Gruffat Geneviève

Gruffat Paul

Année de nomination : 1994      Dossier n° 6049 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Geneviève Gruffat (née Benfeld)
Date de naissance :
Profession : Dirigeante d'une pension de famille
Particularité : Information non disponible

M. Paul Gruffat
Date de naissance : 21/01/1909
Date de décès : 06/09/1956
Profession : Secrétaire et Adjoint au Commissariat de Police
Particularité : Déporté à Buchenwald d'où il revient en mai 1945

Localisation

Localite : Thonon-les-Bains
Département : Haute-Savoie
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Information non disponible

Lieux de mémoire

Monument aux "Justes parmi les Nations" à Thonon-les-Bains

L'histoire

Depuis le début des années trente, Paul Gruffat, un gendarme,  vivait avec Geneviève son épouse à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) sur la rive du lac de Genève. Dans le cadre de ses fonctions, il avait accès aux cachets et aux formulaires officiels et recevait des informations confidentielles. Durant l'Occupation, il put ainsi venir en aide à diverses catégories de personnes, notamment des Alsaciens-Lorrains qui cherchaient à éviter la conscription dans l'armée allemande, des combattants de la Résistance et des Juifs n'ayant pas la nationalité française. Paul Gruffat avertissait les résistants quand des opérations contre eux se préparaient et leur fournissait de faux papiers "authentiques" qu'il avait lui même confectionnés. Tard dans la nuit, le gendarme prenait sa bicyclette pour aller prévenir des Juifs dont le nom figurait sur la liste des gens à arrêter. Il agissait seul, ne voulant partager le risque avec personne. C'est ainsi qu'un soir, vers la fin de 1942, il vint avertir Robert Weyl de partir immédiatement. Il lui avait trouvé un abri pour quelques jours dans une villa inhabitée des environs. Par la suite il lui envoya une fausse carte d'identité grâce à laquelle Robert Weyl put quitter la ville. C'est à deux heures du matin que Paul Gruffat arriva chez les Gelber, des Juifs polonais installés à Thonon depuis 1932, pour les prévenir qu’ils devaient être arrêtés et déportés le matin même. Les Gelber s’enfuirent aussitôt pour se cacher à l'hôpital municipal. Le lendemain, munis de faux papiers, ils partirent pour Passy en Haute-Savoie où une cachette leur avait été trouvée dans un sanatorium. Vers la fin de 1943, Paul Gruffat se rendit chez les Gambache, leur recommandant de filer sans tarder. Pour aider les parents, sa femme et lui prirent chez lui leurs deux enfants, Elda, dix ans, et son petit frère, puis les hébergèrent dans la pension de famille tenue par Geneviève. Ils y vécurent pendant plusieurs mois, jusqu'à ce que leurs parents viennent les chercher pour les conduire dans le Cantal où ils avaient trouvé refuge. Paul Gruffat fut dénoncé. Arrêté, il passa en jugement mais fut acquitté par un tribunal de Chambéry. A sa sortie du palais de justice, il fut arrêté à nouveau, cette fois, par la Gestapo. Déporté à Buchenwald en mars 1944, il en revint, brisé et malade, en mai 1945, et mourut peu après.

Le 12 avril 1994, Yad Vashem a décerné à Paul et Geneviève Gruffat le titre de Juste parmi les Nations.