Comité Français pour Yad Vashem

Introduction

LE COMITÉ ET SON ACTUALITÉ

righteous


« Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés ».                                  Isaïe 56 – 5

Créé en 1953 par une loi du Parlement israélien, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem fut nommé par référence à ce texte d’Isaïe.

Situé sur la colline du Souvenir, dans les hauteurs de la ville, Yad Vashem est à la fois un lieu de Mémoire, de Recherche, d’Enseignement et un complexe muséologique exceptionnel.

Contre l’oubli du crime dont les nazis voulaient effacer jusqu’aux traces, Yad Vashem rassemble les noms des victimes d'Auschwitz, Majdanek, Treblinka, Belzec, Sobibor, Chelmno et des innombrables autres lieux d'assassinat.

Son but est de perpétuer la mémoire individuelle et collective des victimes de la Shoah, d’honorer les Justes des Nations et de tout mettre en œuvre pour s’assurer que le Monde n’oubliera jamais.

C’est un lieu emprunt d’une forte charge émotionnelle ressentie par tous ceux, grands de ce monde ou visiteurs anonymes, qui y passent des heures d’une grande intensité.

Contenu

Rechercher un reportage
Cérémonie à Serbonnes (Yonne)

Mairie de Serbonnes (DR).

Comment Emmanuel et Eugénie Peteuil
sauvèrent
Eliane et Claude Grodner

Le 22 novembre 2009, la Médaille et le Diplôme de Justes parmi les Nations ont été remis à Bernard Peteuil en hommage à ses parents qui, sous l'occupation, n'hésitèrent pas à prendre les plus grands risques pour que les petits Grodner ne soient pas emportés par la Shoah.
Cette cérémonie s'est tenue dans la localité où ces Justes tinrent à l'abri les deux enfants : Serbonnes (Yonne).
Nicole Caminade et Régine Sigal étaient déléguées à cette cérémonie par le Comité Français pour Yad Vashem.

 

De g. à dr. : Régine Sigal, déléguée du Comité Français pour Yad Vashem ; Bernard Peteuil avec le Diplôme et la Médaille de ses Parents ; Nicole Caminade, déléguée du CF.

 

Synthèse du dossier de Yad Vashem :

- "A la déclaration de la guerre, en 1939, M. et Mme Grodner décident d'envoyer leurs deux enfants à la campagne, plus précisément à Serbonnes, dans l'Yonne. C’est ainsi qu’Emmanuel et qu’Eugénie Peteuil vont accueillir :
- Eliane, 7 ans
- et Claude, 10 ans.

Pour comprendre la confiance des parents Grodner envers les Peteuil, il faut savoir qu’ils avaient un ami commun, M. Hartman, ayant une résidence secondaire à Serbonnes.

Les enfants Grodner quittent donc le 45 de rue Perronet à Neuilly-sur-Seine pour être très bien accueillis et vite intégrés à Serbonnes. Ils y fréquentent l'école du village avec Bernard Peteuil qui a le même âge de Claude Grodner.

La guerre frappe une première fois les Grodner en 1942. Alors qu’il tente de franchir la ligne de démarcation, le père est arrêté et interné et mis au camp de Beau-Désert à Mérignac tout près de Bordeaux. Par une chance extraordinaire, il sera néanmoins libéré. Mais l’alerte aura été chaude.

Début 1944, ce sera hélas infiniment plus dramatique. Oïzer Goldberg, le grand-père des enfants, est déporté sans retour par le convoi n° 67 du 3 février. Parti de Drancy vers Auschwitz, ce convoi emporte 1214 juifs. Ils ne seront que 26 survivants en 1945…
Les parents Grodner prirent alors la décision de déplacer les enfants.

En effet, les persécutions raciales s'intensifiaient. De plus, à Serbonnes, quelques voisins estimaient que les "petits Juifs allaient amener le malheur sur le village".
En conséquence, Eliane et Claude Grodner sont évacués chez les sœurs d’Eugénie Peteuil : Mathilde Faucher et Léontine Bouchaillou.

Pour ce voyage à risques, c’est Emmanuel Peteuil lui-même qui accompagne les deux enfants. Au passage de la ligne de démarcation, Claude, muni des papiers d'identité de Bernard Peteuil, n'eut aucun problème.
En revanche, faute de documents pour Eliane, Emmanuel Peteuil la dissimula habilement avec son imperméable. Les autres voyageurs du compartiment ne dirent rien... et le contrôle se passa sans encombre.

Arrivés au but du voyage : Theil, par Estivaux, Eliane est confiée à Mathilde Faucher, dite Marthe. Celle-ci était dans sa trentaine et s’occupait seule de la ferme car son mari était prisonnier de guerre. Claude, lui, est pris en charge par Léontine Bouchaillou et par son mari Élie, parents de Maurice (né en 1926).
Avec beaucoup de gentillesse et d'humanité, les petits Grodner furent mis à l’abri de la guerre et de la Shoah jusqu'à l'automne 1944..."
Publié par : JEA le 03/12/2009
Rechercher un reportage

Partenaires

Avec le soutien de la Foundation pour la Mémoire de la Shoah