Mazaureix Alfred

Mazaureix Marie Odile

Année de nomination : 2010      Dossier n° 11915 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Alfred Mazaureix
Date de naissance : 08/11/1880
Date de décès : 25/11/1958
Profession : Retraité
Particularité : Ancien combattant, légion d'honneur, médaille militaire et Croix des combattants avec palme

Mme Marie Odile Mazaureix (née Brossel)
Date de naissance : 03/09/1880
Profession : Retraitée
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Fontenay sur Loing
Département : Loiret
Région : Centre
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 27 novembre 2011
Lieu : Mairie de Fontenay sur Loing (45210)

Remise de la médaille des Justes parmi les Nations par Pierre OSOWIECHI, délégué de Yad Vashem, Aux ayants droit d'Alfred et Marie Odile MAZAUREIX, honorés à titre posthume.

Personnes sauvées

Mme Monique Kupferstein (née Monszajn)

Mme Nicole Osterman (née Monszajn)

Mme Mireille Rosemblaum (née Monszajn)

Lieux de mémoire

Plaque des Justes parmi les Nations à Fontenay sur Loing

L'histoire

1944 : Dora MONSZAJN, 33 ans, juive d’origine polonaise, vit seule à Paris, rue Corbeau, dans le 10e arrondissement,  avec ses trois filles (Nicole  13 ans - Monique 11 ans - Mireille 6ans) depuis qu’elle s’est séparée de son mari en 1940. Malgré les persécutions raciales et les lois de Vichy qui lui ont imposé de s’inscrire au recensement des juifs et à porter l’étoile jaune, elle vit tant bien que mal de son métier de modiste.

En avril 1943, arrestations et rafles s’intensifient. Le jour où un ami, Joseph HUG, qui tient son information d’un inspecteur de police, vient la prévenir qu’elle figure sur la liste des prochaines arrestations, elle quitte précipitamment son domicile et se réfugie avec ses enfants chez son amie Lucienne MAZAUREIX, rue Marie-Louise à Paris. Les deux femmes se concertent, décident de mettre les petites  à l’abri et Lucienne décide de demander à ses parents Odile et Alfred MAZAUREIX qui habitent un hameau isolé, le hameau des Gillets, tout près de Fontenay-sur-Loing, s’ils accepteraient d’accueillir les fillettes.

Odile et Alfred MAZAUREIX, n’hésitent pas un seul instant ; ils connaissent pertinemment les risques qu’ils encourent, mais des enfants en danger, c’est évident, on les accueille et on les cache coûte que coûte pour les soustraire à la folie meurtrière des nazis.  Les MAZAUREIX ne sont pas seulement des gens de cœur, ce sont de courageux patriotes : Alfred grand mutilé de guerre,  qui a perdu une jambe à la guerre de 14, est décoré de la Légion d’Honneur, de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre avec palme. Malgré son infirmité, il va lui- même à Paris chercher ses protégées.

La vie quotidienne s’organise dans la petite maison de quatre pièces où vivent désormais six personnes.  La  tâche est lourde. Il faut chercher l’eau au puits, cultiver le jardin, élever les volailles, assurer le ravitaillement au bourg voisin…. Ginette BORD, 17 ans, fille de Lucienne, vient à la rescousse aider ses  grands parents.   Il faut aussi assurer le secret, éviter les dénonciations.  Bien sûr, les petites filles ne portent plus l’étoile jaune,  mais  n’ayant pas de papiers d’identité, elles ne peuvent pas circuler. Heureusement les voisins croient ou acceptent de croire que les MAZAUREIX ont accueilli des petites cousines et ferment les yeux sur la présence à leur foyer d’un jeune résistant de vingt ans, Maurice CHANDIVERT , recherché par la gestapo, qui deviendra plus tard leur petit fils en épousant Ginette

Pendant ce temps, resté à Paris, Dora se cache chez Lucienne MAZAUREIX. Le 19 avril 1944 elle commet l’imprudence d’aller chercher son courrier rue Corbeau et surtout de décider d’y passer la nuit. Erreur fatale ! Sans doute dénoncée, elle est arrêtée par la police au petit matin du lendemain, internée à Drancy et déportée à Ravensbrück un mois plus tard par le convoi n°74.  Evacuée du camp  lorsque les nazis voient arriver les troupes russes, elle survit  à l’épreuve de la Grande Marche qui la conduit avec ses compagnons d’infortune au camp de Neuerstadt, où elle est libérée le 2 avril 1945.

Après la guerre Nicole, Monique et Mireille, qui viennent d’obtenir de YAD VASHEM que le titre de JUSTES PARMI LES NATIONS soit accordé à titre posthume à  Odile et Alfred MAZAUREIX, n’ont pas seulement retrouvé leur mère, mais aussi leur père, Chaïm MONSZAJN, venu les chercher à Fontenay-sur-Loing, dès son retour des maquis du Vercors.