Paillard Marie

Année de nomination : 1998      Dossier n° 8126 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Marie Paillard
Date de naissance :
Date de décès : 04/01/1968
Profession : Gouvernante
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Château-Chinon
Département : Nièvre
Région : Bourgogne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Information non disponible

Lieu de mémoire

Aucun

L'histoire

Marie Paillard, née en 1882, célibataire sans enfants, était employée par les Bercovici à Paris comme gouvernante de leur fille unique, Monique, depuis sa naissance en 1935. Lorsque la situation des Juifs à Paris devint périlleuse, elle proposa de partir avec l'enfant dans le très modeste logement qu’elle possédait à Château-Chinon (Indre). Il n'y avait qu'une seule pièce, sans eau courante ni électricité. Bientôt Marie perdit tout contact avec la mère de l'enfant, partie en zone sud lorsque l'entreprise pour laquelle elle travaillait, Compagnie Française des Métaux-Péchiney, s'y était relocalisée. Ce n'est que bien plus tard qu'elle sut que M. Bercovici, resté à Paris, y était mort en février 1943. Mme Bercovici, gravement malade, dut être hospitalisée et fut bientôt à court d'argent, les biens de la famille ayant été mis sous séquestre dans le cadre de la législation anti-juive de Vichy. C'est en vain que son employeur essaya de faire débloquer une partie de ces biens. Pendant ce temps, Marie Paillard continuait à s'occuper de l'enfant sans être payée ni remboursée de ses frais. Elle avait soigneusement gardé secrète l'identité de la petite. Le curé de la paroisse était prêt à l'aider, mais insistait pour que Monique soit baptisée. Marie Paillard refusa avec détermination. Comme elle connaissait des employés de mairie, elle réussit à faire enregistrer l'enfant à son nom. Elle travaillait dur pour subvenir aux besoins de la fillette, faisant des ménages dans une école et tricotant des chaussettes, qu’elle vendait. Elle ramassait du bois dans la forêt pour faire la cuisine et se chauffer. Dans son témoignage après la guerre. Monique évoqua l'amour dispensé généreusement par Marie, tandis que les voisines de cette dernière la disaient "riche de sagesse, d'affection, de chaleur, générosité et dévouement", ajoutant qu'elle traitait la petite comme sa propre enfant.

Le 20 juin 1998, Yad Vashem a décerné à Marie Paillard le titre de Juste parmi les Nations. 

 

Marie PAILLARD