Maurel Berthe

Maurel Henri

Année de nomination : 2007      Dossier n° 11032 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Berthe Maurel (née Bourniquel)
Date de naissance : 21/10/1901
Date de décès : 08/01/1981
Profession : Modiste
Particularité : Information non disponible

M. Henri Maurel
Date de naissance : 09/06/1899
Date de décès : 23/05/1974
Profession : Chapelier
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Mazamet
Département : Tarn
Région : Midi-Pyrénées
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

M. Serge Perelman

Mme Esther Perelman (née Matulski)

Lieu de mémoire

Aucun

L'histoire

Cheia Leib Perelman était né à Lomza en Pologne en 1898. Sa femme Esther était née à Paris. Le couple avait un fils, Serge, né à Toulouse en 1931. Cheia fabrique des chapeaux qu’il vend à des commerçants. Un de ses clients, Monsieur Henri Maurel tenait une boutique à Mazamet dans le Tarn. Il habitait avec sa femme Berthe et leurs quatre fils, Pierre, Jacques, André et Bernard. Cheia Perelman et Henri devinrent de bons amis.

Après l’invasion allemande de la zone libre au sud de la France en novembre 1942, l’affaire des Perelman fut confisquée et un sympathisant du régime de Vichy fut désigné comme gérant. Conscient du grand danger que couraient les Juifs dans la région, Cheia Perelman décida de s’enfuir vers l’Afrique du nord en passant par la frontière espagnole. Avant de tout quitter, il inscrivit son fils Serge dans un pensionnat tenu par des frères dominicains à Sorège dans le Tarn, en payant d’avance les frais de scolarité et de pensionnat. Bien qu’il ait gardé son vrai nom, Serge allait à la messe avec les autres enfants et seule l’administration du pensionnat savait qu’il était en vérité juif. Cheia Perelman demanda à son ami Henri Maurel de se charger d’Esther, de s’assurer que son usine avait suffisamment de marchandise. Il donna ses biens personnels à Henri Maurel qui les garda et les cacha dans son garage.

Quand les machines de fabrication de chapeaux de l’usine de Cheia Perelman furent vendues lors d’enchères publiques, Henri Maurel s’arrangea secrètement avec le commissaire priseur pour gagner les enchères. Immédiatement après, cependant les autorités occupantes devinrent soupçonneuses et commencèrent à poursuivre Henri Maurel dans les rues de Toulouse. Il échappa de justesse à une arrestation et se débrouilla pour cacher les machines dans un endroit sûr avant de repartir pour Mazamet.

Esther Perelman vécut chez les Maurel depuis le jour du départ de son mari jusqu’au mois de juin 1943, où elle s’installa dans le couvent Sainte-Agonie, aidée par Berthe Maurel, une amie des nonnes. Serge revenait souvent chez les Maurel en fin de semaine et il passa les étés 1943 et 1944 avec les quatre fils Maurel et d’autres membres de leur famille au lac des Montagnès près de Mazamet. Les enfants étaient sous la garde des grands-parents pendant que Henri et Berthe continuaient de travailler à Mazamet et les rejoignaient en fin de semaine. Les Maurel présentèrent Serge aux voisins comme leur neveu et sa mère venait de temps en temps. Certains se doutaient probablement de leur véritable identité, mais ne dénoncèrent jamais les deux « étrangers ».

Le 17 Août 1944, des centaines de soldats allemands traversèrent Mazamet sur leur route vers Toulouse. Trois jours plus tard, la région était libérée. Henri Maurel rendit à Cheia Perelman qui revint en 1946 de Casablanca, tout ce qu’il lui avait confié.

Le 22 avril 2007, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à Monsieur Henri Maurel et à son épouse Madame Berthe Maurel.

 

Maison des Maurel à Mazamet