le portail au fond du jardin est fermé à double tour et doit siffler s'il y a quelque chose d'anormal

Ce qui se produisit lorsqu'une ronde allemande s'arrêta à proximité de la maison, alors que Mr Urwicz s'entretenait avec son ami, Mr Mesch, dans son appartement ; le grand-père, aussitôt alerté, souleva un gros fagot de sarments de vigne près d'une laurière et la famille Urwicz ainsi que Mr Mesch s'y cachèrent un très long moment.

Les 2 familles vécurent ensemble plus de trois années, comme une seule et grande famille, fêtant les anniversaires et fêtes religieuses : communion solennelle, fête des Cabanes ( Souccot ), Pâque Juive ( Pessah) ... Le gendre de Jean et Catherine Deschamps, Mr Trémouille - militaire de carrière et résistant- ne pouvait s'empêcher, lors de ses rares permissions, de dire à son épouse que les parents de celle-ci avaient une certaine inconscience.

Des perquisitions de la Milice eurent lieu, sur dénonciation, puis des Allemands à deux reprises. Grâce à la bonne organisation de toute la famille et à la lenteur calculée de la courageuse tante Paule avant d'aller au portail voir qui était là, puis retourner à la maison pour chercher la clef afin de donner le temps à la famille Urwicz de monter se cacher au grenier ; permirent d'éviter le pire : l'arrestation et la déportation de tous ...

A la Libération, la famille Urwicz rejoignit Strasbourg en janvier 1946, où leur appartement avait été pillé. Les Urwicz furent toujours reconnaissants à Jean et Catherine Deschamps de les avoir secourus et sauvés.

Les 2 familles se revirent à Périgueux quelques années plus tard. Lorsque Catherine décéda en 1957 puis Jean en 1959, la famille Urwicz ressentit un immense chagrin.