Spaak Suzanne

Année de nomination : 1985      Dossier n° 62 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Suzanne Spaak (née Lorge)
Date de naissance : 06/07/1905
Date de décès : 12/08/1944
Profession : Mère de 2 enfants, fille d'un banquier belge bien connu, épouse d'un cinéaste, belle-s?ur du Ministre des Affaires Etrangères
Particularité : Résistante, arrêtée en octobre 43 par la gestapo et assassinée par les Allemands deux semaines avant la Libération de Paris

Localisation

Localite : Paris
Département : Paris
Région : Ile-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Information non disponible

Lieu de mémoire

Aucun

L'histoire

Suzanne Spaak Suzanne Spaak habitait Paris avec son mari, le cinéaste Claude Spaak, et leurs deux enfants. Fille d'un banquier belge bien connu et belle-soeur du ministre des Affaires étrangères de Belgique, la jeune femme était habituée à une vie aisée. Mais l'occupation allemande lui parut insupportable et elle décida de faire de la résistance. En 1942 elle offrit ses services au Mouvement National Contre le Racisme. Dans un article publié à sa mémoire en 1944 dans le journal en yiddish "Naie Press", B. Aronson, autre membre de ce mouvement, rapporte qu'au début, comme d'autres il avait douté de l'efficacité de la nouvelle recrue. Ils comprirent rapidement que c'était mal la juger. Suzanne avait déclaré le premier jour : "Vous me direz ce que je dois faire. Je saurai alors que je suis au service du combat contre les Nazis." Ne se dérobant à aucune mission, elle parcourut les rues de Paris à la recherche d'un hôpital prêt à accueillir sous un faux nom des Juifs malades. Lorsqu'il le fallait, elle n'hésitait pas à faire usage de sa position sociale pour frapper à la porte de religieux, de juges ou d'écrivains, leur rappelant qu'il était de leur devoir de se battre contre la persécution des Juifs et des opposants au régime. Elle ne reculait pas devant les tâches les plus humbles, tapant des tracts à la machine et se chargeant de les distribuer. Evoquant sa détermination, Aronson écrit : "Suzanne Spaak faisait partie de cette catégorie d'idéalistes qui sacrifient leur vie privée, leurs aspirations personnelles et leurs intérêts dès que leur coeur bat à l'unission d'une grande cause." Suzanne Spaak devint membre du réseau de renseignement l'Orchestre Rouge, se distinguant par l'audace des opérations qu'elle proposait. Elle se consacrait surtout à sauver des enfants juifs menacés de déportation. Heureuse mère de deux enfants, elle ne pouvait supporter la détresse des petits persécutés. Lorsqu'au début de 1943, commencèrent à filtrer les premières rumeurs d'une prochaine déportation des enfants hébergés dans les centres de l'UGIF, Suzanne Spaak participa activement à l'opération de sauvetage lancée par le pasteur Paul Vergara (q.v.) et Marcelle Guillemot (q.v.) qui permit de mettre en sécurité plus de soixante enfants. Elle cacha certains d'entre eux à son domicile en attendant qu'on puisse les envoyer dans des refuges sûrs. Avec ses camarades, elle se chargeait de trouver des cartes d'alimentation et des vêtements pour les fugitifs. L’héroïque jeune femme fut arrêtée en octobre 1943 par la Gestapo. Elle avait eu la présence d'esprit de remettre la liste des enfants juifs et leurs adresses à un autre résistant. Les petits furent ainsi sauvés. Le 12 août 1944, moins d'une semaine avant la Libération de Paris, Suzanne Spaak fut assassinée par les Allemands.

Le 21 avril 1985, Yad Vashem a décerné à Suzanne Spaak le titre de Juste parmi les Nations.