Gille Janine

Année de nomination : 2001     Dossier n° 9346  (Consulter le dossier de Jérusalem)

Les Justes

Mme Janine Gille (née Boitard)
Date de naissance : 1907
Date de décès : 04/04/2001
Profession : Secrétaire
Particularité : Résistante, agent de liaison, épouse de Léonard GILLE, chef adjoint du service de renseignement militaire de Normandie

Localisation

Localite : Caen
Département : Calvados
Région : Basse-Normandie
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Mme Jeannette Silberman

Mme Guina Tresser

Lieu de mémoire

Aucun

L'histoire

Janine Gille-Boitard avait 36 ans en 1943 et résidait à Caen (Calvados). Fille d’un négociant en vins, elle était secrétaire de l’avocat Léonard Gille, adjoint du chef militaire de l’Armée Secrète en Normandie, dont elle devint l’agent de liaison et plus tard l’épouse. Grande figure de la Résistance du Calvados, Janine Gille se distingua en fournissant des renseignements, cachant des aviateurs alliés et aidant des réfractaires à rejoindre Londres. Son action s’incarne dans l’héroïne du livre de Cornelius Ryan et du film « Le jour le plus Long ». En octobre 1943, la police procéda à la rafle des Juifs de Caen et arrêta Mme Tresser et ses deux filles Guina, 6 ans, et Jeannette, 4 ans, qui habitaient la même rue que Janine, M. Tresser étant prisonnier de guerre en Allemagne. La police rassembla les détenus en instance de déportation à la prison de la ville. Mais les autorités pénitencières refusèrent de garder les deux fillettes, sous prétexte de conditions inadaptées aux enfants. Aussi furent-elles placées à l’orphelinat de Caen. Les gendarmes promirent qu’ils reviendraient le lendemain, pour les transférer à Drancy avec leur mère. Janine Gille à son retour du travail apprit le drame qui s’était déroulé dans sa rue et partit à la recherche de ses voisines. Ayant découvert le lieu d’hébergement de Guina et Jeannette, elle les enleva en pleine nuit et les mit à l’abri dans un couvent situé entre Caen et Lisieux. Quelques jours plus tard, elle revint les chercher pour les placer, à Lisieux, chez une famille de fermiers âgés où elles furent hébergées jusqu’à la Libération. Janine leur assura une petite allocation, prélevée sur les fonds de la Résistance et venait régulièrement leur rendre visite à vélo. Pour Jeannette, chacune de ses visites était vécue comme l’apparition de « la belle fée blonde ». Ce fut aussi Janine qui accueillit Mme Tresser à la gare, à son retour de Bergen-Belsen.               

Le 7 mai 2001, Yad Vashem a décerné à Janine Gille le titre de Juste des Nations.