Olivet Pierre

Paulin Georgette

Paulin Jean

Année de nomination : 2000      Dossier n° 9131 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Pierre Olivet
Date de naissance :
Profession : Chauffeur
Particularité : Information non disponible

Mme Georgette Paulin (née Guiraud)
Date de naissance : 05/04/1908
Date de décès : 14/05/1984
Profession : Employée de Mairie
Particularité : Information non disponible

M. Jean Paulin
Date de naissance : 16/07/1901
Date de décès : 16/03/1988
Profession : Secrétaire de Mairie
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Versailles
Département : Yvelines
Région : Ile-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

M. Pierre Feist

Mme Charlotte Carrier (née Feist)

Lieu de mémoire

Aucun

L'histoire

Prisonnier de guerre évadé, Pierre Olivet rejoignit les siens en 1940, à Versailles (Yvelines). Il comptait parmi ses voisins un garagiste juif, Pierre Feist et sa famille. Pierre Olivet avait par ailleurs des cousins agriculteurs qui exploitaient une propriété située à cheval sur la ligne de démarcation, dans l’Indre. En juillet 1942, à la veille de la grande rafle, un ami policier vint prévenir les Feist, du danger imminent. Ils passèrent la nuit chez des voisins et le lendemain, Pierre Olivet proposa de leur faire franchir la ligne de démarcation par la ferme de ses cousins. Ce fut fait. Pierre récidiva et fit passer le frère de Pierre Feist, Maurice et sa famille. Il avait ainsi fait évader 10 personnes juives et pris ces risques renouvelés par pure amitié et sans aucune rémunération. Les deux familles Feist poursuivirent leur périple jusqu’à Réalmont (Tarn) où ils louèrent une maison. Ils lièrent des liens de voisinage avec Jean et Georgette Paulin dont la fille Janine devint l’amie de Charlotte Feist, étant toutes deux âgées de 13 ans. Jean Paulin, fils d’un directeur d’école et élevé dans l’esprit des valeurs républicaines, était secrétaire de mairie et Georgette, employée de la commune. Après l’occupation allemande de la zone sud, Jean Paulin confectionna des faux papiers pour les dix Feist. Les hommes se firent embauchés comme mineurs de fond. Mais l’arrestations de Juifs des environs incitèrent les Feist à déménager à nouveau. Jean et Georgette trouvèrent pour eux une ferme isolée, à 7 km de là, et recueillirent Charlotte chez eux, pensant la faire passer pour leur propre fille en cas de danger. Durant l’été 1944, des unités de l’armée allemande en retraite stationnèrent dans la région. Le couple Paulin hébergea alors chez eux les 5 membres de la famille de Maurice Feist jusqu’à la dissipation du danger. Les Feist et les Paulin maintinrent, après la guerre, de solides liens d’amitié. 

Le 29 octobre 2000, Yad Vashem a décerné à Pierre Olivet et à Jean et Georgette Paulin le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

Madame Charlotte Carrier, née FEIST, est issue de familles alsaciennes et lorraines implantées en France depuis le 18ème siècle. Leurs origines en ont fait de farouches patriotes, aussi viscéralement juifs que français et qui se sont fait un point d'honneur à servir la France dans chaque conflit.

En 1940, Monsieur Feist est blessé et démobilisé. Garagiste à Versailles depuis 1932, il n'a plus le droit de gérer son entreprise et devient magasinier à Paris. En juillet 1942, la famille Feist est prévenue par un policier d'une rafle imminente. Cachés par des voisins avant de tenter de gagner la zone libre, ils sont aidés par les familles, Camus, Ferrier et Laplanche qui font part à leur égard d'une grande solidarité.

C'est ici qu'intervient Pierre Oliver, qu'ils appelaient Pierrot et qui était également leur proche voisin. Ayant des cousins cultivateurs dans la Vienne, dont la propriété était située à cheval sur les deux zones , il décide de les accompagner. Après un long et difficile périple, ils arrivent à la ferme des cousins. Ceux-ci en gardant leurs bêtes, guettaient le passage des patrouilles allemandes et de leurs chiens. Pierre leur fit traverser le chemin au bon moment et au bon endroit, accomplissant son acte héroïque sans vouloir accepter aucune compensation .

Resté quelques jours chez ses cousins, il fit encore franchir la ligne de démarcation à 8 oncles, tantes et cousins des Feist, sauvant ainsi toute une famille .